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Alerte : Le camembert de Normandie au lait cru AOP coule !

Opération « parachutage » de camemberts de Normandie AOP au lait cru sur l’Assemblée nationale, mercredi 13 mars, réalisée par Richard Ramos, député du Loiret, et Véronique Richez-Lerouge, Présidente de l’Association Fromages de Terroirs.

Ce n’est pas la première fois que notre emblème gastronomique endosse le rôle de messager républicain mais cette fois-ci, c’est pour tirer la sonnette d’alarme face au triste sort qui lui est réservé dans la future AOP de 2021.

En théorie, la France défend ses AOP, mais dans les faits, elle ne fait que les enterrer. Notre pays si envié pour ses grands fromages, tous des appellations d’origine dont nous sommes ers de vanter les mérites et la supériorité gustative dans les banquets internationaux ou lors des négociations des accords de libre-échange, avec en arrière-plan l’arme juridique pour décourager ceux qui voudrait copier nos recettes originales, risque bien de se ridiculiser lorsque notre « euron » ne sera pas plus intéressant qu’un camembert générique plâtreux et pasteurisé fabriqué au Canada ou aux États-Unis. Il sera bien temps de pérorer du haut de notre clocher, l’AOP ne vaudra plus un copeck et personne n’y pourra rien, même pas les vaches normandes dont la région Normandie veut grossir le cheptel pour entrer dans la compétition laitière comme sa voisine la Bretagne, alléchée par le marché de la poudre de lait, le nouvel or blanc.

Au prétexte de régler un problème juridique autour de la dénomination géographique « Normandie » que Lactalis et consors utilisaient illégalement depuis plus de 20 ans sans que l‘Inao ne durcisse le ton, le syndicat normand a décidé de construire une grande AOP pour tous en ouvrant à la pasteurisation, donc en d’autres termes, la porte au 60 000 tonnes de camemberts industriels sous les marques Président, Cœur de Lion, Rustique, Lanquetot, Lepetit… fabriqués à la chaîne par centaines de millions. Pléthore de communications à l’appui et bourse déliée du côté de la région, on nous vend la chose sous un jour avantageux, voyez plutôt. On peut lire dans un communiqué of ciel de la région Normandie que : « ce changement de dimension de l’AOP Camembert de Normandie est en parfaite adéquation avec la politique agricole de la Région. À ce titre, via le dispositif d’aide à la structuration des lières, elle soutient le programme d’actions 2018-2019 de l’ODG Laitiers Normands à hauteur de 389 152 euros. (…) « Ce compromis passe par la construction et la mise en œuvre d’un nouveau cahier des charges, gage de la qualité de l’emblématique fromage. Cet accord sur l’ensemble de la lière lait en Normandie est une réponse évidente pour sécuriser un modèle de production correspondant à l’identité du territoire normand où se situe le premier bassin laitier français. Ce nouveau cahier des charges permet la montée en gamme du fromage » ! Il fallait oser.

On nous présente un « cœur de gamme » fabriqué avec un lait issu de 30% de normandes, un peu de pâturage pour la carte postale, mais pasteurisé et moulé en une fois par un robot. Ce sera un océan de fromages plâtreux dans lequel le « véritable camembert de Normandie » devra survivre tant bien que mal – il est produit à 5 000 tonnes aujourd’hui – pour peu que les consommateurs auxquels on con e désormais la mission de décrypter les étiquettes pour distinguer dans l’AOP l’original de la copie, puissent encore le trouver en grande distribution, à un prix abordable entre 2 et 3 euros. D’aucuns savent qu’à partir de 2021 seront référencés les versions les moins chères, ce qui est le cas déjà pour 100 % des fromages AOP qui autorisent la pasteurisation. Les amateurs de camembert au lait cru n’auront pas d’autre choix que d’aller chez leur fromager où la version traditionnelle sera vendue 6 à 7 euros.

Mercredi odoriférant

Dans la matinée du 13 mars, un camembert AOP au lait cru est distribué aux députés avec un message, puis une conférence de presse est organisée à 14h dans la salle de presse de l’Assemblée nationale.

Parce que notre emblème national au même titre que le champagne, la baguette, la tour Eiffel, les grands crus de vin… fait partie de l’identité française et républicaine :

  • Nous dénonçons l’écriture d’un cahier des charges au rabais uniquement au béné ce des multinationales, parmi lesquelles le groupe Lactalis est ultra majoritaire avec 95% de la production du camembert.
  • Nous dénonçons un détournement des valeurs de l’appellation d’origine que la France a créé dans un esprit tourné vers l’intérêt collectif hérité des valeurs du XIXè siècle. « Usages locaux, loyaux et constants », gurent comme principes fondateurs selon la loi du 6 mai 1919. Aussi, la conformité à l’origine y est clairement précisée, autorisant l’administration française à poursuivre en justice quiconque arborerait le label AOP sur une copie.
  • Nous dénonçons une mécanique de destruction de l’emploi manuel, alors que le moulage à la louche à la main garantit cette main d’œuvre locale.
  • Nous dénonçons une dégradation d’un symbole de la gastronomie nationale, de son goût et de sa typicité. Notre pays n’en nit plus de céder à la tentation du pasteurisé, du facile à produire, du moindre coût. Tant pis pour le goût ! Tant pis pour la tradition ! Tant pis pour les générations futures !
  • Nous dénonçons l’inexorable construction mortifère d’un mode de consommation à deux vitesses, d’un côté, un marché de luxe et de l’autre, un marché low cost, en totale contradiction avec les principes républicains d’égalité. Le camembert est un fromage populaire !
  • Nous dénonçons le principe de jurisprudence qui valide la dégradation d’un cahier des charges qui pourrait entraîner dans son sillage le brie de Meaux, le reblochon, le comté, puis le champagne et toutes les AOP françaises, et pourquoi pas européennes.
  • Nous réclamons un camembert au lait cru pour tous, accessible à tous, goûteux, typé, la signature d’un terroir préservé et respectueux de l’environnement. Le droit au bien-manger pour tous est un principe républicain !
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Olivier Kauf

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