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L’intention de Chris Bailey chez diateino

Diateino nous propose, de Chris Bailey, L’intention – Comment terminer ce que vous avez commencé

Chris Bailey est auteur et conférencier ; il met à profit son expérience pour aider ses lecteurs à améliorer leur vie de manière plus profonde et plus intentionnelle. Il a écrit des centaines d’articles et plusieurs ouvrages de références dont Hyperfocus.

Pourquoi certains projets avancent-ils jusqu’à leur terme tandis que d’autres s’enlisent après quelques jours ou quelques semaines ? Dans L’intention. Comment terminer ce que vous avez commencé, Chris Bailey propose de déplacer le regard. Selon l’auteur canadien, le problème ne se résume pas à un manque de motivation, de discipline ou de volonté. La différence se jouerait davantage dans notre capacité à agir intentionnellement, c’est-à-dire à relier nos actes quotidiens à ce qui compte véritablement pour nous.

Paru en France le 27 août 2026 aux éditions Diateino, L’intention est la traduction de Intentional: How to Finish What You Start. Chris Bailey y prolonge un travail entamé depuis une dizaine d’années autour de la productivité, de l’attention et de l’organisation personnelle. Il est notamment l’auteur d’Hyperfocus.

Fixer un objectif ne suffit pas

Le constat de départ est simple. Nous savons généralement formuler ce que nous aimerions accomplir. Perdre une mauvaise habitude, écrire un livre, reprendre le sport, développer une entreprise, apprendre une langue ou terminer un projet longtemps repoussé ne pose pas nécessairement de difficulté au stade de l’intention déclarée.

Le problème apparaît ensuite.

Entre le projet imaginé et le résultat final s’interposent le quotidien, les distractions, la fatigue, les contraintes professionnelles, les tâches ingrates et la procrastination. Les objectifs de long terme sont particulièrement vulnérables parce que les efforts doivent être consentis aujourd’hui alors que les bénéfices peuvent rester lointains.

Chris Bailey cherche précisément à comprendre ce passage entre ce que nous voulons faire et ce que nous faisons réellement. Il explique avoir consacré son livre aux recherches portant sur l’atteinte des objectifs, tout en échangeant avec des chercheurs, des scientifiques et des moines bouddhistes.

L’intention plutôt que la seule volonté

L’idée centrale du livre consiste à ne pas tout faire reposer sur la force de volonté.

La volonté fluctue. Elle dépend notamment de notre niveau de fatigue, de notre environnement, de notre état d’esprit et de la concurrence exercée par d’autres activités immédiatement plus agréables.

L’intention, telle que la présente Bailey, doit au contraire permettre de donner une direction plus stable. Il s’agit de déterminer ce qui mérite réellement notre temps et notre énergie, puis d’organiser les décisions quotidiennes autour de cette priorité.

Cette approche conduit à une conclusion qui peut sembler paradoxale dans un ouvrage consacré à l’accomplissement personnel : réussir ne consiste pas nécessairement à faire davantage.

Il peut au contraire être nécessaire de renoncer à certains objectifs.

Chris Bailey considère ainsi qu’apprendre à reconnaître un objectif qui ne nous correspond plus fait partie du processus. Persister indéfiniment dans un projet devenu secondaire peut mobiliser du temps qui serait mieux utilisé ailleurs.

Des objectifs plus faciles à poursuivre

L’ouvrage ne reste pas au niveau des principes généraux. L’auteur propose notamment de structurer les objectifs de court terme de manière à augmenter leurs chances d’aboutir.

Un objectif trop vague laisse une multitude de décisions à prendre au moment d’agir. À l’inverse, plus l’action attendue est clairement définie, moins il existe d’espace pour l’hésitation.

Cette logique revient à réduire la distance entre l’intention et l’action.

Chris Bailey s’intéresse également aux tâches que nous avons tendance à repousser parce qu’elles sont répétitives, frustrantes ou simplement ennuyeuses. Son approche consiste à travailler sur leur attractivité plutôt qu’à compter uniquement sur la discipline.

C’est une nuance importante. La productivité n’est plus présentée comme une lutte permanente contre soi-même, mais comme un problème d’organisation de l’environnement, des motivations et des priorités.

La procrastination comme symptôme

Dans cette perspective, la procrastination cesse d’être simplement assimilée à de la paresse.

Repousser une tâche peut signaler qu’elle est trop abstraite, trop importante, insuffisamment découpée ou qu’elle entre mal en résonance avec nos priorités. L’objectif devient alors de comprendre ce qui empêche le passage à l’action.

L’auteur propose notamment de diminuer le risque de procrastination sur les projets à long terme et d’installer des systèmes permettant de suivre régulièrement les progrès accomplis.

Cette mesure des progrès joue un rôle essentiel. Un objectif lointain peut donner l’impression que les efforts quotidiens ne produisent aucun résultat. Suivre son avancée permet au contraire de rendre visible ce qui a déjà été réalisé.

Choisir avant de produire

Cette réflexion prend une dimension particulière à une époque où les outils numériques rendent possible l’exécution simultanée d’un nombre croissant de tâches.

Nous disposons d’applications de gestion de projets, de calendriers intelligents, de logiciels capables d’automatiser une partie du travail et désormais d’outils d’intelligence artificielle capables de produire en quelques secondes ce qui demandait autrefois plusieurs heures.

Mais l’abondance de moyens ne répond pas à la question essentielle : que voulons-nous réellement accomplir ?

Plus l’exécution devient facile, plus le choix de la direction devient important.

C’est probablement l’un des aspects les plus contemporains de la réflexion de Chris Bailey. La productivité ne consiste plus seulement à optimiser son temps. Elle suppose d’abord de sélectionner les activités qui méritent ce temps.

Une autre conception de la productivité

Après The Productivity Project, Hyperfocus et How to Calm Your Mind, Chris Bailey poursuit ainsi une évolution de sa réflexion. La productivité n’est plus simplement envisagée comme la capacité à accomplir davantage de tâches, mais comme celle d’investir son énergie dans les activités qui ont réellement de la valeur.

L’auteur résume cette démarche comme une manière de réduire l’écart entre ce que nous affirmons vouloir et ce que nous faisons effectivement.

Cette distinction paraît élémentaire, mais elle touche à une difficulté très répandue.

Il est facile d’accumuler les intentions. Nous souhaitons lire davantage, faire davantage de sport, mieux travailler, mieux gérer notre argent, apprendre quelque chose de nouveau ou passer davantage de temps avec ceux qui comptent.

Le temps disponible, lui, reste limité.

L’intention devient alors un mécanisme de sélection.

Finir, mais aussi savoir abandonner

C’est peut-être là que L’intention se distingue le plus d’une conception classique du développement personnel fondée sur la persévérance à tout prix.

Tous les projets ne méritent pas nécessairement d’être terminés.

Un objectif peut avoir perdu son intérêt. Les circonstances peuvent avoir changé. D’autres priorités peuvent être apparues. Continuer simplement parce que beaucoup de temps a déjà été investi risque alors d’entretenir un projet qui ne correspond plus à ce que l’on souhaite réellement.

Bailey place donc sur le même plan deux compétences : savoir poursuivre ce qui mérite de l’être et savoir abandonner ce qui ne le mérite plus.

Derrière son titre consacré à la réussite des projets, L’intention pose finalement une question plus vaste : comment décider de ce à quoi nous consacrons notre temps ?

Et c’est peut-être précisément parce que notre époque nous offre toujours davantage de possibilités que cette question devient essentielle.

Olivier Kauf

Consultant depuis plus de 30 ans, Je suis depuis une dizaine d'années journaliste, professionnel dans le domaine des risques et des assurances pour le e-mag RiskAssur-hebdo (https://www.riskassur-hebdo.com) et témoin de mon époque pour https://notre-siecle.com et https://perelafouine.com RiskAssur, Notre-Siècle et PèreLaFouine proposent chaque jour de nouveaux articles issus de la rédaction : la vie des sociétés (nominations, acquisitions, accords, …), des tests/présentations de produits, des ouvrages (professionnels, romans, bd, …), … Je peux : - présenter vos produits ou nouveaux ouvrages (il suffit de me les envoyer) - écrire sur des sujets à la demande pour du référencement SEO - publier vos communiqués de presse - Publier vos AAPC - … Une question, une remarque : olivier@franol.fr

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