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Le travail ne paye pas toujours plus que le chômage

C’est le premier ministre et la ministre du travail qui l’on dit à l’occasion d’une conférence de presse à Matignon, en dévoilant quelques unes des pistes pour transformer le système d’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Selon eux, un chômeur indemnisé sur cinq touche une allocation supérieure à la moyenne de ses rémunérations mensuelles perçues antérieurement, non pas que ses indemnisations sont trop élevées mais parce que son dernier salaire était trop bas.

Pour la ministre du travail, un tel « dysfonctionnement » résulte des règles qu’il faut modifier et comme le gouvernement est à la recherche d’économies à faire sur le dos des chômeurs, on peut lui faire confiance pour imaginer des solutions.

Ces arguments ont scandalisé les leaders des confédérations syndicales, comme il fallait s’y attendre.

Les économistes spécialisés dans le fonctionnement du rouage de l’Unedic ne voient pas bien comment le gouvernement parvient au ratio indiqué, qui cependant n’est pas radicalement impossible selon une chercheuse au Centre d’Études de l’emploi et du travail, en se demandant comment cette statistique a été construite, alors que 600 000 chômeurs se trouveraient dans cette situation à laquelle le gouvernement veut mettre fin.

Or, il ne faut pas perdre de vue une autre dimension importante de l’assurance chômage, celle des demandeurs d’emploi dont l’indemnisation porte sur des petites sommes, des personnes en situation précaire qui vont faire les frais de la réforme.

Pour cette raison, il est souhaitable, selon les experts, que le gouvernement agisse de façon mesurée en mettant sur la table tous les éléments.

Selon eux, il faut un diagnostic précis et partagé, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, afin de bien informer le débat public, les changements à venir peuvent être de grande ampleur pour des populations à petits revenus, ce qui peut justifier des réformées graduelles.

Il ne faut pas perdre de vu que le déficit actuel de l’Unedic est de 3 à 4 milliards d’euros par an, que l’on ne peut pas effacer d’un claquement des doigts, sans porter atteinte aux droits des allocataires.

Si ce sujet a été mis sur le devant de la scène, c’est pour justifier la lutte contre le CDD de plus en plus courts, sans une réduction des droits des plus précaires.

Selon une source proche du dossier, le gouvernement a conscience du problème, alors que pour réduire le coût du chômage, la meilleure recette est de pouvoir donner du travail aux demandeurs d’emploi.

À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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