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2ème tour de la primaire Les Républicains : encore une élection négative

triste2411Le problème de la France est que nous avons la mauvaise habitude de ne pas voter pour quelqu’un, mais contre quelqu’un.

Le cas d’école fut le second tour de la présidentielle de 2002 (Chirac / Le Pen), où les Français ont voté massivement contre Jean-Marie Le Pen, permettant à Jacques Chirac d’être élu avec plus de 82 % des suffrages. Là, rien à dire, c’était un sursaut républicain pour préserver notre démocratie.

Dans toutes les autres élections, c’est sans risques pour nos libertés et notre mode de vie et pourtant c’est généralement un votre contre plutôt que pour.

Prenons le premier tour des primaires de Les Républicains, que s’est-il passé ?

Il y a eu massivement un vote contre Nicolas Sarkozy, c’était prévisible et flagrant sur les réseaux sociaux. Mais, il y a eu également un mouvement contre Alain Juppé.

Résultat, il fallait un 3ème homme. Dans les semaines précédant le 1er tour, on aurait pu imaginer que c’était Bruno Le Maire, mais brutalement l’opinion s’en est détournée et à pousser comme 3ème homme François Fillon.

Résultat, la poussée a été tellement forte que François Fillon est passé devant tout le monde avec plus de 40 % des suffrages.

Et le mouvement anti-Sarkozy a gagné, reléguant l’ancien président de la République à la 3ème place.

Mais, que François Fillon ne se fasse pas d’illusion, les Français n’ont pas voté pour lui, mais contre les 2 autres.

C’est une élection négative.

Que va-t-il se passer pour le 2ème des primaires ?

Le problème est que la campagne politique pour ce second tour, n’est pas une campagne d’idées mais une campagne de dénigrement. Au même niveau que ce soit François Fillon ou Alain Juppé, ils passent leur temps à s’insulter, directement ou au travers de leurs supporters.

Depuis le début de la semaine ce n’est pas une campagne sur des idées, objectif de faire passer le message « voter pour moi », mais le message « voter contre l’autre ». Vous allez me dire ça revient au même, pas tout à fait.

Les Français ne vont pas aller voter pour le candidat qu’ils veulent, mais contre l’autre, pour celui qu’il déteste le moins.

Les Français n’aiment pas François Fillon, il manque de charisme, il est triste à mourir (il me fait penser au majordome dans Adam’s Family), ils n’aiment pas non plus Alain Juppé, trop rigide, beaucoup se souviennent de la grève fin 1995 lorsqu’il était Premier ministre de Chirac (il est resté droit dans ses bottes, conduisant plus tard à la dissolution de la chambre et à la cohabitation).

Par ailleurs, je suis persuadé que les 14 points d’écart de Fillon par rapport à Juppé, ne sont que le feu de paille anti-Sarkozy et en partie anti-Juppé, qui risque de faire pschitt Dimanche prochain.

Que va-t-il se passer Dimanche ?

Mystère et boule de gomme, comme on le disait dans le passé.

On ne connaît pas le corps électoral et donc quel mouvement « anti » va gagner, anti-Fillon (et c’est Juppé qui gagne) ou anti-Juppé (et c’est Fillon qui gagne).

Dans tous les cas, le gagnant de Dimanche, ne sera le candidat que les Français (qui se seront déplacés pour voter) préfèrent, mais celui qu’ils détestent le moins.

Ce n’est pas glorieux tout cela.

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À propos Olivier Kauf

Je me rends compte que j’arrive très facilement à parler de n’importe quel sujet, la page blanche ne me fait pas peur. L’écriture est quelque chose de passionnant, une fois le sujet trouvé et délimité, je laisse courir mes doigts sur le clavier et les idées s’enchaînent, mais parler de moi c’est difficile. Depuis plus de 30 ans, j’ai toujours été indépendant. Ainsi, au fil des décennies, j’ai rempli de nombreuses missions : enseignement, conseil stratégique, gestion de crises, organisation, conseil en organisation informatique (et développement de logiciel), coaching de groupe et individuel. Puis, au début des années 1990, sans laisser tomber mes missions de conseil, j’ai participé à la conception et à l’animation du magazine professionnel RiskAssur (site du magazine : https ://www.riskAssur-hebdo.com). Je suis au sein de RiskAssur à la fois Directeur de la Publication et en charge du développement. Enfin, depuis le début de 2015, je suis le Rédacteur en Chef de Notre-Siècle (http ://notre-siecle.com), le site sur lequel vous vous trouvez actuellement.

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