Çà sent le sapin
Le vieux clown triste d’Outre Atlantique veut faire dans les honneurs son dernier tour de piste. Sentant ses artères ne plus pouvoir irriguer un cerveau, un corps en folie, il veut marquer l’histoire de son empreinte au pétrole noir.
Il ne vit plus pour l’avenir. Il vit dans ses souvenirs où l’argent facile coulait à flots. Mais, il y a tant de monde désireux de recevoir ce qu’ils considèrent comme leur dû que la concurrence fait rage. Et tant pis si après lui, c’est le naufrage.
Ce n’est pas important. Ce qui l’est, c’est sa dernière possibilité de faire illusion. Faire croire qu’il est un grand homme. Graver les pierres de l’histoire de son nom s’il en a encore le temps.
Alors, il fait croire avec son baratin qu’il fait bien. Il fait croire que là où il est passé, la paix est installé. Tout le reste, les balles qui sifflent, les bombes qui taguent les cités, tuent les vieillards, les enfants, les adultes, n’est que le fruit d’une imagination de tordus qui en plus se veulent expert en leur matière.
Le bateau prend-t’-il l’eau ? Faux problème dans la mesure où il peut monter au plus haut sans se noyer. Il restera à sa garde rapprochée de rejeter à bâbord ou tribord, les insolents voulant sauver leur peau.
D’autant plus que leur peau n’est pas d’une blancheur cristalline, seule qui vaille de tous les temps. L’Homme, pas ce petit minuscule, quand il est devenu grand, a toujours utiliser l’ensemble de ses membres pour vivre, vivre le mieux possible.
Mais, le clown triste n’en a cure. Il sait, lui, que seul lui-même vaut la peine de vivre.
Alors, il décide de sa baguette faussement magique d’écarter ceux qui le gênent. Il veut s’entendre avec deux autres pour tenir le monde à sa botte. Il ne sait pas que trois jambes ne servent à rien pour marcher…
