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Une entreprise peut-elle s’installer là où elle n’est pas désirée ?

entrepot1902En parcourant la presse, papier et sur internet, j’ai constaté qu’il y avait régulièrement des problèmes, avec la population locale, lors de l’implantation d’une nouvelle usine ou d’un entrepôt.

Je ne veux pas parler de la petite entreprise qui s’agrandit, mais de grandes entreprises nationales ou multinationales qui désirent avoir une implantation de plus.

Pour s’implanter, l’entreprise doit obtenir un permis de construire et pour cela toute une procédure doit être respecter, notamment par la consultation des riverains au projet.

Mais, il est semble-t-il des cas, tout en respectant les procédures, où les élus locaux font tout pour éviter que la population puisse réagir, en communiquant à minima et mettant les riverains devant le fait accompli, une fois le dossier constitué par l’entreprise, validé par l’administration. Donc, une fois que l’entreprise a son permis de construire.

Je me suis demandé si c’était une bonne approche.

Imaginons, dans une région de France, un village dans une zone agricole, où un permis de construire a été attribué à une entreprise pour implanter un grand site de stockage de produits potentiellement dangereux.

Imaginons, que tout ait été fait par les élus locaux de telle sorte que la communication se fasse à minima et que le dossier soit totalement bouclé, sans permettre à qui que ce soit de réagir, faute – non pas d’une absence de communication mais d’une communication suffisamment « camouflée » pour qu’elle passe inaperçue. Permettant à l’entreprise, légalement, de s’installer.

Imaginons, que la population locale ayant réellement connaissance du dossier, mais hors délais légaux (une fois un permis de construire délivré, le délai pour le contester est de 2 mois) proteste et cherche par tous les moyens que cette entreprise ne s’implante pas :
– voie légale par l’entreprise d’un avocat,
– pétitions,
– alerte de la presse locale,
-…

Si j’étais le Dirigeant de l’entreprise, j’aurais forcément connaissance de cette opposition et je m’en inquiéterai, voulant savoir pourquoi les riverains réagissent après coup.

Apprenant le fin mot de l’histoire (communication occultée), comment peut réagir le Dirigeant ?

Bien entendu, il peut organiser des réunions de communications avec les riverains, mais dans la mesure où le permis de construire a été obtenu en respectant « la loi », ces réunions seraient de peu d’intérêt.

Effectivement, communiquer vers la population locale avant l’obtention du permis de construire a un sens, les questions, les inquiétudes, les demandes,… des riverains va conduire l’entreprise à en tenir compte et faire évoluer son projet.

Dans une situation comme celle-ci, si j’étais le dirigeant j’aurai 2 options.

La première option, je déchire le permis de construire, j’y renonce et je recommence à zéro, mais en communiquant avec la population locale. Pour monter avec eux, un projet acceptable.

La seconde option, dans la mesure où la population locale a appris l’existence du projet et de sa transformation en « futur réalisation » sans avoir été véritablement consulté et où elle s’oppose à la construction. La situation est très difficile à calmer. Alors si je suis le dirigeant de l’entreprise, je renonce à cette implantation.

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À propos Olivier Kauf

Je me rends compte que j’arrive très facilement à parler de n’importe quel sujet, la page blanche ne me fait pas peur. L’écriture est quelque chose de passionnant, une fois le sujet trouvé et délimité, je laisse courir mes doigts sur le clavier et les idées s’enchaînent, mais parler de moi c’est difficile. Depuis plus de 30 ans, j’ai toujours été indépendant. Ainsi, au fil des décennies, j’ai rempli de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement de logiciel), coaching de groupe et individuel. Puis, au début des années 1990, sans laisser tomber mes missions de conseil, j’ai participé à la conception et à l’animation du magazine professionnel RiskAssur (site du magazine : https ://www.riskAssur-hebdo.com). Je suis au sein de RiskAssur à la fois Directeur de la Publication et en charge du développement. Enfin, depuis le début de 2015, je suis le Rédacteur en Chef de Notre-Siècle (http ://notre-siecle.com), le site sur lequel vous vous trouvez actuellement.

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