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Les médecins en font les frais

Depuis plus de 10 ans, l’Observatoire de la sécurité des praticiens de l’Ordre des médecins étudie les agressions dont ces derniers sont victimes en France.

Pour la seule année 2016, 967 fiches de déclarations d’incidents ont été rapportées, ce chiffre se compare à une moyenne de 741 déclarations, depuis la création du fichier en 2003.

Ce chiffre inclut des agressions crapuleuses qui n’ont rien à voir avec la médecine, commises au même titre que l’agression d’un commerçant, pour lui piquer la caisse de son magasin et qui représentent 19 % des faits.

Les médecins les plus touchés sont les généralistes, bien avant les spécialistes, installés souvent dans des quartiers plus huppés et dont la clientèle est triée sur le volet.

D’une manière générale, l’accès aux soins est de plus en plus difficile avec les déserts médicaux qui s’étendent aux banlieues des grandes villes, ce qui fait que la corrélation entre l’accès aux soins et la localisation de la violence n’est pas complètement fortuite.

Elle progresse dans les Bouches du Rhône et dans le Nord, dans la Loire et dans la Seine- Saint- Denis alors qu’elle et de facto absente des départements ruraux.

Heureusement, plus de la moitié des agressions sont verbales, des vols ou des tentatives de vols, comme dit plus haut et seulement 7 % sont des agressions physiques.

Les causes de ses agressions sont révélatrices du malaise qu’éprouvent les Français face au système de soins, pour près d’un tiers des faits déclarés, il s’agit de reproches relatifs à la a pris en charge.

Selon le porte-parole des médecins urgentistes, les médecins sont l’objet de revendications agressives de la population, confrontée aux difficultés d’accès aux consultations en ville.

Aujourd’hui, quand un malade appelle un établissement de soins pour avoir un rendez-vous, qu’il doit patienter au téléphone, que son rendez-vous est annulé au dernier moment et reporté de plusieurs semaines, comment peut-il être autrement ?

C’est dans ce contexte que Marisol Touraine, la ministre de la santé, a ouvert la voie à une médecine de troisième vitesse, en plafonnant la prise en charge des dépassements d’honoraires par les assurances complémentaires santé, ce qui augmentera d’autant le laissé à charge pour les patients.

Ceux qui disent qu’il vaut mieux être « jeune, riche et en bonne santé » que « vieux, pauvre et malade » ont certainement raison.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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