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Les lois sur la fin de vie troublent les consciences

La loi de 2005 sur la fin de vie dite « loi Leonetti » du nom de son auteur a eu pour mérite d’attirer l’attention du grand public sur les problèmes nés de la fin de vie, qui le divise selon leurs sentiments religieux, qui restent vifs.

Pendant ce temps, il y a des personnes qui souffrent et des familles qui se déchirent, faute d’admettre la décision de certains des leurs.

La loi de 2005 a eu pour mérite de mettre sur les rails les soins palliatifs qui ne reçoivent toujours pas les moyens qu’ils nécessitent.

François Hollande a donné un faux espoir aux partisans de l’euthanasie en faisant voter, à un an de la fin de son mandat, une nouvelle loi qui a laissé croire qu’un « Ersatz » à l’euthanasie était désormais possible, ce qui n’est absolument pas le cas.

Tout le monde a encore en tête le cas de Vincent Lambert, un tétraplégique encore maintenu en vie par la volonté de ses parents et contre celle de son épouse, une situation que les deux lois sur la fin de vie n’ont pas réussi à trancher.

Or le même cas, un autre « dilemme éthique » vient de se produire, qui oppose cette fois-ci les parents d’une malheureuse petite fille de 15 mois, Marwa, atteinte de lésions neurologiques graves et irréversibles après avoir été victime d’un entérovirus violent.

Les médecins du service de réanimation pédiatrique de l’hôpital de la Timone de Marseille, où elle est hospitalisée avaient décidé, contre l’avis des parents l’arrêt de la ventilation mécanique et de l’alimentation artificielle qui la maintenait en vie.

Les parents ont saisi le Conseil d’Etat qui, statuant en référé, a jugé que les médecins avaient eu tort de prendre cette décision, car les conditions posées par la loi n’étaient pas remplies.

Pour le Conseil d’Etat, il n’y avait pas « d’obstination déraisonnable » comme l’avaient jugé les médecins de la Timone, tel qu’imposé par la loi de 2016, pour interrompre un traitement.

Les médecins auraient dû attendre plus longtemps avant d’engager une réflexion sur l’arrêt des traitements, malgré le pronostic sévère établi par les experts médicaux.

Pour le Conseil d’Etats, leur décision équivalait à un acte d’euthanasie, non autorisé en France.

Il faudra une troisième loi pour faire un pas de plus.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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