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Qui vous a dit qu’il fallait écouter Pierre, Paul, Jacques,… ?

Bien entendu, il ne faut pas en faire qu’à sa tête et il peut être intéressant d’écouter les conseils d’un proche.

Mais, tenir compte de toutes les remarques que l’on peut entendre à longueur de journée, n’a aucun sens.

Et ces remarques peuvent fuser dans tous les domaines : manière de s’habiller, de parler, de marcher, de penser,… d’être tout simplement.

Certaines remarques peuvent avoir un sens, mais le plus souvent, elles sont issues de la bêtise, de la jalousie ou – tout simplement – de gens qui aiment bien faire des remarques pour le simple plaisir de   faire remarquer.

Et puis, il y a ceux qui savent, qui ne peuvent s’empêcher de conseiller leur voisinage sur tout et n’importe quoi. J’en connais un spécimen, qu’il m’arrive de croiser les week-ends. Extraordinaire… sans limite… jusqu’à pousser à l’erreur conseillant dans des domaines qu’il ne maîtrise pas.

Sans être une tête de mule qui rejette la moindre remarque, ne passer pas votre temps à remettre en cause ce que vous faites, ce que vous êtes par ce que Pierre, Paul, Jacques,… vous a fait une remarque.

En ce sens, il y a un – génial – poème de La Fontaine – que vous trouverez ci-après.

Le meunier, son fils et l’âne de Jean de La Fontaine

J’ai lu dans quelque endroit qu’un meunier et son fils
L’un vieillard, l’autre enfant, non pas des plus petits,
Mais garçon de quinze ans, si j’ai bonne mémoire,
Allaient vendre leur âne un certain jour de foire.

Afin qu’il fût plus frais et de meilleur débit,
On lui lia les pieds, on vous le suspendit ;
Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre.

Pauvres gens ! idiots ! couple ignorant et rustre !

Le premier qui les vit de rire s’éclata :
« Quelle farce dit-il, vont jouer ces gens-là ?
Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense. »

Le meunier, à ces mots, connaît son ignorance ;
Il met sur pied sa bête, et la fait détaler.

L’âne, qui goûtait fort l’autre façon d’aller,
Se plaint en son patois. Le meunier n’en a cure ;
Il fait monter son fils, il suit : et, d’aventure,
Passent trois bons marchands. Cet objet leur déplut.

Le plus vieux au garçon s’écria tant qu’il put :
“Oh là ! oh ! descendez, que l’on ne vous le dise,
Jeune homme, qui menez laquais à barbe grise !
C’était à vous de suivre, au vieillard de monter.
– Messieurs, dit le meunier, il vous faut contenter. »

L’enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte ;
Quand trois filles passant, l’une dit : « C’est grand’ honte
Qu’il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,
Tandis que ce nigaud, comme un évêque assis,
Fait le veau sur son âne et pense être bien sage.

– Il n’est, dit le meunier, plus de veaux à mon âge :
Passez votre chemin, la fille, et m’en croyez. »

Après maints quolibets coup sur coup renvoyés,
L’homme crut avoir tort et mit son fils en croupe.

Au bout de trente pas, une troisième troupe
Trouve encore à gloser. L’un dit : « Ces gens sont fous !
Le baudet n’en peut plus, il mourra sous leurs coups.

Eh quoi ! charger ainsi cette pauvre bourrique !

N’ont-ils point de pitié de leur vieux domestique ?

Sans doute qu’à la foire ils vont vendre sa peau.

– Parbleu ! dit le meunier, est bien fou du cerveau
Qui prétend contenter tout le monde et son père.

Essayons toutefois si par quelque manière
Nous en viendrons à bout. » Ils descendent tous deux.

L’âne se prélassant marche seul devant eux.

Un quidam les rencontre, et dit : « Est-ce la mode
Que baudet aille à l’aise ; et meunier s’incommode ?

Qui de l’âne ou du maître est fait pour se lasser ?

Je conseille à ces gens de le faire enchâsser
Ils usent leurs souliers et conservent leur âne !

Nicolas, au rebours : car quand il va voir Jeanne,
Il monte sur sa bête ; et la chanson le dit.

Beau trio de baudets ! » Le meunier repartit :
« Je suis âne, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue ;
Mais que dorénavant on me blâme, on me loue,
Qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise rien,
J’en veux faire à ma tête ». Il le fit, et fit bien.

Quant à vous, suivez Mars, ou l’Amour, ou le Prince ;
Allez, venez, courez ; demeurez en province ;
Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement :
Les gens en parleront, n’en doutez nullement.

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À propos Olivier Kauf

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