Quand les Français réinventent peu à peu leurs traditions festives
À l’approche des fêtes de fin d’année, Too Good To Go publie une nouvelle étude consacrée aux habitudes de consommation des Français à Noël. Elle met en lumière une tradition solidement ancrée dans les foyers : prévoir large pour les repas de fête. Si cette générosité reste un symbole fort de convivialité et de partage, elle s’accompagne encore d’un gaspillage alimentaire significatif, même si les réflexes anti gaspi progressent sensiblement.
Prévoir plus pour mieux recevoir : un réflexe majoritaire
Noël demeure un moment à part dans l’année, marqué par des tables abondantes et des menus d’exception. Dinde, foie gras, bûche, plateaux de fromages et accompagnements variés composent des repas où la profusion est souvent assumée. Selon l’étude Too Good To Go, plus d’un Français sur deux, soit 56 %, reconnaît acheter trop de nourriture pour les fêtes, et près de deux tiers, 63 %, déclarent consommer davantage qu’à l’ordinaire.
Cette tendance s’explique d’abord par le désir de faire plaisir et de bien recevoir, cité par 43 % des répondants. La peur de manquer arrive ensuite pour 24 % d’entre eux, traduisant une volonté d’éviter toute frustration lors de ces moments familiaux. Les promotions de fin d’année influencent également les comportements d’achat pour 13 % des Français, tandis que 9 % évoquent la difficulté à estimer les bonnes quantités. À Noël, l’excès est souvent perçu comme une garantie de réussite du repas, dans un contexte où il vaut mieux trop que pas assez.
Une période festive propice au gaspillage
Cette abondance a toutefois un revers. Les fêtes de fin d’année correspondent à un pic de gaspillage alimentaire dans les foyers. Près de huit Français sur dix, soit 77 %, déclarent gaspiller pendant cette période. Parmi eux, 61 % estiment jeter autant qu’à l’accoutumée, tandis que 16 % reconnaissent gaspiller davantage.
Le pain arrive largement en tête des aliments les plus jetés, avec 57 % des répondants qui déclarent en gaspiller, un chiffre en forte hausse par rapport à l’année précédente. Les accompagnements, comme les pommes de terre, les légumes ou les salades, suivent avec 26 %, devant les desserts à 13 %. Les poissons et fruits de mer sont gaspillés par près d’un Français sur dix, tandis que les viandes, volailles et fromages sont nettement moins concernés. Le foie gras, produit plus onéreux et perçu comme luxueux, reste quant à lui très peu gaspillé.
Pour Clémentine Lindon, porte parole de Too Good To Go France, cette situation reflète une tension entre tradition et prise de conscience : à Noël, la générosité s’exprime historiquement par l’abondance, mais le désir de bien recevoir ne doit plus rimer avec gaspillage. Selon elle, le plaisir de la fête s’accompagne désormais d’une conscience écologique croissante et d’une volonté affirmée de réduire les déchets alimentaires.
Des pratiques anti gaspi qui s’installent dans les foyers
Malgré ce constat, l’étude révèle une évolution encourageante des comportements. Les restes des repas de fête sont de plus en plus valorisés. Plus de sept Français sur dix déclarent les consommer lors d’un autre repas, et 55 % choisissent de les congeler. Par ailleurs, 35 % les transforment en nouvelles recettes, tandis que 15 % les partagent avec des proches ou des associations.
La créativité culinaire joue ici un rôle clé. Les restes de viandes ou de dinde trouvent facilement une seconde vie en croque monsieur, hachis improvisés ou salades composées. Les légumes et accompagnements se transforment en gratins, quiches ou soupes réconfortantes. Le pain rassis devient pain perdu ou croûtons maison, et les poissons ou fruits de mer se prêtent à des rillettes ou terrines. Même les desserts peuvent être revisités en verrines ou en crumbles à partir de fruits restants.
Anticiper, ajuster, partager : des gestes simples mais efficaces
Au delà des recettes, Too Good To Go rappelle que des gestes simples permettent de limiter le gaspillage tout au long des fêtes. Avant le repas, planifier les portions et ajuster le nombre de toasts ou d’entrées par convive permet d’éviter les excès. Pendant le repas, se servir en petites quantités et ne pas tout disposer simultanément sur la table aide à mieux gérer les restes. Après le repas, partager les surplus et congeler les denrées non consommées prolonge la fête sans jeter.
Vers un Noël plus responsable
Entreprise à impact certifiée B Corp, Too Good To Go s’inscrit depuis sa création dans une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire. Présente dans 19 pays, la plateforme connecte aujourd’hui 120 millions d’utilisateurs à 180 000 partenaires professionnels. Depuis 2016, plus de 500 millions de repas ont été sauvés, évitant l’émission de plus de 1,3 million de tonnes de CO₂e.
À travers cette étude, l’entreprise met en lumière une transition en cours. Les Français restent attachés à la convivialité et à la générosité des repas de Noël, mais ils intègrent progressivement des pratiques plus durables. Entre tradition et responsabilité, les fêtes de fin d’année deviennent ainsi un terrain privilégié pour concilier plaisir, créativité culinaire et engagement écologique.
