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Interview exclusive de Bernard Seys et Lou-Adrien Fabre, cofondateurs d’Efaisto

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Comment vous est venue l’idée de faire fabriquer des vêtements et accessoires sur-mesure au Vietnam ? Pourquoi le nom « Efaisto » ?

Bernard: Quand je suis arrivé au Vietnam il y a quatre ans, j’ai découvert pour la première fois la sensation de porter des vêtements sur-mesure, et j’ai adoré ça.

Choisir le tissus, donner mes indications au tailleur concernant les finitions et avoir le plaisir de porter une chemise qui tombe parfaitement bien et que je n’allais pas croiser à tous les coins de rue, pour un prix très raisonnable…

J’avais envie de partager ça avec mes amis restés en Europe.

Lou : Ho Chi Minh est une ville passionnante et bouillonnante.

Quand j’ai rencontré Bernard, on était deux expatriés avec des jobs bien rémunérés, lui dans la finance, moi dans le développement de jeux vidéos. Mais on avait tous les deux envie de créer notre propre affaire.

Moi, j’étais assez branché par le principe d’économie collaborative, comme AirBnB, qui met en relation directement les personnes entre elles pour l’achat de biens et services.

C’est en combinant nos deux idées qu’est né Efaisto : une place de marché e-commerce qui met en relation des artisans ici au Vietnam avec des clients en Europe pour l’achat de vêtements et accessoires sur-mesure et personnalisés. Notre nom est inspiré du dieu grec des artisans, Hephaistos.

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Comment sélectionnez-vous les artisans au Vietnam ?

Bernard : Nous avons une équipe dédiée à ça. Nous avons répertorié plus de 3000 artisans et en avons ciblé 300 pour commencer.

Nous les visitons un par un, et nous regardons l’esthétique des produits – qui doit convenir à notre cible européenne – la qualité de finition, la satisfaction des anciens clients,  et leur capacité à travailler avec les outils que nous mettons à leur disposition.

S’en suit un processus d’accompagnement rapproché pendant plusieurs semaines afin de s’assurer de tous les points précédents.

Lou : Nous avons vraiment travaillé en collaboration avec eux pour créer cette plateforme et toutes les options de personnalisation qu’elle propose.

Nous voulons en faire un outil flexible qui leur garantisse une certaine autonomie dans la gestion de leurs produits, stock de matériaux, etc.

Il ne faut pas oublier que ce sont eux les vendeurs, sur Efaisto. Nous servons de lien de communication entre deux publics qui ne pourraient se rencontrer autrement.

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Beaucoup d’internautes ont peur de commander en ligne des produits « tout fait ». Ne craignez-vous pas une certaine frilosité à commander des produits sur-mesure, fabriqués au bout du monde ?

Bernard : L’e-commerce se porte bien (voir http://www.zdnet.fr/actualites/chiffres-cles-l-e-commerce-en-france-39381111.htm) et tend vraiment à se normaliser.

Nous pensons que l’envie de sortir du lot et de se distinguer en portant des produits uniques l’emportera sur la frilosité.

Concernant la distance, c’est plutôt sympa de savoir que pour une fois, celui qui produit votre chemise ou portefeuille en Asie sera rémunéré équitablement selon le prix qu’il a lui-même fixé.

Lou : La confiance est bien-sûr un aspect essentiel de la relation e-commerce, d’autant plus quand il s’agit de sur-mesure.

C’est pourquoi nous veillons vraiment à rassurer le client tout au long de son processus d’achat.

D’abord en mettant un visage et un nom sur celui qui va faire sa commande, puis en incitant chacun à partager son avis sur son expérience.

Nous avons pensé le système de personnalisation et de prise de mesures pour lever les doutes au maximum.

Et chaque artisan présent sur notre site adhère à notre garantie de satisfaction : si le produit ne convient pas, il est remboursé à 100% (et vous le gardez!).

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Qui paie l’artisan, le client ou Efaisto ? En cas de problème, vers qui doit se tourner le client, vers Efaisto ou vers l’artisan ?

Bernard : Nous faisons le lien et nous assurons que tout se déroule correctement.

Un client français aurait du mal à s’adresser à un artisan vietnamien qui ne parle pas un mot de français ou d’anglais.

Lou : L’argent transite par chez nous et nous y prélevons notre commission. Tout cela est 100% transparent sur le site : vous voyez le prix que vous payez et le montant qu’en touche l’artisan, qui s’élève à 80% de ce montant.

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Quel est le profil de vos clients ? Reviennent-ils régulièrement ou passent-ils une unique commande ? Sans trahir de secrets, quel est votre rythme d’activité (nombre de commandes, de clients, d’artisans) et quelles sont vos prévisions ?

Lou : Nos clients sont principalement des hommes entre 25 et 55 ans, qui aiment les beaux objets et porter des vêtements qui les distinguent.

Ce sont des gens qui sont conscients que l’industrie de la mode est une catastrophe sociale mais qui ne voient pas d’alternative abordable.

Bernard : De semaine en semaine, notre chiffre d’affaire augmente. Nous avons lancé le site il y a deux mois (seulement un mois pour le site en français) et l’accueil est plutôt enthousiaste.

À ce jour, nous avons une trentaine d’artisans présents sur le site, mais nous prévoyons de tripler ce chiffre d’ici la fin de l’année. Nous envisageons aussi d’élargir la gamme de produits proposés.

Si vous voulez jeter un coup d’oeils sur le site dEfaisto : http://efaisto.com/

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel.

En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles.

Tout en restant consultant (si vous avez besoin d’un regard extérieur sur un projet, un problème, un questionnement, un audit ou tout autre,…), il y a une dizaine d’années j’ai découvert l’écriture … journalistique (avec https://notre-siecle.com et https://www.riskassur-hebdo.com).

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