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En France, on peut avoir un emploi et être pauvre

pauvre2305aIl fut une époque où celui qui occupait en France un poste, même en bas de l’échelle, l’emploi le moins bien payé, avait de quoi vivre.

Aujourd’hui les jeunes isolés, avec un salaire de débutant, retournent vivre chez leurs parents ou vivent en colocation, pour s’en sortir, mais cela ne correspond pas aux us et coutumes de la France. Par ailleurs, nous sommes dit-on la 5ème puissance économique mondiale.

Le risque de tomber dans la pauvreté a augmenté pour les catégories d’âge inférieur à 24 ans, alors qu’il est stable pour les plus âgés.

Ainsi, dans l’Union européenne, ce risque est passé pour les 16-24 ans de 20 % en 2005 à 23,8 % en 2014 alors qu’il reste stable pour les plus de 55 ans. Le chômage est bien en cause, mais il faut y voir les conséquences de la précarisation de l’emploi et les niveaux très faibles des premiers salaires, nettement inférieurs à ce qu’ils étaient il y a vingt ans.

Force est de constater que même dans les pays développés, le salariat n’est plus un rempart contre la pauvreté et que plus de 80 % des travailleurs pauvres ont un emploi de salarié.

C’est le constat dressé par l’Organisation internationale du travail l’OIT, une agence de l’ONU, dans son rapport « Emploi et questions sociales dans le monde en 2016 », présenté à Genève, depuis son siège sur les bords du Lac Léman, la veille de l’ouverture de la 105ème Conférence internationale du travail.

Il y a un an, l’OIT a insisté sur le fait que plus d’un travailleur sur deux, dans le monde n’était pas un salarié, alors que cette année elle cible l’augmentation du nombre de chômeurs, qui forment un total de 200 millions, parmi les salariés.

Cette année, les experts de l’OIT mettent en avant l’extrême difficulté à atteindre l’objectif d’éradication de la pauvreté dans les délais fixés par les Nations Unies, soit d’ici 2030.

Pour le Directeur général de l’OIT, Guy Ryde, « si nous prenons au sérieux le programme de développement durable, si nous voulons mettre un terme au fléau de la pauvreté qui se transmet de génération en génération, alors nous devons mettre l’accent sur la qualité des emplois dans tous les pays ».

Le rapport souligne la responsabilité des plus riches, pays comme individus, dans la perpétuation de la pauvreté : « Dans le monde où les ressources sont limitées, les retombées de la croissance profitent davantage aux riches, la marge de manoeuvre pour réduire la pauvreté s’en trouve limitée ».

On sait, par exemple, que dans les pays développés, les 1 % les plus riches accaparent plus de 10 % du revenu total et cela s’aggrave d’année en année, en détournant chaque année au moins 10 milliards de dollars à leur profit.

Ainsi, on connaît les causes de la pauvreté, sans avoir les remèdes pour y mettre fin, au moment où, de plus, le changement climatique fragilise un milliard de travailleurs.

D’où la recommandation de l’OIT, qui ne cesse de plaider vainement en faveur de l’emploi décent, dans les pays développés comme les autres et de la lutte contre le travail informel, dans les régions en développement.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , “Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend ”  en ajoutant ” à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit “

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