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Il faut rester solidaire de notre monnaie : l’EURO

euro2605La question, aujourd’hui, en 2015, n’est plus de savoir s’il aurait fallu ou pas créer l’euro, si les taux de change étaient les bons au moment du passage, s’il fallait y entrer.

C’est le passé, et une bonne fois pour toutes l’euro existe, c’est la monnaie d’une grande partie des pays européens, avec régulièrement de nouveaux entrants.

Aujourd’hui, que ce soit en France, en Allemagne, en Belgique, où dans les autres pays de la zone euro, un nombre de plus en plus important de gens n’a jamais rien connu d’autre que l’EURO, ou bien ils étaient tellement jeunes à la fin de des monnaies nationales que ça ne laisse qu’un lointain souvenir.

Effectivement, des sondages laissent entendre qu’il y aurait des poussées épidermiques de la part de granges des populations souhaitant un retour à leur ancienne monnaie.

Les politiques qui prônent la fin de l’euro et un retour à une monnaie nationale me font rigoler. J’en viens à me demander s’ils y croient ou si c’est simplement leur fond de commerce (politique).

Et puis, il y a le cas de la Grèce, que certains voudraient faire sortir de l’Euro, tel que ce qu’a répété, ce matin, M. Nicolas Dupont-Aignan sur RTL « Il faut que les Grecs sortent de l’euro pour pouvoir s’en sortir ».

C’est vrai qu’à la création de l’euro, nous avons, peut être mis la charrue avant les bœufs et qu’il aurait d’abord ou au moins en même temps était important de créer une Fédération (comme aux États-Unis) ou une Confédération (comme en Suisse) Européenne, dotée – notamment – d’une monnaie unique.

Ce n’est pas le cas, c’est comme cela, peut être que les générations futures corrigeront ce problème.

En apartés, ce n’est pas parce que la France deviendrait un L’État d’une Fédération ou d’une Confédération Européenne qu’elle perdrait ses racines. Actuellement, en France, nos régions (qui ne sont pas des pays indépendants) conservent leurs particularités (et les regroupements régionaux n’y changeront rien), leurs gastronomies, leurs langues, leurs musiques, … perdurent et heureusement. Que ce serait triste, une France où toutes régions, la Bretagne, la Normandie, La Corse, la Bourgogne, … seraient identiques, couler dans un seul moule.

En Suisse, chaque canton a véritablement ses spécificités et la Confédération helvétique ne les a pas gommés.

Mais revenons à la Grèce, si les Grecs sortent de l’euro cela n’arrangera aucuns problèmes de la zone euro, bien au contraire.

Avant tout, pour la Grèce, le fait se sortir de l’euro n’effacera pas leurs dettes. À très courts termes et pendant très peu de temps, en reprenant une monnaie nationale, il y aura une relance interne, par injection de la nouvelle devise. Mais comme un pays ne peut pas vivre sans importer, les problèmes se poseront très rapidement. Car pour importer il faut des devises convertibles, ce qui ne serait pas le cas de leur monnaie nationale.

Concernant le reste de la zone euro, ce serait la catastrophe. Car si un pays qui a des problèmes économiques sort de l’euro, cela créera immédiatement une défiance vis-à-vis de l’Euro. Montrera une absence de solidarité entre les pays de la zone euro. Et fera douter de la capacité de la Grèce à continuer à rembourser ses dettes (toujours en euros malgré sa sortie de la monnaie) sans avoir une monnaie convertible, nouvelle monnaie qui subira dévaluation sur dévaluation.

Aux États-Unis, régulièrement il arrive que des États aient des problèmes économiques, même la puissante Californie a été au bord de la faillite il y a quelque temps de cela et jamais il n’a été envisagé de la faire sortir du Dollar.

Si le reste du Monde imagine qu’un pays de la zone euro peut en sortir en cas de problèmes économiques, alors le reste du Monde ne nous prêtera plus.

Si je suis un fond souverain ou autre ayant des capacités de prêt, je ne prêterai jamais à un pays ayant une épée de Damoclès qui serait le risque de perdre sa monnaie convertible pour se retrouver avec une devise locale sans valeur internationale.

La monnaie doit être gérée de manière rigoureuse, mais il ne faut pas laisser au bord de la route l’un des membres de cette monnaie.

Comme ce serait idiot que de laisser tomber les villes, en France, qui sont en ce moment en quasi-failite : de leur dire « vous êtes en faillite, vous sortez de France, on ne vous aidera pas ! ». Cela n’aurait aucun sens et on n’y pense même pas. Pourtant, peut-être que certaines villes ont mal géré leurs dépenses et leurs recettes (ce que l’on reproche à la Grèce).

Une fois encore, il faut arrêter de tergiverser pour savoir s’il fallait ou pas créer l’Euro, c’est du passé.

Aujourd’hui l’Euro existe, point à la ligne, c’est un fait, c’est comme cela. Probablement, qu’un jour nous passerons à autre chose. La France n’a pas connu le Franc depuis la nuit des temps, il y a eu de nombreuses devises avant.

Par le passé, tout été simple, la valeur d’une monnaie était basée sur quelque chose de précieux généralement l’OR. C’était le temps de l’Étalon OR.

Mais au fil du temps, des crises, de l’expansion de nos économies mondiales, l’étalon OR ne fut plus adapté.

On est passé à un étalon intermédiaire, le « Gold exchange Standard », le dollar est convertible en OR et les autres devises convertibles le sont en Dollar.

Aujourd’hui, nos devises n’ont de valeur que par la confiance que l’on a en elle, c’est le cas du Dollar américain, de la Livre Sterling, du Yen, … et bien entendu de l’Euro.

Concernant la Grèce, tant que les créanciers peuvent avoir confiance (d’ailleurs confiance c’est la racine du mot créance), tout va bien. Les dettes restent inscrites dans leurs livres de comptes.

Mais, s’il y a une perte de confiance, alors les créanciers doivent déprécier les dettes et c’est une perte sèche.

Alors, M. Dupont-Aignan et les autres anti-europe, anti-euro, arrêtez ses coups de butoirs, bien qu’ils ne servent à rien, ils pourraient peut-être, un jour créer un début de suspicions et là nous pourrions frôler la catastrophe économique avec une perte de confiance du reste du Monde vis-à-vis de l’Europe et de notre monnaie !

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel. En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles. Tout en restant consultant (si vous avez besoin d’un regard extérieur sur un projet, un problème, un questionnement, un audit ou tout autre,…), il y a une dizaine d’années j’ai découvert l’écriture … journalistique (avec https://notre-siecle.com et https://www.riskassur-hebdo.com). Ces 2 sites ont une fréquentation sérieuses (en nombre et en qualité), cela peut être intéressant à utiliser pour du référencement naturel (SEO). N’éhsitez pas à me contacter pour en savoir pour en parler.

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