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J’ai perdu ma confiance en la médecine à l’âge de 12 ans

Je viens de lire dans Le Monde du 6 octobre un article intitulé « Médecine-patients : la grande défiance », où on explique aux lecteurs qu’à cause des vaccins, scandales sanitaires et désinformation, les Français font de moins en moins confiance au corps médical et à l’industrie pharmaceutique.

Moi, j’ai perdu la confiance dans la médecine à 12 ans.

Petit garçon, les médecins étaient pour moi des demi-dieux qui avaient le pouvoir de guérir les malades.

Quand mon grand-père est décédé, on m’a expliqué que c’était normal, il était devenu vieux et moi, écolier, j’ai attrapé la rougeole, comme d’autres garçons de ma classe, vite guérie, après le passage du médecin de famille, de quoi consolider l’idée que je me faisais des pouvoirs de la médecine.

Tout a changé en 1941, alors que nous habitions en contrebas de Bellac, dans la Haute Vienne, sur les bords du Vincou.

L’une de nos deux logeuses, qui tenaient un « bistrot » au Moulin Vaugelade, des vieilles filles comme on disait, était tombée gravement malade au point de devoir garder le lit.

À l’époque, il n’y avait pas de téléphone et j’allais chercher le médecin en ville, quand elle allait mal et je prenais ses médicaments, des gouttes, chez le pharmacien, en rentant du collège le soir.

Un soir, le docteur disponible immédiatement et descendu avec moi, je l’ai guidé à travers champs pour éviter un détour par la route, car il n’avait plus d’essence pour sa voiture.

En marchant derrière moi, il parlait tout seul, en disant, « je me demande bien ce qu’elle a » alors qu’il lui prescrivait, depuis six mois, des gouttes qu’il faisait conditionner par le pharmacien, comme le voulait l’usage de l’époque.

Pour moi, c’était comme un coup de foudre, la confiance totale que j’avais dans ce médecin s’est effondré brutalement, dans l’impossibilité, à mon âge, de faire la part des choses.

Aujourd’hui, je sais tout ce que la médecine peut faire, mais ma confiance en elle, n’est jamais revenue.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , “Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend ”  en ajoutant ” à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit “

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