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Le financement de la dépendance est tombé dans les oubliettes du pouvoir

La dépendance des personnes âgées reste un défi médical et social lié à son financement, qui n’est toujours pas réglé.

Nicolas Sarkozy, une fois à la tête de la République, a évoqué la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, dédiée à la dépendance, mais il n’a pas pu, faute de moyens financiers mettre ce projet à exécution, qui de renvoi en renvoi a donné lieu à quelques mesures palliatives, comme les soins du même nom.

On ne peut pas reprocher à Pierre Laroque, créateur de la Sécurité sociale, de ne pas y avoir pensé car, à l’époque, l’espérance de vie était trop courte pour laisser aux personnes âgées le temps pour devenir dépendantes, elles étaient mortes avant.

Aujourd’hui, le nombre de personnes qui ont besoin d’une aide pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie, manger, s’habiller, se déplacer et dont l’état nécessite une surveillance régulière, ne fait que croître.

À l’époque où plusieurs générations vivaient sous le même toit, leur prise en charge relevait tout naturellement de la solidarité familiale, à laquelle doits se substituer, dans le monde dans lequel nous vivons, la solidarité collective et c’est ici que l’on s’aperçoit que l’on n’y arrive pas.

La solidarité collective qui s’exerce par le biais de l’Allocation personnalité d’autonomie, l’APA, créé en 2002, cofinancée par les départements et l’État, permet de financer une partie des dépenses liées à la perte d’autonomie est nettement insuffisante, face aux besoins de ceux qui en bénéficient.

En 2011, lors du lancement d’un débat national relatif à l’amélioration du sort des personnes dépendante, le chef de l’État de l’époque a mis en avant comme axes de réflexion, tout ce qui dégage la responsabilité directe de l’État :

  • Le maintien des personnes âgées dépendantes le plus longtemps possible dans leur environnement familial ;
  • La responsabilisation des proches ;
  • Le recours aux assurances privées pour le financement.

Pour aboutir à un schéma reposant sur l’articulation de la solidarité nationale et la prévoyance individuelle, en rendant obligatoire, la souscription d’une assurance perte d’autonomie dès l’âge de 50 ans, alors que d’autres propositions misent sur un financement public.

Aujourd’hui, on est dans l’impasse, les plus chanceux qui vivent dans des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les EHPAD, n’y bénéficient pas, faute de moyens, des soins indispensables, alors que les « oubliés » du système subsistent comme ils peuvent.

Cette situation qui ne devrait pas échapper à ceux qui nous gouvernent n’est pas digne de notre pays.

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À propos Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , “Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend ”  en ajoutant ” à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit “

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