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Interview exclusive de Maxime Trouche, fondateur de Hungry’up

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HUNGRY’UP s’inscrit dans la mouvance actuelle de la FoodTech. Pourriez-vous nous rappeler ce que l’on entend par Foodtech ?

Maxime Trouche

Bonne question ! C’est vrai que le mot regroupe pas mal de concepts et qu’il n’existe pas forcément de définition sur laquelle tout le monde s’accorde. Sur un plan terminologique, Foodtech, c’est la contraction de nourriture (food) et de technologie (tech). Il s’agit donc en outre de l’alliance entre le secteur de l’alimentation et de la restauration avec les nouvelles technologies.

 Ce concept regroupe toutes les innovations technologiques ou numériques qui améliorent la chaine de valeur de l’alimentation. En France, on réduit souvent ce terme aux services de livraison de repas qui s’appuient sur des innovations « tech » pour trouver leurs destinataires. La définition anglophone est plus large et renvoie aux technologies visant à améliorer la qualité de l’alimentation proposée à la consommation. Par extension, cette définition finit par inclure tous les outils informatisés qui font évoluer l’activité d’un restaurant ou d’une enseigne.

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Comment vous est venue l’idée de créer HUNGRY’UP ? A qui s’adresse votre application ?

Maxime Trouche

En 2012, j’ai créé une première société – et comme tout entrepreneur, je travaillais beaucoup. Parfois, je n’osais pas déjeuner à l’extérieur, par peur de perdre un temps fou (attente du serveur, attente de la carte, attente de l’addition, pour partager la note…)

« ce serait génial de pouvoir descendre au restaurant, et de trouver ma table avec mon plat déjà prêt ».

 Suite à ce constat simple, j’ai commencé à développer le projet HUNGRY’UP. L’application s’adresse aux consommateurs qui souhaitent retrouver le plaisir de déjeuner, sans perdre de temps. Nous estimons qu’ils peuvent gagner 15 à 20 minutes sur le déjeuner en pré commandant et en payant à l’avance. Elle s’adresse aussi aux restaurateurs qui se voient offrir un moyen d’attirer de nouveaux clients, de mieux les connaître grâce aux données, et d’optimiser leur service.

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Le secteur de la restauration semble en difficulté – 7600 fermetures de restaurants en France en 2013, une fréquentation en baisse suite aux attentats. Est-ce une fatalité conjoncturelle ?

Quel regard portez-vous sur ce secteur ?

Maxime Trouche

Le marché de la restauration, avec un chiffre d’affaires de 87 milliards d’euros en 2015, accuse un recul de 0,3% selon une étude du cabinet spécialisé Gira Conseil. C’était la première baisse en 10 ans. Alors, oui, il y a une dimension conjoncturelle, c’est certain. Elle est liée à la morosité ambiante, pas seulement aux attentats, et elle a un impact direct sur l’activité des restaurateurs. Les nombreuses émissions de télé consacrées à la cuisine ont conduit certains à vouloir se lancer dans la restauration, sans connaissance du métier… malheureusement pour eux, on ne s’improvise pas restaurateur.

Mais je pense surtout que les consommateurs sont devenus plus exigeants et mieux informés. On observe une tendance de fond pour « mieux manger » et un goût retrouvé vers les produits frais. Les consommateurs attendent une assiette plus garnie et un service plus attentionné. A l’image d’User ou Airbnb, ils sont habitués à « noter » et « commenter » après une expérience dans un restaurant, que ce soit sur FoodReporter ou Tripadvisor. Ils commencent à sanctionner les restaurants qui facturent aujourd’hui des prix jugés élevés pour un plat décongelé qui aura simplement été réchauffé au micro-onde, ou un service qui n’est pas à la hauteur.

Le métier de restaurateur connait une évolution, mais je ne parlerai pas de révolution : les fondamentaux sont toujours là – accueil, qualité des produits, goût, savoir-faire en cuisine, etc. Mais il y a une mutation du service à table (carte raccourcies, bistronomie, etc.) et une adaptation nécessaire à la « digitalisation » du secteur, à la façon d’interagir avec les clients. Les restaurateurs doivent s’y adapter pour se renouveler.

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Pour le client, il doit y avoir un plaisir à échanger avec un restaurateur, découvrir une carte, se faire conseiller… Ne craignez-vous pas que l’usage du smartphone / tablette pour passer commande déshumanise la restauration ?

Maxime Trouche

C’est une remarque qui revient souvent. Je ne pense pas que ce soit un frein. Notre ambition, c’est de faire revenir le client dans le restaurant. En moyenne, une dizaine de client par mois pour les restaurants partenaires de notre application lors des phases de test.  En simplifiant le processus de commande et de paiement, nous laissons justement le temps au restaurateur de se focaliser sur l’accueil et le service. Pour son activité, il aura le loisir de se concentrer sur la vente additionnelle. Mais nous pensons surtout qu’il pourra nouer des liens plus conviviaux et étroits avec ses clients.

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Vous venez d’annoncer une levée de fonds de 600 K €. A quoi vont vous servir ces fonds ? Quelles sont vos perspectives ?

Maxime Trouche

Nous avons la chance d’être soutenu par des restaurateurs, et des partenaires parmi lesquels BpiFrance, Réseau Entreprendre et The Family. Les fonds que nous avons levés vont nous permettre d’accélérer notre développement. Nous allons recruter de nouveaux collaborateurs, renforcer notre activité commerciale – nous comptons déjà près de 300 restaurants partenaires – et développer la notoriété de notre application. Nous étudions par ailleurs la possibilité de poursuivre la croissance de l’entreprise en dehors de la France.

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À propos Olivier Kauf

Je me rends compte que j’arrive très facilement à parler de n’importe quel sujet, la page blanche ne me fait pas peur. L’écriture est quelque chose de passionnant, une fois le sujet trouvé et délimité, je laisse courir mes doigts sur le clavier et les idées s’enchaînent, mais parler de moi c’est difficile. Depuis plus de 30 ans, j’ai toujours été indépendant. Ainsi, au fil des décennies, j’ai rempli de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement de logiciel), coaching de groupe et individuel. Puis, au début des années 1990, sans laisser tomber mes missions de conseil, j’ai participé à la conception et à l’animation du magazine professionnel RiskAssur (site du magazine : https ://www.riskAssur-hebdo.com). Je suis au sein de RiskAssur à la fois Directeur de la Publication et en charge du développement. Enfin, depuis le début de 2015, je suis le Rédacteur en Chef de Notre-Siècle (http ://notre-siecle.com), le site sur lequel vous vous trouvez actuellement.

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