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Réflexions sur l’affaire Vincent Lambert

meditation2407Vincent Lambert était infirmier en service de psychiatrie, au Centre hospitalier de Châlons-en-Champagne.

En 2008, Vincent Lambert a 32 ans, il est marié et père d’un bébé de 3 mois.

Le 29 septembre 2008, alors qu’il se rendait à son travail, Vincent Lambert perd le contrôle de sa moto, il est victime d’un accident. Un traumatisme crânien le plonge dans un coma profond, il est hospitalisé au service de réanimation de l’hôpital où il travaille.

Il sort du coma pour se retrouver, en terme médical, en « état-pauci-relationnel », c’est-à-dire dans un état de conscience minimal.

Il séjournera pratiquement 9 mois au centre d’éveil de Berck sur Mer, sans résultat. Les médecins estiment que son état ne s’améliorera pas. Puis, il est transféré au CHU de Reims, sans amélioration de son état.

Aujourd’hui, la situation est dramatique, deux camps s’affrontent. Celui de sa femme qui voudrait que l’on arrête l’alimentation de Vincent et qu’il puisse partir en paix et celui de sa mère qui ne perd pas espoir d’un réveil possible de son fils.

J’ai lu que le corps médical ne savait pas ce que pouvait réellement ressentir un patient en « état-pauci-relationnel ». Est-ce qu’il entend ? Est-ce qu’il comprend ? Souffre-t-il ?…

Vincent Lambert n’est pas mourant, il est dans un état de dépendance total.

S’il se voyait dans cet état que voudrait-il ? La poursuite de ce traitement, ou au contraire que le corps médical arrête tout et le laisse partir.

Ça me fait, un peu, penser à l’histoire de Jean-Dominique Bauby (ancien rédacteur en chef du magazine ELLE). A 43 ans, il est victime d’un « locked-in syndrom », c’est un accident cérébral très grave. Il est plongé dans le coma et il en sort totalement paralysé, il peut uniquement faire bouger la paupière de son œil gauche.

Il raconte son histoire dans un ouvrage, « Le Scaphandre et le Papillon », qu’il dicte, lettre par lettre, par des mouvements de sa paupière. Claude Mendibil l’accompagnera dans cette écriture. Il parle de sa vie avant et de son enfermement dans ce corps totalement paralysé.

Par moments, Jean-Dominique Bauby semble attendre la fin, mais il se bat pour rester en vie. Enfin, c’est que l’on ressent à la lecture de ce livre.

Mais, revenons à Vincent Lambert, du temps où il était valide, il n’a pas véritablement donné de consignes.

Mais, il y a une grande différence entre ce que l’on dit en étant valide, en ne pensant pas à l’accident ou à la maladie et ce que l’on veut en cas de problème grave.

Le point de vue peut évoluer. Alors, là c’est l’inconnue totale concernant la volonté de Vincent, que dirait-il s’il était capable de la donner. Il n’a pas ce minimum de possibilité qu’avait Jean-Dominique Bauby.

Aujourd’hui, comment prendre une décision pour lui. Tous les recours possibles et imaginables en justice semblent avoir été actionnés. Mais est-ce que cela relève de la justice ?

Le corps médical, lui-même n’arrive plus à donner d’avis.

Il y a trop d’informations, trop de demandes, trop d’attentes. Entre sa femme qui ne voit aucune amélioration et sa mère qui au contraire dit que son fils va mieux. Qui croire ? Qui doit-on suivre ?

Je crois qu’aujourd’hui, il est temps d’arrêter, non pas de s’acharner médicalement, mais de s’acharner tout court.

Il faudrait que Vincent soit transféré, discrètement, dans un autre hôpital, et qu’il retombe dans l’anonymat. Que le corps médical s’occupe de lui et la nature fera le reste.

Retirons-nous sur la pointe des pieds, soyons pudiques et laissons Vincent avec sa mère. Je crois, que sur Terre, il n’y a rien de mieux qu’une mère pour savoir ce qui est bien pour ses enfants.

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel.

En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles.

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