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Mon boulanger

J’ai, il y a déjà quelques temps, quitté une ancienne demeure pour résider dans l’actuelle. Je ne vais pas vous en faire l’étalage, elle ne peut qu’être belle et tutti quanti, sinon nous ne l’aurions pas choisi, mon épouse et moi.

Mais, il me souvient qu’un des faits marquant de notre décision était la présence d’un boulanger juste en face.

Pas un pâté de maisons, non, juste le trottoir à traverser : à nous les viennoiseries tôt le matin !!!

À peine débarqué, épuisé par l’emménagement qui a suivi un déménagement de l’ancien, le lendemain, nous faisons réalité de notre envie.

Patatras, pas de panier douceur et les croissants du matin avaient tout bonnement l’air d’avoir suivi nos repérages avant notre achat.

Pour le pain, j’ai une exigence, qu’il soit bien cuit, croustillant à l’extérieur et moelleux dedans.

La préposée à la clientèle qui se trouve également être la patronne de cette impasse me dit qu’elle n’est pas là pour cela, qu’est-ce qui prouve que l’article à peine cuit ne lui restera pas sur les bras, et de toute façon, c’est sûr, décidé : nous partirons en Bretagne besogner notre farine au levant.

Du moins, dès que monsieur la boulange en aura décidé ainsi, mais jusqu’à maintenant il fait de la résistance et nous avons tant attendu son bon vouloir que notre ancien fournisseur était ravi de nous recevoir sourire carnassier aux lèvres.

Mais, c’est un fait, tout change, se modifie et parfois se bonifie.

 Aussi, c’est sur le bas de la porte que nous accueillons les prétendants.

Le premier est parti vite fait rouspétant qu’il était impossible de faire des affaires dans ce coin.

Le deuxième, considérant que cette vitrine était un peu sa danseuse – son principal était à quelques kilomètres de là et lui suffisait largement à s’entretenir – certes faisait du bon pain, toujours cela de gagné, mais quand il en avait le temps et prétendait ramener ses pâtisseries d’au diable vau vert.

Il est parti, bien lui en a pris d’autant plus qu’il avait choisi de fermer les samedi et dimanche.

Et depuis, c’est un malin qui a repris nous permettant de satisfaire nos désirs selon nos besoins sans se soucier du voisin.

C’est dire notre satisfaction de l’élection passée, puisqu’il est de nature magrébine et que nous avions peur que ne soit rejouée dans la réalité le sketch d’un immense comique disparu il y a longtemps.

Et, si je vous dis qu’en plus de bonnes pâtisseries traditionnelles, il, ou plutôt elle car il s’agit d’une charmante aimable jeune femme, nous avantage de gâteries orientales, vous comprendrez notre largesse d’ouverture à l’internationale.

Malheureusement, face à la concurrence, ma boulangère est fermée le dimanche dans l’attente d’un libéralisme de bon aloi…

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À propos Jean-Claude Barousse

Photographe autodidacte, sans renier son passé “argentique” il a immédiatement pris le “virage numérique” et s’exprime principalement au travers ses images de paysages naturels et urbains. Il publie des articles et tutos dans des revues photographiques notamment les éditions Oracom et pour le compte de RiskAssur. Réalise des chroniques dans un site forum “Photophiles.com” et aide les membres de son forum “PhotoClub” à progresser dans leur pratique photographique. A la demande, il expose ses photographies originales individuellement ou lors de manifestations collectives et donne des cours sur les prise de vue et le développement numérique. Est membre de diverses association d’artistes picturaux”

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