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Primaire à gauche et si François Hollande était derrière cela

echec2206Sur le moment, lorsque le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé l’organisation d’une primaire pour désigner le candidat de gauche, j’ai pensé que c’était un coup pendable qu’il faisait à François Hollande.

Normalement, dans tous les pays démocratiques ou les partis organisent des élections primaires pour désigner le candidat du parti, si le président en fonction issu du parti en question décide de se représenter, il n’y a pas de primaire. Il est le candidat naturel.

Aux États-Unis, où les primaires Démocrate et Républicaine sont une institution, sans remonter à la nuit des temps, lorsque Barack Obama a décidé de briguer un second mandant, il n’y a pas eu de primaire Démocrate. Et la question ne s’est pas posée.

On peut trouver bizarre, qu’en France, on puisse organiser une élection primaire au PS, où l’un des candidats serait le président de la République en fonction.

Et puis, en réfléchissant, je me suis demandé si François Hollande n’était pas derrière tout cela.

Un homme politique n’est jamais mis hors-jeu, il peut être au plus bas dans les sondages et comme le Phoenix, renaître de ses cendres.

Aujourd’hui, François Hollande est très bas dans les sondages, contesté dans son propre camp. S’il se présente comme candidat naturel, il est évident que de nombreux candidats sous de multiples étiquettes de gauche vont se présenter contre lui.

Avec un résultat que nous avons déjà vécu en 2002.

Normalement, en 2002, rien ne devait barrer la route à Lionel Jospin pour atteindre le second tour pour se retrouver face Jacques Chirac et probablement gagner.

Mais des candidats, sous étiquette de gauche, comme Christiane Taubira ou Jean-Pierre Chevènement, ont privé Lionel Jospin d’un certain nombre de voix et permis à Jean-Marie Le Pen d’être au second tour.

Or, aujourd’hui, si le PS n’organise pas de primaires, nous risquons de vivre un remake de 2002, en retrouvant au second tour le candidat de droite (Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, on verra lequel sera désigné par la primaire, les autres candidats n’étant que des seconds couteaux) face à – j’hésite. Il y a quelques semaines j’aurai dit face à Marine Le Pen, mais elle tasse, elle passe de mode, elle se banalise. Aujourd’hui, je dirais face à Marine Le Pen ou bien à Jean-Luc Mélenchon. C’est un effet de balancier, l’électorat contestataire oscille entre les 2 extrêmes.

Avec l’élection, naturellement du candidat de droite, une chèvre de droite ferait l’affaire face aux candidats des 2 extrêmes.

Mais, revenons à François Hollande et à la primaire PS.

Avec cette organisation, il va éviter les candidats multiples de gauches (des secondes lames, comme Montebourg,…), émiettant l’électorat au premier tour.

Ils seront forcés de passer par la primaire et ne pourront pas se présenter en candidat libre.

Et c’est la question, qui peut battre Hollande à la primaire. Je n’en vois que 2 mais, ils ne se présenteront pas à cette primaire.

Jean-Luc Mélenchon : mais, il est trop à gauche pour se compromettre avec le PS.

Ségolène Royal : mais, elle ne fera pas cela au père de ses enfants, c’est une affaire de famille.

Ensuite, les autres candidats sont soit des seconds couteaux, soit même pas, de simple illustre inconnu.

François Hollande, même bas dans les sondages bénéficie de l’image du président de la République, en plus il est tellement bas dans les sondages qu’il ne peut que remonter d’ici la primaire au début de 2017.

Jean-Christophe Cambadélis n’a pas lancé cette idée de la primaire socialiste tout seul, je suis certains que c’est une décision commune avec François Hollande pour éliminer les candidats multiples de gauche.

L’idée de base, pour un parti politique, est d’être au pouvoir, et Jean-Christophe Cambadélis avec la primaire socialiste pose les conditions permettant à son parti de rester au pouvoir.

En fin de compte, François Hollande est très malin et il n’est pas impossible qu’il signe un nouveau bail de 5 ans à l’Élysée.

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel.

En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles.

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