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Lois sans impacts sur le quotidien

Les lois votées à l’occasion de la session extraordinaire du Parlement n’ont pas encore d’impact sur la vie de tous les jours des Français.

C’est le cas de 5 lois sur 6, qui traitent respectivement de la confiance dans la vie publique, alors qu’il faudrait autre chose qu’une loi pour la rétablir, la loi prorogeant l’état d’urgence, à remplacer le moment venu par des dispositifs équivalents, sinon plus efficace que le dispositif actuel, tant que la menace terroriste demeure, sans parler des lois techniques, sans portée sur la vie de tous les jours, qui ne méritent même pas d’être mentionnées.

Il reste la réforme du Code du travail, mal engagée par le gouvernement précédent et que le président nouvellement élu veut traiter par ordonnances, pour gagner du temps.

Les observateurs ont suivi, avec un regard amusé la bataille entre les députés et les sénateurs au sujet de la suppression de la réserve parlementaire accusée de favoriser le clientélisme et ce sont les députés qui ont eu le dernier mot.

Le clientélisme fait partie de la vie démocratique française car les élus de tous niveaux s’efforcent de faire quelque chose pour leurs électeurs, en vue des élections suivantes.

Les candidats aux élections présidentielles font des promesses au corps électoral que l’élu à ensuite 5 ans pour les remplir et mal lui en prend s’il n’y arrive pas.

La preuve en est que l’avant dernier président a été black-boulé par ses électeurs et que le dernier n’a même pas osé se présenter aux élections suivantes en attendant de tomber dans l’oubli.

La chute dans les sondages de l’actuel président rappelle celle de François Mitterrand dont les électeurs attendaient un changement de vie immédiat, mais il lui reste du temps pour se rattraper.

La véritable réforme attendue est celle du Code du travail que le passage par une ordonnance permet de traiter en quelques semaines alors qu’il faudrait de longs mois de palabres en passant par la voie législative ordinaire.

Pour nos gouvernants il y a urgence à réformer le Code du travail dont certaines dispositions seraient un obstacle à la reprise de l’emploi.

D’autres pensent que les entreprises s’accommodent du code actuel en recrutant, à partir du moment où elles ont des commandes à satisfaire, mais il n’y a pas que cela.

Je me souviens, il y a quarante ans, un menuisier qui m’avait été recommandé à la campagne, qui travaillait seul, m’a expliqué qu’en recrutant un compagnon, il ne pouvait pas garantir la qualité du travail et le juste prix à ses clients.

J’ai fait appel à ses services pendant 20 ans, jusqu’à son départ à la retraite, que tous ses clients ont regretté.

J’ai entendu le même son de cloche de la part d’un artisan ferronnier, dont j’ai une œuvre sous les yeux, en rédigeant ces quelques lignes.

C’est une caractéristique de la France profonde.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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