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L’économie circulaire intéresse des acteurs majeurs dans le monde du bâtiment

Aujourd’hui, un changement systémique est en cours dans le monde du bâtiment. L’économie circulaire, « du berceau au berceau » – craddle to craddle – ou C2C intéresse des acteurs majeurs de la maîtrise d’ouvrage, les industriels, et aussi par certains architectes, on peut ici citer l’exposition Matière grise matériaux / réemploi / architecture au pavillon de l’Arsenal.

C2C ?! qu’est-ce que c’est ?

Le concept est créé en 1987 par l’architecte américain Bill McDonough et le chimiste allemand Michael Braungart.

Il s’agit de sortir d’une économie linéaire comprenant l’extraction des ressources, leur transformation, la distribution, la consommation pour finir comme déchet.

L’économie circulaire consiste à valoriser les matériaux sans jamais en faire un déchet. Il peut être réemployé, réparé, recyclé, « upcyclé » afin d’être réutilisé dans un nouveau cycle écologique. Il s’applique aussi bien à un cycle biologique qu’un cycle technique.

C’est ce cycle technique qui intéresse principalement le bâtiment. Les matériaux sont démontés et recyclés par une filière qui va les racheter.

Cette valorisation financière des matériaux s’adapte à toutes les opérations que ce soit en neuf ou en réhabilitation et en fait baisser le coût financier.

Les bâtiments neufs sont conçus avec des matériaux que l’on sait recyclable et ainsi leur rénovation future inclut une valeur économique au sens large du terme.

Habiter une banque… de matériaux

Ainsi après avoir été conçu comme la machine à habiter par le mouvement Moderne, le bâtiment devient aujourd’hui une banque de matériaux valorisables, aussi bien économiquement qu’écologiquement. Une banque qui contiendrait des valeurs sous forme de ressources dont la valorisation financière estimée aujourd’hui entre 5% et 15%.

Chaque matériau possède un « passeport » avec toutes ses caractéristiques constituant une base de données permettant une gestion de ressources valorisables dans le opérations futures. D’ailleurs, des bases de données très complètes commence à apparaître, des filières de recyclage, « d’upcyclage », des industriels fournissent des matériaux conçus en vue de leur réutilisation future.

Faire du neuf avec du vieux

Le concept du réemploi, du recyclage et de l’« upclyclage » est pourtant une notion bien connues dans l’histoire de depuis la préhistoire que ce soit pour les objets, la nourriture, la construction. Nous citerons par exemple les monuments romains ayant servi de carrières comme le Colisée. Citons également les pyramides d’Egypte. Ou encore les tuiles réutilisées par les Romains après les avoir pilées pour en faire un revêtement de sol. Les anciennes colonnes étaient réutilisées dans les palais et dans les églises, voir resculptée à l’époque médiévale ou à la Renaissance. Les objets ou décors de bronze était fondu pour un nouvel usage. Les exemples ne manquent pas.

Et pour l’architecture ?

Dans la démarche C2C, les industriels partent de ces éléments soit en transformant ou en réemployant la matière elle -même soit la matière des différents parties d’éléments architectonique, comme une fenêtre. Il s’agit donc surtout de procédés industriels qui, a priori, n’ont pas d’impact sur la forme architecturale et sur la conception du bâtiment. Il s’agit d’avoir une démarche environnementale qui intègre le C2C dans les choix de ces composants, dans une approche qui tend à une valorisation financière du recyclage des matériaux.

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À propos Jérôme Penel

Jérôme Penel, architecte DPLG, a créé en 2011 l’agence d'architecture et d'urbanisme : H.E.A.R. Au travers d’H.E.A.R, Jérôme Penel s'investit dans une démarche visant à intégrer les aspects environnementaux, techniques à taille humaine et à offrir des projets sur-mesures.

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