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RATRI (La nuit en Bengali)

L’étoffe de la cité noire enveloppait de son feutre

ses boursouflures volcaniques.

Dans l’épaisseur fumante et striée,

les coulées s’étaient enroulées jusqu’à retenir leurs glissements.

Les volutes toxiques avaient renforcé l’ambiance de l’air.

Une coupole se déployait.

Un second ciel dont la lumière n’appartenait qu’aux étoiles.

Au Gange humide qui traversait la ville,

se substituait un reptile qui ondulait dans un vieux lit.

Le fleuve magique arrivait à l’issue de son voyage pourtant incessant.

Il était chargé, depuis sa source, des ferventes offrandes de la prière.

Il en était devenu compact.

Les influences conjuguées s’étaient alliées pendant sa propre traversée.

Une sédimentation sacrée à grande vitesse temporelle.

Bien que les événements aient échappé au temps,

l’endroit s’était immobilisé.

La cité attendait toujours que le cours de son destin reprenne vie. Chaque être, pour ne

perdre sa propre trace, déambulait doucement au milieu des Banyans sacrés.

Les lianes entrelacées commençaient à jungler les géométries intérieures de Dark City.

Dominique Bar

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À propos Dominique Bar

Mon ego ne parle qu'à moi... CITATIONS FAVORITES Le destin, c’est le nom que nous donnons à la combinaison infinie et ininterrompue de milliers de causes emmêlées. Jorge Luis BORGES. À quoi reconnaît-on alors le véritable artiste? « L’artiste est son meilleur critique. S’il dialogue avec son œuvre, c’est un artiste ; s’il dialogue avec le public, c’est probablement un imposteur. ». Ernst Gombrich

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