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Les membres d’un parti politique contestent en justice les statuts de leur futur mouvement

À ma connaissance c’est une première de la part des adhérents d’un parti politique démocratique, qui doivent pouvoir s’exprimer librement au sein de celui-ci, avec la possibilité de démissionner, s’ils ont le sentiment de ne pas avoir été entendus.

Cela vient pourtant de se produire en France, qui n’est pas un État totalitaire et où tout le monde peut adhérer au parti politique de son choix, il n’y a pas de parti unique, sans y être contraint.

Les Français sont du genre individualiste, relativement peu adhèrent et cotisent à un parti politique, qui tire l’essentiel de ses ressources vitales des subsides versées par l’État, en fonction de leurs résultats aux élections nationales.

L’année 2017 a été une année électorale, des primaires à deux tours organisées et ratées par les deux partis qui se sont toujours succédé au pouvoir, l’élection présidentielle suivie de l’élection des députés à l’Assemblée nationale.

Cela s’est traduit par l’effondrement des deux partis traditionnels, la naissance d’un nouveau parti et la montée de l’extrême droite, d’où la confrontation Macron/Le Pen à la présidentielle, avec la victoire d’Emmanuel Macron, sur laquelle tout a été dit et sur laquelle je ne reviens pas ici.

C’est ici que les choses se corsent, car le nouveau parti, La République en marche, LRM, après avoir remporté les élections législatives, sans doute avec moins d’élus que prévu mais avec tout de même la majorité des sièges, doit faire face à une contestation croissante de la part de certains de ces quelque 370 000 adhérents, inscrits gratuitement, qui reprochent aux dirigeants du parti de vouloir confisquer l’essentiel du pouvoir.

Cette contestation a gagné un certain nombre de députés LRM, fraîchement élus, qui se sentent pris en étau, par une main de fer.

Côté adhérent, cela s’est traduit par le dépôt, par 32 membres de LRM, d’un référé au tribunal de grande instance de Créteil, afin d’empêcher l’adoption des nouveaux statuts du mouvement, soumis au vote des adhérents, jusqu’au 30 juillet.

J’ignore sur quelles irrégularités ce référé est fondé pour qu’il puisse prospérer, mais de toute manière, il relève un malaise parmi les adhérents de LRM et laissera des traces.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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