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La 2ème guerre mondiale vue par un enfant

souvenir0705Le 8 mai demain, marque la fin de la deuxième guerre mondiale. De nombreuses commémorations sont organisées depuis plusieurs jours. C’est une période de l’histoire dont nous avons tous entendu parlé.

Mais, aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous faire découvrir un livre pas comme les autres.

La seconde guerre mondiale n’est pas seulement peuplée de grands événements, c’est aussi un vécu au jour le jour par des millions personnes.

Le livre que je veux vous présenter est ce temps de la guerre, mais vue par un enfant Juif durant la période 1938 à 1942, qui a fui à l’âge de 9 ans avec ses parents, Vienne (en Autriche) pour se retrouver en France.

Je vous propose, dans les lignes qui suivent de découvrir les premières pages de ce recueil.

Témoignage d’un enfant 1938 / 1942 (par Erik Kauf)

Chapitre I
VIENNE
MARS / SEPTEMBRE 1938

Plantons le décor

Moi, petit juif viennois, j’étais destiné à passer à travers la tourmente avec mes plus proches, mon père et ma mère.

Je dis viennois et non autrichien parce que je ne connaissais de l’Autriche que la capitale.

Je dis petit juif parce que nous faisions partie de la petite bourgeoisie. Mon grand-père maternel, dont nous avions repris l’appartement et le magasin, y avait exercé le métier de « Maître-Tailleur » pendant cinquante ans.

Il parlait avec fierté de son certificat de métier qui portait le numéro deux.

Nous habitions un immeuble fort ancien, Darwingasse entre Prater et Augarten, un quartier de fonctionnaires, d’employés et de petits commerçants. Mon père était commerçant. Il vendait aux charcutiers des boyaux de mouton importés du Liban ou de la Syrie.

Nous vivions simplement, comme nos voisins, sans bonne, sans voiture…, mais mon père avait fait installer le téléphone pour son commerce.

L’été, nous louions pour la saison, avec la soeur de ma mère et son mari, une cabine au bain municipal, sur un bras mort du Danube, le Gaenseheufel.

Je m’y rendais par beau temps tous les jours de l’été, le plus souvent avec ma tante et mon oncle. Nous emportions le repas de midi dans des bouteilles Thermos très fragiles et qui se cassaient parfois en route.

Nous faisions généralement un seul trajet par le tram et l’autre à pied.

L’été 1938, l’accès du Gaenseheufel fut interdit aux juifs, comme bien d’autres lieux.

Dans ma classe, nous devions être cinq ou six juifs sur environ trente élèves. Le décompte était facile à faire puisque nous étions séparés pour l’enseignement religieux.

Toute la classe devait se lever avec le même respect pour saluer le curé, le rabbin et le pasteur. Un jour, l’école a reçu la visite du Cardinal.

Mes deux meilleurs amis, Otto et Peter avaient des pères juifs et des mères chrétiennes, qui veillaient chacune, plus que la mienne, au respect des rites juifs. Ce sont eux qui m’entraînaient l’office à la Synagogue.

Mon grand-père maternel qui vécut chez nous jusqu’à sa mort, en 1937, était très pratiquant. Il se levait tôt le matin pour faire ses prières.

Pour ne pas l’offenser, ma mère me faisait confectionner les sandwiches au jambon du goûter par le charcutier voisin.

Je me retrouvais souvent avec Otto et Peter dans le jardin derrière notre immeuble. L’image que j’en avais gardée était celle d’un petit parc planté d’arbres et d’arbustes.

J’ai retrouvé ma maison sans la moindre difficulté il y a quelques années, lors d’un voyage à Vienne. Quelle ne fut pas ma stupeur de découvrir le petit parc de mon enfance sous forme d’une courette minuscule de dix mètres de large.

Par contre, j’ai conservé intacte dans ma mémoire la topographie ma classe, les monuments historiques de la cité.

Il est temps d’en venir aux faits . . .

Avant l’Anschluss

Né en Février 1929, j’avais neuf ans lorsque tout commença.

Je n’avais rien retenu des événements qui s’étaient produits auparavant, depuis 1934, et dont ce qui se préparait était le couronnement.

Par contre, en mars 1938, j’étais attentif à ce qui se passait.

D’abord, je vis apparaître de nombreux drapeaux rouge-blanc-rouge qui étaient les couleurs autrichiennes, tout en long. Des gens jetaient des tracts sur la chaussée. Il y avait partout des affiches et des inscriptions à la peinture sur la chaussée et sur les murs.

La radio, que l’on n’écoutait habituellement que le soir, diffusait des marches militaires et des discours.

En lisant les affiches et les tracts, je savais qu’il se préparait une consultation populaire, sans en comprendre le sens.

J’avais également en tête des notes qui revenaient sans cesse : Schuschnigg, Dollfuss, Mussolini, Führer et d’autres encore.

Enfin, j’ai gardé en mémoire un slogan qui rimait bien :

Rouge-blanc-rouge jusqu’à la mort (rot = rouge et tot = mort)

A la maison, rien de notable. Rien ne se (lisait devant moi. D’ailleurs, il en avait toujours été ainsi. Je n’étais pas anxieux rimés surtout curieux.

L’Anschluss

Un matin en me réveillant, je vis nies parents chuchoter devant la fenêtre.

Dehors, j’aperçus des hommes en uniforme brun avec des brassards rouges. Mes parents dirent : « Ce sont des SA ». Les Allemands étaient arrivés.

C’était le matin du 18 mars. L’aspect de la ville avait changé. Les drapeaux rouge-blanc-rouge avaient été remplacés par des drapeaux rouges avec une croix au centre, la croix gammée.

Des hommes en uniforme brun ou noir étaient dans la rue.

Notre maison était située dans une rue paisible, à quelques dizaines de mètres d’une artère importante, Taborstrasse, où passait le tram.

Tout se préparait là.

Des camions déversèrent un important matériel de décor, mâts, drapeaux, bannières. On éleva des bâtis énormes recouverts de drapeaux. Le défilé officiel du Führer devait passer là.

Ses photos apparurent rapidement dans les vitrines des magasins, alors que d’autres montraient l’étoile de David tracée à la peinture.

Il y avait aussi des convois militaires, des motos avec side-cars, des camions remplis de soldats casqués mais je ne vis pas de chars.

On aurait dit la mise en place d’un décor de théâtre.

Puis, le lendemain passa le cortège attendu. Nous étions restés à la maison car entre temps, la « populace », comme disait mon père, s’était déjà pris aux juifs.

J’entendis seulement au loin les cris scandés « Hei! Hitler-Heil-Heil », d’une énorme foule. Le lendemain, tout avait disparu. La fête était finie.

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À propos Olivier Kauf

Toujours indépendant, depuis plus de 30 ans, j’ai la chance d’avoir pu remplir de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement), coaching de groupe et individuel. En intervenant au sein d’entreprises, principalement, des secteurs de l’assurance, de la finance ou encore de cabinets d’actuariat, de conseil en rémunération, d’avocats qui m’ont permis de développer mes compétences professionnelles. Tout en restant consultant (si vous avez besoin d’un regard extérieur sur un projet, un problème, un questionnement, un audit ou tout autre,…), il y a une dizaine d’années j’ai découvert l’écriture … journalistique (avec https://notre-siecle.com et https://www.riskassur-hebdo.com). Ces 2 sites ont une fréquentation sérieuses (en nombre et en qualité), cela peut être intéressant à utiliser pour du référencement naturel (SEO). N’éhsitez pas à me contacter pour en savoir pour en parler.

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