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Comment (re)gagner le respect de son ado ?

Par Hervé Kurower – Consultant éducatif fondateur de Consult Educ’ Sur un plan éducatif, le manque de respect vis à vis du ou des parents trouve essentiellement son origine dans le manque de structure de la cellule familiale et, donc, de l’adolescent.

Les écarts de langage, les insultes, le refus obsessionnel de toute proposition venant de l’adulte, voire même les actes violents, sont en général le résultat d’une colère de l’adolescent. Les causes peuvent être multiples :

– Parents très pris par leur travail et leurs activités annexes ;

– Un divorce ;

– Trop de pression sur le jeune.

Dans ce cas, le jeune va tester quelques réactions afin de briser cette pression, comme s’il voulait passer à travers les mailles d’un filet.

Comment revenir en arrière ?

Le simple fait de se poser la question en ces termes est une erreur. Il est impossible de remonter le temps.

Il faut s’intéresser aux causes, poser des questions à son enfant. Cela signifie aussi de devoir changer du jour au lendemain les comportements parentaux, passer d’un énervement légitime à une réaction clairement maîtrisée. L’adulte doit se positionner en maitrise totale de l’environnement vis à vis de l’adolescent, rester maître de soi.

Les chances de succès sont démultipliées si :

– vous vous maîtrisez quoiqu’il arrive sachant qu’il vous poussera exprès dans vos retranchements ;

– vous demandez très calmement à votre ado, dans les moments de crise, « pourquoi tu me parles comme ça ? » ;

– s’il n’y a pas de réponse, revenez à la charge lorsqu’il s’y attend le moins, mais sans intrusion.

Vous lui assurez, en fonction de ses réponses, un changement ou une amélioration de ce qu’il vous reproche. N’hésitez pas à vous excuser auprès de lui, il l’appréciera comme un gage de force de votre part !

Vous lui exposez très clairement votre échelle des sanctions possibles.

Le calme et la ténacité sont les clés de la reprise du dialogue, la compréhension et la fixation des limites celles de la réussite.

Dialoguer avec un adolescent

Dans le dialogue, votre ado dira une chose et son contraire. C’est normal, sa pensée, comme son corps, est encore en mutation.

Contrecarrez toutes les réparties fuyantes par le biais du questionnement. Il faut l’amener à le faire réfléchir, à lui donner la possibilité de trouver ses propres réponses. C’est ainsi que l’adolescent acceptera l’évidence, grâce à un raisonnement personnel que vous aurez insufflé.

Le mensonge

L’adolescent ment car il a peur de nos réactions, il a peur d’être puni et il ne sait pas encore assumer ses actes.

Sur le plan éducatif, le mensonge est un outil intéressant. Il permet d’établir un dialogue fondé sur la culpabilité de l’ado face à son mensonge :

Prenons un jeune garçon de 15 ans avec de bons résultats scolaires, sans problèmes particuliers avec ses parents, bien dans sa peau comme on dit… Il se trouve qu’il a 3 mots sur son cahier de correspondance pour bavardages et pour un devoir qu’il n’a pas rendu. A la demande parentale de présenter le carnet en question (suivi de routine), il affirme l’avoir perdu. Connaissant l’oiseau, vous êtes forcément suspicieux. Pour le faire avouer, c’est très simple. Imaginons le dialogue type.

Phase 1 è « Tu peux me montrer ton cahier de correspondance, s’il te plait ?

– Heu, pourquoi ?

– Pour voir, comme ça, ta scolarité m’intéresse.

– «Heuje l’ai pas, je crois que je l’ai perdu. »

Vous décelez de suite de l’inquiétude dans son regard, sa gestuelle, ainsi que dans le ton de fausse surprise qu’il adopte.

– C’est contrariant ça… Dans le bus ? A l’école ? A la maison… ? C’est pas grave, je téléphonerai à ton professeur principal et à ton CPE demain. »

Normalement, la stupeur se lit sur le visage de votre ado, il se sent coincé, acculé. C’est à ce moment précis qu’il faut lui offrir une porte de sortie. Ne pas l’étouffer mais lui faire comprendre son erreur, telle est la démarche éducative.

Lui proposer une alternative : « écoute, je te propose de bien réfléchir. Je vais te poser une question, et j’aimerais la vérité : y a-t-il des choses écrites dessus que tu ne veux pas que je lise ? Je préférerais que la vérité sorte de ta bouche plutôt que de celle du prof principal…en plus je suis sûr que tu n’as rien fait de grave… ». Bref, c’est le moment de lui mettre la pression. Il avoue.

Phase 2 è maintenant que la lumière est faite, lui énoncer la sanction, en lui précisant bien que vous punissez le mensonge. Libre à vous de le priver de telle ou telle chose qui lui tient à cœur. Ou bien de lui demander de vous présenter son carnet de correspondance midi et soir, à chaque fois qu’il rentre de l’école. La sanction doit être juste et proportionnée.

Phase 3 è passé un certain temps, il faut reprendre ce qu’il s’est passé avec lui. Le faire reformuler est important, afin qu’il intègre toutes les données du problème.  Ensuite, il faut, à mon sens, lui donner des solutions pour qu’il cesse de mentir. Lui faire admettre qu’il a menti parce qu’il n’a pas une entière confiance en vos réactions. Lui assurer qu’il le peut et qu’agir de la sorte le dessert, dans la mesure où la sanction aurait été moindre, voire nulle. La solution ? Avoir le courage qu’il vienne de son propre chef. Comment ? En lui promettant qu’il n’y aura pas de sanction.

En conclusion

Les mécanismes que je viens de vous présenter s’appliquent aussi bien à un garçon dépassant sa maman de 25 centimètres, qu’à une adolescente ne voulant plus rien écouter de la part de son père, ou à un jeune placé en internat éducatif. Le mécanisme éducatif est toujours le même en ce qui concerne le respect dû aux adultes référents (parents, éducateur, grands-parents..).

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel. En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles. Tout en restant consultant (si vous avez besoin d’un regard extérieur sur un projet, un problème, un questionnement, un audit ou tout autre,…), il y a une dizaine d’années j’ai découvert l’écriture … journalistique (avec https://notre-siecle.com et https://www.riskassur-hebdo.com). Ces 2 sites ont une fréquentation sérieuses (en nombre et en qualité), cela peut être intéressant à utiliser pour du référencement naturel (SEO). N’éhsitez pas à me contacter pour en savoir pour en parler.

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