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Les limites de la démocratie

Je suis pour la liberté, liberté, d’expression, d’agir mais dans la limite qu’avait imaginée Voltaire « la liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres ».

Je suis profondément pour la démocratie, pour confier les rênes de notre pays à des gens élus au suffrage universel direct, pour une durée limitée dans le temps, 5 années pour le président de la République, c’est suffisant.

D’ailleurs, le suffrage indirect a montré ses limites aux États-Unis, où le 45ème président, Donald Trump, a bien la majorité des grands électeurs, mais pas la majorité des suffrages exprimés.

Seulement, l’élection démocratique ne peut fonctionner que si on vote pour des idées, de manière positive. Or, ce n’est plus le cas depuis longtemps.

Je crois que la dernière élection présidentielle où nous avons voté pour des idées, c’est en 2007, lorsque Nicolas Sarkozy a gagné face à Ségolène Royal. C’était véritablement, dans l’entre 2 tours, un combat d’idées, les Français ont globalement voté pour l’un ou l’autre des candidats mais pas contre l’un ou l’autre. Et, Nicolas Sarkozy a gagné, de manière loyale.

Pour l’élection suivante, en 2012, il y a eu une vague anti-Sarkozy, il s’est retrouvé au second tour simplement parce que les autres candidats étaient trop loin derrière. Puis, globalement, au second tour, ce n’est pas un vote pour François Hollande qui l’a amené à l’Élysée, mais un votre contre Nicolas Sarkozy.

D’ailleurs, François Hollande a plongé dans les sondages très rapidement.

Aujourd’hui, la situation pour la présidentielle est catastrophique. Si on retire les électeurs qui votent pour tel parti ou candidat, sans se laisser influencer par rien, ils ne représentent pas la majorité des électeurs. Les autres, la masse du corps électoral est forcément dans le flou le plus total et ce sont eux qui pèseront et enverront à l’Élysée tel candidat plutôt que tel autre !

Depuis une quinzaine de jours, on entend plus parler de programmes politiques mais « d’affaires ».

Bien entendu, en premier lieu l’affaire Fillon et c’est presque 1 million d’euros de rémunération pour sa femme et ses enfants, mais c’est également, Marine Le Pen et les environ 300 000 euros que Bruxelles lui reproche d’avoir versé une assistante parlementaire (qui aurait travaillé pour le FN plutôt que pour l’Assemblée européenne), c’est également Emmanuel Macron (qui aurait organisé des festivités du temps où il était Ministre au frais du Ministère pour lancer son parti politique et on parle depuis peu de sa vie privée !)

Nul doute, que l’on apprendra des choses, d’ici peu, concernant Benoît Hamon, ou Jean-Luc Mélenchon et ainsi de suite.

Tout ceci perturbe le discours électoral, le fond, or c’est sur le fond – sur un choix de programme que l’on devrait voter.

Dans ces conditions les électeurs, ne votent plus pour un programme politique, mais en fonction de réactions épidermiques.

Je crois que le problème est que le 23 avril, lors du premier tour, puis le 7 mai pour le second tour, un pourcentage non négligeable de Français risque mettre un bulletin dans l’urne, non pas pour le candidat portant le programme qu’ils jugent le meilleur pour la France, mais en fonction de la réaction épidermique de l’instant.

Actuellement, c’est François Fillon qui est hors-jeu, mais tout peut changer par d’autres révélations touchant un autre candidat, qui deviendra encore moins fréquentable que Fillon et ainsi de suite !

Et nous allons nous retrouver à l’Élysée avec le candidat qui n’aura pas – au dernier moment – provoqué une réaction épidermique le mettant hors-jeu. Notre prochain président sera le « moins pire » juste avant d’aller voter.

D’accord, Vox Populi, vox Dei, mais nous aurons un vote sur la forme et mais pas sur le fond.

La Démocratie atteint ses limites, pourtant c’est la seule solution pour circonscrire les risques qu’un dictateur prenne le pouvoir en France.

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À propos Olivier Kauf

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