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Le joueur d’échecs, le monument de Stefan Zweig

Le livre s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en France

Cette semaine, c’est un monument de la littérature que je vais vous présenter dans notre rubrique bibliothèque. Il s’agit d’une nouvelle de l’éminent Stefan Zweig, « Le Joueur d’échecs ».

Avant de, je l’espère, vous convaincre d’entamer la lecture de cette œuvre incroyable et pourtant pas si longue, un petit rappel sur la personne de son auteur s’impose.

Né durant l’automne 1881 à Vienne, Stefan est né dans une famille juive qui a tout de suite souhaité rompre avec la tradition en n’allant pas à la synagogue ou en ne parlant pas le yiddish. Élevé dans la pure tradition bourgeoise de l’époque, il subit des enseignements sévères pour lui bâtir une culture d’exception notamment dans les domaines de la philosophie et de la littérature.

Une fois ses études finies, il part très vite en voyage à la découverte du monde : Europe, Inde, USA ou Canada sont au programme. Ils commencent à faire d’innombrables rencontres (Sigmund Freud, Richard Strauss…) et se lancent dans une carrière littéraire assez vite. Malgré de nombreux succès, sa condition d’homme juif pendant les quelques années précédant la Seconde Guerre mondiale l’obligera à fuir son pays natal pour se réfugier tout d’abord à Londres et enfin au Brésil. C’est dans ce contexte qu’il écrit l’un de ses plus grands succès, « Le Joueur d’échecs ».

Les échecs, simple prétexte pour dénoncer certaines dérives

Lorsque l’on s’intéresse aux liens entre jeux intellectuels et livres, c’est souvent les guides de stratégies qui intéressent la majorité des lecteurs. Mais avec ce livre, Stefan Zweig a réussi à réconcilier les pratiquants des échecs avec les amateurs des meilleures fictions littéraires.

L’histoire est simple : durant un voyage reliant New York à Buenos Aires en bateau, un champion du monde d’échecs montre tout son talent contre une armée de néophytes. Jusqu’au moment où un Autrichien (Monsieur B) qui n’a jamais pratiqué ce jeu en dehors de sa tête, réussit à faire match nul contre le champion.

C’est au travers d’une histoire dans l’histoire que réside l’intérêt de cette œuvre. En effet, plus que le présent qui voit les affrontements entre les deux joueurs, c’est le passé traumatisant de Monsieur B qui va nous tenir en haleine et nous faire comprendre les dérives du régime nazi.

Il faut comprendre que nous sommes encore en temps de guerre lors de la sortie du livre (1943) et qu’à cette époque tout le monde n’est pas au courant de ce qui se passe vraiment en Allemagne pour les opposants au régime. La sortie du livre est d’ailleurs à titre posthume, l’écrivain meurt quelques mois auparavant dans des conditions qui laissent pantois ses contemporains.

Une postérité immense pour ce classique de la littérature

Le « Joueur d’échecs » s’adresse aussi bien aux néophytes qu’aux lecteurs aguerris

Si ce livre est devenu un best-seller, c’est tout autant pour la qualité de son intrigue que pour le format choisi, la mise en abyme. Ce procédé littéraire utilisé dans d’autres livres comme « Don Quichotte » de Cervantes, « L’être et le néant » de Jean-Paul Sartre ou plus récemment « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon, consiste à insérer dans le récit principal une œuvre qui reprend des caractéristiques identiques à sa grande sœur.

Mais ce qui m’a plu, c’est clairement cet attachement viscéral à la destinée de l’antihéros, que l’on souhaite forcément voir se soustraire de ses démons. J’en gardais un excellent souvenir de lecture lors des mon parcours scolaire, et cette seconde fois fut tout aussi jouissive. Pour ceux dont la lecture d’un livre peut rebuter, sachez que celui-ci est assez court (un peu plus d’une centaine de pages), et il est d’une fluidité extraordinaire pour les néophytes.

L’auteur qui a d’ailleurs d’autres best-sellers à son actif comme « Vingt-quatre heures de la vie d’une femme » fait toujours partie des meilleurs vendeurs plus de 70 ans après sa mort. Il vend d’ailleurs un nombre incroyable de romans chaque année en France, « Le Joueur d’échecs » ayant dépassé à lui seul la barre du million de ventes pour son édition de poche. La postérité de l’auteur viennois est assurée pour l’éternité, et ce n’est pas pour nous déplaire.

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