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Une histoire de blouse à l’école

classe0503Il y a un sujet qui remonte régulièrement à surface et l’idée de faire porter une blouse aux élèves à l’école.

Lorsque l’on regarde des films anciens, d’avant la Seconde Guerre mondiale, même des années 50, voire 60, montrant des classes, les élèves portent tous une blouse mais les enseignants également.

Aujourd’hui, seule quelques écoles privées imposent cette tenue vestimentaire et certaines écoles publiques seraient tentées de la faire.

L’idée, aujourd’hui de la blouse, est de gommer les différences vestimentaires, que certains ne puissent point parader avec des vêtements de marque, quand d’autres sont habillés plus modestement.

J’ai connu l’obligation de porter une blouse à l’école primaire, et pour paraphraser Aznavour « Je viens d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. » et même dans ce cas ce sont les moins de 45 / 50 ans. Ne le répétez pas, je suis né en… 1959 !

Lorsque je suis rentré à l’école primaire, au milieu des années 1960, l’école n’était pas mixte et le port de la blouse était obligatoire, notre institutrice ou instituteur portait également une blouse.

Le port de la blouse, à l’époque, n’était pas que dans l’esprit de gommer les différences sociales.

En arrivant en classe, en ayant enfilé sa bouse, nous savions que ce n’était plus le moment de s’amuser, elle formait une barrière entre hors de l’école et à l’école.

Et puis, il y avait, également, un côté pratique, en ce temps-là nous écrivions avec un porte-plume que nous trempions dans un encrier. Et c’est salissant, nous avions tous en sortant de l’école bout de l’index et du pouce couvert de cette encre noire. Par instinct, nous nous essuyons le bout des doigts, tachés d’encre sur notre manche et il valait mieux que ce soit la blouse qui subisse cet affront que nos vêtements.

Mais, la blouse les protéger, également, de la poussière de craie. Si l’instituteur écrivait à la craie sur un tableau noir, nous avions tous une ardoise et un bâton de craie.

Aujourd’hui, par l’importation de vêtements venant de Chine et d’ailleurs les prix sont prix sont très bas (sauf les grandes marques), dans le temps ce n’était pas cas et il n’était pas question de tâcher son pantalon ou son pull-over. La blouse faisait rempart.

Dès mon entrée en sixième, probablement parce que mai 1968 était passé par là, le port de la blouse tant pour les élèves que pour les enseignants avait disparu.

En écrivant ces quelques lignes, je me suis replongé dans mon passé, des brides de souvenir, comme l’instituteur passant pour remplir les encriers et cette odeur d’encre, les buvards plein de tâche, la peur de faire des « pâtées » en écrivant, la peur de tomber son ardoise sur le sol (elles étaient cassantes),….

Mais, revenons au présent, je crois qu’aujourd’hui, si les élèves l’acceptent le port de la blouse peut recréer cette rupture entre « je suis hors de l’école et je peux m’amuser » et « je suis à l’école et je là pour apprendre ». Je crois que la tenue vestimentaire peut avoir un véritable rôle dans le comportement des élèves.

Et, il y a ce côté, de cacher ses vêtements « civils » pour ne pas mettre en avant des différences de pouvoir d’achats des parents.

Mais ça ne peut fonctionner qu’à la condition où les élèves (et leurs parents) acceptent le port de la blouse, au XXIème siècle, il faut expliquer et convaincre plutôt que d’imposer.

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À propos Olivier Kauf

Je me rends compte que j’arrive très facilement à parler de n’importe quel sujet, la page blanche ne me fait pas peur. L’écriture est quelque chose de passionnant, une fois le sujet trouvé et délimité, je laisse courir mes doigts sur le clavier et les idées s’enchaînent, mais parler de moi c’est difficile. Depuis plus de 30 ans, j’ai toujours été indépendant. Ainsi, au fil des décennies, j’ai rempli de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement de logiciel), coaching de groupe et individuel. Puis, au début des années 1990, sans laisser tomber mes missions de conseil, j’ai participé à la conception et à l’animation du magazine professionnel RiskAssur (site du magazine : https ://www.riskAssur-hebdo.com). Je suis au sein de RiskAssur à la fois Directeur de la Publication et en charge du développement. Enfin, depuis le début de 2015, je suis le Rédacteur en Chef de Notre-Siècle (http ://notre-siecle.com), le site sur lequel vous vous trouvez actuellement.

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