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Le service national d’un mois fait beaucoup de bruit

Le service militaire national, abrogé par Jacques Chirac avait mauvaise presse, depuis la guerre d’Algérie, qui avait fait des morts et des blessés parmi les appelés sous le drapeau, maintenu 27 mois et 30 mois pour certains, avec le résultat que l’on connaît, mais qui a amorcé le dénouement des situations héritées du passé, par la décolonisation.

Le service militaire qui avait été ramené à 12 mois, ce qui permettait encore à beaucoup de jeunes conscrits de prendre le « bon chemin » du savoir vivre ensemble, de savoir qu’il y a un ordre à respecter et pour certains à s’initier à un métier nouveau, utile par la suite, ou pour faire carrière dans l’armée.

Le service militaire était en tout cas un passage obligé pour les hommes, entre la fin des études, pas toujours glorieuses pour certains et la vie active, aujourd’hui de plus en plus difficile, entrecoupé de petits boulots et par des tentatives « d’argent facile ».

Abroger le service militaire était une erreur, il fallait en conserver l’encadrement et l’adapter à la vie d’aujourd’hui, en l’étendant aux jeunes filles, au nom du principe sacro-saint de l’égalité des sexes, adopté depuis.

C’est dans ce contexte qu’est née l’idée « d’un service national » de courte durée, toujours sans destination précise et surtout sans moyens, sans trop savoir s’il devra être facultatif ou obligatoire.

L’idéal serait de pouvoir créer un service de la jeunesse « nationale » qui sans être obligatoire serait un honneur pour celles et ceux qui y seraient admis, comme cela se faisait, dans un passé révolu.

L’idée du « service national » vient de faire un grand pas en avant, tout au moins dans son principe, dans la mesure où l’Assemblée nationale a voté, dans la nuit du 18 au 19 juillet, l’inscription du « service national » dans la Constitution ».

Entre-temps, ce futur service a été défini par le gouvernement comme consistant en un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, donc avant la fin des études secondaires, avec lesquelles il devra s’articuler, suivi d’un engagement sur la base du volontariat.

La loi fixera les règles concernant les obligations imposées par le service national, dont on ignore encore tout pour le moment.

Celles-ci résulteront d’un amendement des rapporteurs au projet de révision constitutionnelle, sous le contrôle de la garde des sceaux, Nicole Belloubet qui a défendu l’encrage constitutionnel nécessaire, après analyse juridique et après consultation de la jeunesse.

Maintenant, il ne reste plus qu’à faire voter la révision constitutionnelle, ainsi complétée, par le Congrès, réunis à Versailles, ce qui n’est pas gagné, à entendre des députés de l’opposition.

L’un d’eux dénonce beaucoup de flou autour du projet gouvernemental et de la « fausse monnaie » car l’inscription du service national dans la constitution sera, selon lui, sans grand effet.

Un autre juge le projet pas mûr du tout, sans savoir si ça aboutira et d’autres affirment simplement ne pas être convaincus, tout en ayant soutenu l’amendement.

Pour le moment, cela fait beaucoup de bruit pour rien.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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