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Réflexion sur l’avenir à court terme de l’euro

euro0807Nul n’ignore que les Grecs ont dit NON à la politique d’austérité, ce n’est pas pour autant que leur Premier ministre, Aléxis Tsípras, en sort grandi.

Bien au contraire, tant que le peuple Grec ne s’était pas prononcé, Aléxis Tsípras avait une marge de manœuvre plus grande, aujourd’hui les Grecs ne comprendraient pas qu’il ne suive pas le résultat du référendum.

Et pourtant, a-t-il les moyens de nous imposer n’importe quoi ? A-t-il les moyens de faire n’importe quoi ? Avons-nous les moyens de laisser faire n’importe quoi ?

S’il s’agissait simplement, d’un pays de l’Union Européenne qui pourrait sortir du groupe, ce ne serait pas si grave que cela. Mais, la Grèce est un des pays de la zone euro. Une monnaie commune, ne peut pas être un machin où des pays entrent et sortent. A-t-on vu, aux États-Unis, des États sortir du dollar. Jamais et nous sommes face, avec le dollar, à une monnaie commune très ancienne.

Concernant l’euro, il sera difficile de faire croire que la sortie de la Grèce de l’euro soit une exception qui ne se reproduira pas. C’est un problème de confiance dans la monnaie. Si la Grèce sort de l’euro qui nous prouve que demain, un autre pays ne sortira pas, soit pour des raisons économiques, soit par simple décision politique.

Je crois qu’aujourd’hui, il y a principalement 3 scénarios ?

UN

La Grèce sort de l’euro et réimprime une monnaie locale non convertible. 1 machin Grec pour 1 euro au moment du lancement. Mais, qui subira de multiples dévaluations. La situation sera très difficile à gérer pour la Grèce en général et pour les Grecs au quotidien.

Par contre, au niveau de la zone euro, la situation sera très délicate (voire impossible) à gérer.

Bien entendu, on pourra s’asseoir sur le remboursement des plus de 300 milliards d’euros que doit la Grèce. Mais, ce n’est pas le plus ennuyeux.

Le plus complexe sera un problème de communication. Expliquer au reste du Monde que c’est une exception, que plus jamais cela ne se reproduira. Personne ne sera dupe. On sait bien que si une chose a été faite une fois, elle pourra se reproduire.

Mais, l’important sera de présenter l’information pour que le reste du Monde puisse se dire « d’accord, on a confiance », sans que le reste Monde ni la zone euro perdions la face. (Sinon nous passerons du scénario Un au scénario DEUX).

DEUX

La crise est telle sur la zone euro, qu’il y a une perte de confiance dans la monnaie.

En ce moment, on le voit sur leurs visages, ni Angela Merkel, ni François Hollande ne vont bien. Ils n’ont pas de solutions. Et les autres dirigeants des pays de la zone euro non plus.

Il faut qu’ils jonglent entre des contraintes économiques, financières et politiques. Un système d’équations où il n’y a que des inconnues et où l’on peut ajouter une multitude d’incertitudes.

Si, Aléxis Tsípras pousse certains partis de l’opposition, en Europe, tel qu’en France le Front National ou le Front de Gauche à mettre de l’huile sur le feu contre l’euro, cela pourra conduire, effectivement, à une mort de notre monnaie européenne.

C’est un scénario catastrophe, malheureusement possible, mais je n’ose pas l’imaginer.

Il ne faut pas croire que tout sera comme avant, si chaque pays de la zone euro reprenait sa liberté monétaire et ré-imprimaient de jolis billets. Ce seraient des monnaies non convertibles, avec une perte totale de confiance envers les pays de l’ex-zone euro.

Mais, je suis persuadé, qu’Aléxis Tsípras n’a aucun intérêt à cela et qu’il ne le veut pas. Car même si la Grèce sortait de l’euro et que l’euro continue son chemin, il sait qu’il obtiendra quelques aides de temps à autre.

TROIS

On accepte de « manger notre chapeau » et on aide la Grèce.

Je crois qu’ils ont besoin d’une trentaine de milliards d’euros et il faudrait réduire leur dette d’une centaine de milliards puis étaler dans le temps ce qui reste.

Ce ne serait pas juste pour certains pays de la zone euro, où en fin de compte, les gens vivent moins bien que les Grecs, mais c’est une situation de raison.

Il y a parfois, des décisions, que l’on est forcé de prendre alors que l’on sait que ce n’est pas ce que l’on veut faire. Mais on doit le faire parce que l’on n’a pas le choix, que ne pas le faire serait encore pire.

Et bien, je crois que ne pas aider la Grèce serait pire que leur filer encore et toujours des milliards d’euros. Si on ne l’aide pas, on pourrait se retrouver dans mon scénario UN qui pourrait conduire au DEUX, voire directement dans le scénario DEUX.

C’est vrai que l’on aiderait un pays où 2 secteurs très riches (armateur et clergés) ne payent pas d’impôts, alors que nous tous en Europe en payons. Que leur endettement dépasse l’imaginable. Que… encore beaucoup de choses.

Tant pis, c’est le scénario TROIS est le moins mauvais.

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel.

En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles.

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Un commentaire

  1. Le parallèle avec un état “sécessionniste” sortant du dollar ne tient pas : les USA sont un état fédéral, ce que la zone euro n’est justement pas. Si la France continentale n’arrosait pas la Martinique et la Corse d’aides de toutes sortes, ces Départements seraient dans une situation autrement plus délicate que celle de la Grèce!

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