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La France ne manque pas de médecins mais ils sont mal répartis

Les études de médecine sont financées par l’État et les étudiants en médecine se perfectionnent dans les CHU, les centres hospitaliers universitaires, en qualité d’internes ou d’externes, ce qui en fait de bons praticiens, une fois lâchés dans la nature.

Seulement, bien qu’en France, malgré le numerus clausus, le nombre de médecin par habitant se situe dans la moyenne européenne, les hôpitaux sont obligés de recruter des médecins formés à l’étranger, souvent des Français, et un nombre croissant de régions manquent de médecins libéraux, des généralistes comme des spécialistes en se transformant en déserts médicaux.

Dans la mesure où les médecins, une fois diplômés optent librement entre un statut salarial, entre hôpital, clinique, centre médical ou laboratoire médical ou le statut libéral des médecins de ville.

Dans ce dernier cas, ils s’installent en toute liberté, là où ils ont leurs habitudes où là où il y a leur intérêt, généralement financier.

En France nous avons une médecine à deux vitesses, celle du secteur 1 des praticiens qui appliquer le tarif de la Sécurité social et ceux du secteur 2, autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraire.

Il est normal que les médecins en catégorie 2, s’agglutinent là où réside une clientèle aisée et qu’ils abandonnent les zones à faible revenu aux praticiens en catégorie 1, qui ne sont pas assez nombreux pour les personnes qui y habitent, d’où les délais d’attente.

Il ne reste plus, qu’au service statistique du ministère de la solidarité et de la santé, la Drees, d’en dresser le tableau, ce qui vient d’être fait.

L’inégalité de l’accès aux soins est le principal enseignement de l’étude publiée le 8 octobre pour la première fois par la Drees.

C’est le résultat d’une enquête réalisée entre juin 2016 et mai 2017, 21 700 personnes, âgées de 20 à 71 ans ont consigné précisément pendant 3 mois dans un carnet les réponses apportées par les professionnels de santé à leurs demandes de rendez-vous.

L’étude ne permet pas de dresser une carte de France précise des délais d’attente, donc de l’accès aux soins, tout comme elle ne détaille pas à ce stade de l’exploitation des réponses, des profils des professionnels sollicités.

Elle fournit en revanche de précieux enseignements sur les délais d’attente : 50 jours en moyenne chez un cardiologue, 61 jours chez un dermatologue, 82 jours chez un ophtalmologue, mais seulement 6 jours chez un généraliste.

Ces durées moyennes cachent de fortes disparités liées à la nature de la demande, urgente ou non et au profil du territoire où elle est formulée.

Ainsi, un quart des demandes de rendez-vous en ophtalmologie sont satisfaites en 20 jours, 10 % nécessitent au moins six mois d’attente.

Cette inégalité dans l’accès aux médecins en France est le principal enseignement de l’étude, la première réalisée par la Drees, qui est le deuxième motif de renoncement aux soins.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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