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Avoir le courage de vieillir de Ichiro Kishimi chez Guy Trédaniel

Guy Trédaniel nous propose, de Ichiro Kishimi, Avoir le courage de vieillir.

ICHIRO KISHIMI est un philosophe spécialisé dans la philosophie classique occidentale, et notamment la philosophie platonicienne et la psychologie adlérienne. Depuis la publication des ouvrages Avoir le courage de ne pas être aimé et Avoir le courage d’être heureux, devenus des best-sellers mondiaux et des nouveaux classiques de la psychologie adlérienne, Ichiro se consacre à des conférences et à des activités de conseil au Japon et dans d’autres pays.

Dans une société qui valorise la vitesse, la performance, la jeunesse visible et l’efficacité permanente, vieillir reste souvent présenté comme une perte. Perte d’énergie, de beauté, de place sociale, de reconnaissance, d’utilité. C’est précisément ce regard qu’Ichiro Kishimi vient interroger dans Avoir le courage de vieillir, un essai publié aux éditions Trédaniel, dans lequel le philosophe japonais propose de déplacer la question : et si vieillir n’était pas seulement une diminution, mais aussi une libération ?

Déjà connu pour Avoir le courage de ne pas être aimé et Avoir le courage d’être heureux, Ichiro Kishimi poursuit ici une réflexion inspirée notamment par la psychologie adlérienne. Son propos n’est pas de nier les fragilités liées à l’âge, ni d’enjoliver artificiellement le temps qui passe. Il part au contraire d’une inquiétude largement partagée : la peur de perdre ses capacités, de devenir dépendant, malade, isolé ou inutile. Mais au lieu de faire de cette peur une fatalité, il invite à la regarder autrement.

L’intérêt du livre tient à son refus du discours convenu. Vieillir n’est pas présenté comme une revanche spectaculaire, ni comme une injonction à rester jeune à tout prix. L’auteur s’éloigne de cette obsession contemporaine du « bien vieillir » qui peut parfois se transformer en nouvelle pression sociale. Il ne s’agit pas de rester performant, séduisant, productif ou optimisé jusqu’au bout, mais d’habiter pleinement l’âge que l’on a. Cette nuance est essentielle. Elle permet de sortir d’une vision comptable de l’existence, où chaque année supplémentaire serait mesurée à l’aune de ce qu’elle retire.

Pour Kishimi, l’avancée en âge peut devenir un moment de dépouillement salutaire. Moins dépendre du regard des autres, se libérer des attentes sociales, renoncer à certaines comparaisons, redécouvrir ce qui compte vraiment : ces thèmes traversent l’ouvrage. Le vieillissement n’est alors plus seulement un processus biologique, mais une expérience existentielle. Il oblige à trier, à clarifier, à distinguer l’essentiel de l’accessoire.

Cette approche peut toucher un large public, bien au-delà des seuls lecteurs âgés. Car la peur de vieillir commence souvent très tôt. Elle apparaît à 40 ans, à 50 ans, parfois avant, dès que l’on prend conscience que le corps change, que certaines possibilités se ferment, que le temps n’est pas illimité. Le livre parle donc autant aux personnes déjà confrontées à la vieillesse qu’à celles qui l’anticipent avec appréhension.

La force du propos est d’insister sur le présent. Vieillir, dans cette perspective, ce n’est pas vivre dans le regret de ce que l’on n’est plus, ni dans l’angoisse de ce qui pourrait arriver. C’est apprendre à être là, dans une vie moins dominée par l’image, la compétition ou l’obligation de prouver. Le courage évoqué par le titre n’est donc pas héroïque. Il est plus discret : c’est le courage d’accepter le réel, sans se réduire à ses pertes.

L’ouvrage rappelle aussi que l’utilité ne se limite pas à la productivité. Dans des sociétés marquées par le vieillissement démographique, cette question devient centrale. Quelle place donne-t-on aux personnes âgées ? Les regarde-t-on seulement à travers le prisme du coût, de la dépendance et du soin ? Ou reconnaît-on aussi leur expérience, leur lucidité, leur présence, leur capacité à transmettre ? En filigrane, le livre invite à repenser notre rapport collectif à l’âge.

Avoir le courage de vieillir n’est pas un manuel de recettes. Il ne promet pas de supprimer la peur, la solitude ou la fragilité. Il propose plutôt une posture intérieure : ne pas faire de la vieillesse une défaite annoncée. Cette sobriété fait son intérêt. À une époque où l’on vend volontiers des méthodes pour rajeunir, ralentir le temps ou optimiser son corps, Ichiro Kishimi choisit une autre voie : apprendre à vivre avec le temps, plutôt que contre lui.

Il en ressort un essai apaisant, mais pas naïf. Un livre qui rappelle que vieillir demande parfois autant de courage que grandir. Non pas parce qu’il faudrait aimer chaque ride, chaque renoncement ou chaque limitation, mais parce qu’il devient possible de ne plus confondre la valeur d’une vie avec sa jeunesse apparente. Vieillir, sous la plume de Kishimi, n’est pas disparaître peu à peu. C’est peut-être, au contraire, devenir plus librement soi-même.

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Olivier Kauf

Consultant depuis plus de 30 ans, Je suis depuis une dizaine d'années journaliste, professionnel dans le domaine des risques et des assurances pour le e-mag RiskAssur-hebdo (https://www.riskassur-hebdo.com) et témoin de mon époque pour https://notre-siecle.com et https://perelafouine.com RiskAssur, Notre-Siècle et PèreLaFouine proposent chaque jour de nouveaux articles issus de la rédaction : la vie des sociétés (nominations, acquisitions, accords, …), des tests/présentations de produits, des ouvrages (professionnels, romans, bd, …), … Je peux : - présenter vos produits ou nouveaux ouvrages (il suffit de me les envoyer) - écrire sur des sujets à la demande pour du référencement SEO - publier vos communiqués de presse - Publier vos AAPC - … Une question, une remarque : olivier@franol.fr

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