Poésie

Le diptère inarticulé

Tu voles depuis toujours sur un vent aux origines récentes, l’alvéole grince, il suffit, survoles le dos du sourire de l’aigrette, ses landes stockeuses de plumes remontent les sillons irrigateurs des pacquages à bestiaux, antiparasites des surfaces à tanner, après ce vol chargé, la tête de tes ailes reprend son doux bruit, jusqu’au sommeil des vents… Flap… Flap… Sans énergie et sans montée, sans propulsion, naviguant dans l’épais des marais, comme régénérescence perpétuelle et éphémère, ignorant le vent jusqu’à la tempête de la mort banale et coutumière.

Tes antennes cliquettent vers le retour de l’onde, vent incarné après multiples courses dans les fossés du monde, désertés des royaumes vides, sans monarques que le cadastre flou des territoires mortifères, ignorent.

Les âmes mortes ont fui les landes infectées d’un reste de tout, à la recherche du vieux sas insalubre qu’une étincelle de temps immémorial a refermé, faute d’esprits. Prends-moi sur ton dos rugueux, emmènes-moi à sa porte, je saurais déjouer sa fermeture.

L’épaisseur du sommeil a fluidifié mes rêves inutiles, je sais désormais comment ouvrir la porte, grâce à toi, insecte éternel, je porte la frénésie du bruissement de tes ailes comme la clé inouïe des portes du néant. Nous sommes des nuées à chevaucher, qui une libellule, qui une abeille, qui une mante religieuse, qui une guêpe… Grâce à toi, bien que je les visse, mon regard les évite, nous voguons sur tes ailes aérées que le destin anime malgré le sort qui s’agite.

L’horizon étend son bras infini et d’un geste, balaye les cavaliers inutiles vers des contrées hostiles, un brouillard lumineux est apparu au cœur de la ligne…

Trou béant d’antimatière absorbante… La couche m’a reçu parmi moi-même, les roseaux se sont dépliés, un vent portant souffle doucement comme une lumière motrice derrière les portes cosmiques, te revoilà articulé, diptère, tu t’avances vers moi pour quelques instants, ton regard inerte me commande de t’accompagner, c’est l’envol loin des portes, très loin vers l’hyper espace, plus rien ne vit tout existe malgré tout, j’ai perdu le secret de mes articulations, mon corps flotte.

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Dominique Bar

Mon ego ne parle qu'à moi... CITATIONS FAVORITES Le destin, c’est le nom que nous donnons à la combinaison infinie et ininterrompue de milliers de causes emmêlées. Jorge Luis BORGES. À quoi reconnaît-on alors le véritable artiste? « L’artiste est son meilleur critique. S’il dialogue avec son œuvre, c’est un artiste ; s’il dialogue avec le public, c’est probablement un imposteur. ». Ernst Gombrich

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