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Le juste prix est celui que les consommateurs peuvent payer

Après le décès brutal et inattendu du président de la FNSEA, par ailleurs un grand patron de l’industrie agroalimentaire qui savait de qui il était question, celle qui lui a succédé, Christiane Lambert, une agricultrice pure et dure, souhaite que distributeurs et agriculteurs passent d’adversaire à partenaires.

Une fois passée la période de pénurie, qui s’est instaurée en France avec l’occupation allemande de 1940 et qui a eu du mal à se dissiper, la valse des prix, c’est définitivement fini.

Ceux à qui on a dit pendant la guerre « mon pauvre, les vaches ne donnent plus de lait et les poules ne pondent plus » ne sont pas encore tous morts.

Mis à part les produits de luxe qui trouvent toujours des amateurs, qui pensent que les prix chers sont un signe de qualité, alors que le commun des mortels cherche à satisfaire ses besoins élémentaires, comme se nourrir, avec les moyens financiers dont ils disposent et qui, pour diverses raisons, deviennent de plus en plus minces, mais ici, ce n’est pas notre propos.

Dans les grandes surfaces, on insiste sur « les prix bas » même s’il n’y en a pas des masses et on affiche des « premiers prix » là où s’installent, à proximité des « hards discounts » pour ne pas faire fuir la clientèle.

Les grandes chaînes de distribution ont des comptes à rendre à leurs actionnaires, elles sont à la merci des « comparateurs » qui indiquent les prix pratiqués, ville par ville dans chaque ville, en jouant sur les prix les plus bas.

Elles ont intérêt de regrouper leurs centrales d’achats pour disposer de la plus grande force d’achat possible, ce que leur reprochent les représentants des producteurs et des transformateurs, assis entre deux chaises.

L’État a tenté de réguler la situation par des lois successives, qui n’ont rien changé, alors que les grandes enseignes fusionnent pour survivre, face à une population de moins en moins « argentée », victime du chômage, de l’augmentation des prélèvements publics, de la stagnation des salaires et des rémunérations et du blocage des pensions.

Si la nouvelle tentative devait, tant soit peu réussir, des consommateurs dont le pouvoir d’achat ne suit pas, seront obligés de se tourner encore davantage vers les « hards discounteurs « qui s’approvisionnent à l’étranger, car il faut bien manger et ce partenariat voulu par Christiane Lambert sera loin d’être gagnant-gagnant.

Il ne s’agit pas de savoir si le dogme du prix bas imposé à tous est tueur de paysans et de fournisseurs, tant que les clients n’ont pas de quoi mettre de l’argent de côté pour leurs vieux jours.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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