Rencontres amoureuses, les jeunes Français dépensent en moyenne 66 euros pour un premier rendez-vous
À l’approche de l’hiver, les rencontres amoureuses prennent une dimension particulière chez les jeunes Français. Entre envie de construire une relation, contraintes budgétaires et nouvelles attentes concernant le partage des dépenses, l’argent occupe une place importante dès le premier rendez-vous. Selon une étude réalisée pour l’application de gestion financière Plum, les 18-34 ans dépensent en moyenne 66 euros lorsqu’ils engagent des frais pour une première rencontre. Mais au-delà du montant, c’est surtout le comportement financier de chacun qui semble influencer les premières impressions.
L’enquête, menée en septembre 2026 par Selvitys auprès de 1 000 jeunes adultes français âgés de 18 à 34 ans, met en évidence des pratiques contrastées. Si certains considèrent le premier rendez-vous comme une occasion de faire plaisir sans trop compter, d’autres préfèrent maîtriser leurs dépenses. Les attentes concernant le règlement de l’addition restent également différentes selon les sexes.
L’hiver favorise l’envie de faire des rencontres
Le phénomène de la « cuffing season », popularisé sur les réseaux sociaux, désigne cette période de l’année durant laquelle les célibataires seraient davantage enclins à rechercher une relation sentimentale. Le raccourcissement des journées et l’arrivée du froid encourageraient certains à privilégier une relation stable plutôt que des rencontres occasionnelles.
Cette tendance trouve un écho auprès des jeunes interrogés. Selon l’étude Plum, 51 % des célibataires de 18 à 34 ans déclarent que l’arrivée de l’hiver modifie leur rapport aux rencontres amoureuses.
Dans le détail, 27 % affirment avoir davantage envie de rencontrer de nouvelles personnes, tandis que 16 % souhaitent plutôt s’engager dans une relation stable ou sérieuse.
La question financière intervient également dans ces choix. Ainsi, 5 % des répondants privilégient des rendez-vous peu coûteux et 3 % reconnaissent que le prix des sorties constitue un frein à leur envie de rencontrer quelqu’un.
À l’inverse, 28 % estiment que la saison ne change rien à leur comportement et 4 % déclarent avoir moins envie de faire des rencontres pendant cette période.
Ces résultats montrent que l’hiver peut influencer les aspirations sentimentales d’une partie des jeunes adultes, sans pour autant modifier les habitudes de l’ensemble de cette génération.
Un budget moyen de 66 euros pour un premier rendez-vous
Restaurant, café, activité culturelle ou frais de transport : une première rencontre peut rapidement représenter une dépense non négligeable.
Parmi les jeunes qui consacrent de l’argent à un premier rendez-vous, le montant moyen atteint 66 euros.
Cette moyenne masque toutefois des différences importantes entre les hommes et les femmes. Les premiers déclarent dépenser 72 euros en moyenne, contre 52 euros pour les secondes, soit un écart de 20 euros.
La répartition des budgets révèle également des pratiques variées. Selon l’enquête, 42 % des jeunes qui dépensent lors d’un premier rendez-vous y consacrent moins de 50 euros. Ils sont 29 % à prévoir entre 50 et 99 euros, tandis que 23 % dépensent entre 100 et 199 euros. Enfin, 6 % déclarent engager 200 euros ou davantage.
Autrement dit, près de trois jeunes sur dix parmi ceux qui paient consacrent au moins 100 euros à une première rencontre.
Ces montants soulignent l’importance que certains accordent à ce premier moment partagé, mais ils témoignent aussi de capacités financières différentes.
Pour une partie des jeunes adultes, le budget disponible constitue une véritable limite. Parmi ceux qui ne dépensent rien lors d’un premier rendez-vous, 11 % expliquent cette situation par un manque de moyens financiers.
Cette proportion atteint 22 % en Normandie, soit le double de la moyenne nationale relevée dans l’enquête.
Le partage de l’addition reste une question sensible
Qui doit payer lors d’un premier rendez-vous amoureux ? La question continue de susciter des attentes différentes.
Selon les résultats de Plum, 31 % des hommes s’attendent à régler l’intégralité de l’addition, contre seulement 4 % des femmes.
À l’inverse, 15 % des femmes s’attendent à ce que leur partenaire prenne en charge l’ensemble des dépenses, contre 5 % des hommes.
Ces différences montrent que certaines habitudes traditionnelles restent présentes dans les représentations des jeunes générations, même si elles ne correspondent pas nécessairement aux pratiques de tous.
Le partage des frais occupe néanmoins une place importante. Au total, 34 % des jeunes privilégient une formule de partage, qu’il s’agisse de diviser l’addition à parts égales ou de payer chacun à tour de rôle.
D’autres préfèrent conserver une certaine souplesse. Ainsi, 19 % déclarent ne pas avoir d’attente particulière et souhaitent décider sur le moment.
Le premier rendez-vous apparaît donc comme un exercice d’équilibre entre générosité, autonomie financière et respect des attentes de l’autre.
La fausse invitation, un comportement particulièrement mal perçu
L’étude ne se limite pas aux montants dépensés. Elle s’intéresse également aux attitudes financières susceptibles de compromettre une première rencontre.
Parmi les comportements jugés rédhibitoires, la fausse invitation arrive en tête.
Cette situation consiste à laisser entendre que l’on invite l’autre personne, avant de finalement lui demander de partager ou de régler l’addition.
Ce comportement est cité par 37 % des jeunes interrogés. Les femmes y sont particulièrement sensibles, avec 44 % de réponses, contre 29 % chez les hommes.
Plus largement, 75 % des jeunes considèrent qu’au moins un comportement associé à la radinerie constitue un motif de rejet lors d’un premier rendez-vous.
Se plaindre des prix au moment de choisir un plat sur le menu est ainsi mal perçu par 25 % des répondants. Ne pas proposer de payer ou de partager l’addition est cité par 22 %, tandis que 21 % désapprouvent le choix d’un lieu donnant l’impression d’un manque d’effort ou d’attention.
Le fait de sélectionner un établissement uniquement parce qu’il est peu coûteux dérange 16 % des jeunes. Enfin, 6 % considèrent l’absence de pourboire comme un comportement problématique.
Ces réponses montrent que la maîtrise des dépenses n’est pas nécessairement mal perçue. C’est davantage la manière de gérer l’argent et de se comporter envers l’autre qui semble déterminante.
Dépenser beaucoup ne garantit pas une meilleure impression
À l’opposé de la radinerie, les démonstrations excessives de richesse peuvent également produire un effet négatif.
Selon l’enquête, 55 % des jeunes interrogés jugent rédhibitoire au moins un comportement relevant de l’ostentation financière.
Parler trop rapidement de son salaire ou de ses dépenses personnelles arrive en tête de ces attitudes, avec 31 % des réponses.
Choisir un établissement uniquement parce qu’il est cher dérange 27 % des répondants. De même, 12 % considèrent qu’insister pour payer l’intégralité de l’addition peut constituer un comportement gênant.
Ces résultats suggèrent que les jeunes adultes ne recherchent pas nécessairement une démonstration de moyens financiers lors d’une première rencontre.
Un budget élevé ne constitue donc pas, à lui seul, un avantage. La simplicité, l’attention portée à l’autre et la cohérence entre les paroles et les actes semblent également entrer en ligne de compte.
Le budget des rencontres, reflet des préoccupations financières des jeunes
Au-delà des relations sentimentales, cette enquête illustre la place occupée par les questions budgétaires dans les décisions quotidiennes des jeunes adultes.
Le coût d’une sortie peut peser sur les choix, notamment lorsque les ressources disponibles sont limitées. Pour certains, il s’agit de réduire les dépenses. Pour d’autres, la priorité consiste à conserver une marge financière permettant de profiter de leurs loisirs et de leurs relations sociales.
Victor Trokoudes, fondateur et directeur général de Plum, souligne que les premiers rendez-vous permettent aussi de découvrir le rapport de chacun à l’argent. Il rappelle notamment que 11 % des jeunes ne dépensant rien lors d’une première rencontre invoquent un manque de moyens.
L’entreprise, spécialisée dans les outils de gestion financière et d’épargne automatisée, met en avant l’intérêt de constituer progressivement une réserve destinée aux dépenses personnelles et aux loisirs.
Les résultats de l’enquête doivent toutefois être appréciés au regard de son périmètre. Réalisée auprès de 1 000 personnes âgées de 18 à 34 ans, elle décrit les comportements et les attentes déclarés par les répondants. Elle ne permet pas de conclure que l’ensemble des jeunes Français adopte les mêmes habitudes.
Une tendance se dégage néanmoins : l’argent fait partie des sujets qui peuvent influencer une relation dès ses premiers instants. Le montant dépensé compte, mais il ne suffit pas à déterminer la qualité d’une rencontre.
Pour les jeunes adultes interrogés, la façon de partager les frais, de respecter ses engagements et de tenir compte des moyens de chacun semble au moins aussi importante que le choix du restaurant ou le prix de l’addition.
À l’heure où l’hiver encourage certains célibataires à rechercher une relation, le premier rendez-vous devient ainsi une occasion de découvrir non seulement une personnalité, mais aussi une manière d’envisager l’argent et les dépenses à deux.



