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Précarité étudiante : le parrainage de proximité veut agir au-delà de l’aide alimentaire

A l’approche de la rentrée universitaire 2026, la précarité reste une réalité pour une partie importante des étudiants. Selon les données reprises par l’association 1CABASPOUR1ÉTUDIANT, un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, un sur deux saute des repas faute de budget et un sur trois déclare se sentir seul. Le document fait également état de 45 000 étudiants ayant perdu leur statut de boursier en un an et de 180 000 demandes de logement CROUS non satisfaites.

Dans ce contexte, 1CABASPOUR1ÉTUDIANT publie pour la première fois un rapport consacré à l’impact de son dispositif de parrainage solidaire de proximité. L’étude a été réalisée auprès de 271 étudiants parrainés et de 161 parrains et marraines. Elle vise à mesurer les effets d’un accompagnement qui ne se limite pas au financement de courses alimentaires.

Créée en 2021, l’association met en relation, dans une même ville, un étudiant confronté à des difficultés et un citoyen souhaitant l’accompagner. Le dispositif repose sur deux dimensions principales : des courses alimentaires offertes régulièrement et la création d’un lien social pouvant prendre différentes formes, du soutien moral aux loisirs partagés.

Des effets revendiqués sur l’alimentation, le moral et les études

Les résultats du rapport montrent que l’aide apportée est perçue par les étudiants interrogés comme dépassant largement la seule question alimentaire. Selon les données présentées en page 2, 94 % déclarent avoir mangé plus souvent à leur faim pendant leur parrainage. Ils sont également 92 % à indiquer s’être sentis moins seuls grâce à ce dispositif.

Le rapport met aussi en avant les effets déclarés sur le bien-être. Ainsi, 91 % des étudiants interrogés disent avoir constaté une amélioration de leur moral au quotidien. Le dispositif aurait également facilité la poursuite des études puisque 90 % considèrent avoir mieux tenu le coup dans leur parcours grâce au parrainage.

D’autres effets sont évoqués en matière d’autonomie et de confiance personnelle. Parmi les bénéficiaires interrogés, 74 % déclarent avoir renforcé leur confiance en eux et 82 % estiment avoir gagné en capacité de choix ou d’action.

L’association souligne également que le soutien reçu peut réduire la pression financière pesant sur les étudiants et limiter, dans certains cas, la nécessité d’augmenter le nombre d’heures consacrées à un emploi étudiant au détriment des études.

Les étudiants ayant répondu à l’enquête évaluent à 8,3 sur 10 le niveau de difficulté qu’aurait atteint leur situation sans ce soutien. Par ailleurs, 7,5 étudiants sur 10 attribuent au parrainage les évolutions positives qu’ils constatent dans leur situation.

Une relation qui s’inscrit dans le temps

L’accompagnement ne se limite pas à quelques semaines. Selon le document, un parrainage dure en moyenne un an et trois mois, certains se prolongeant durant plusieurs années.

Le lien social constitue l’un des éléments centraux du modèle. En moyenne, chaque binôme partage quatre heures par mois en dehors des courses alimentaires. Le montant moyen des achats offerts atteint pour sa part 70 euros par mois.

Cette durée doit permettre d’installer une relation régulière tout en respectant le rythme et les possibilités du parrain comme de l’étudiant. L’association considère que cette continuité contribue à renforcer les effets du dispositif sur le parcours étudiant et sur la capacité à se projeter dans l’avenir.

Le rapport souligne également un phénomène de transmission de la solidarité. Parmi les étudiants actuellement accompagnés, 88 % déclarent souhaiter devenir eux-mêmes parrains ou marraines plus tard.

Des parrains et marraines également concernés par les effets du dispositif

Le rapport s’intéresse aussi aux citoyens engagés dans le programme. Là encore, l’impact décrit ne se résume pas à une aide matérielle.

Selon l’enquête, 89,6 % des parrains et marraines interrogés déclarent se sentir utiles. Ils sont 87 % à considérer que leur engagement contribue à remettre du lien social au cœur de la société et 78 % indiquent avoir développé un véritable lien intergénérationnel.

Ces résultats illustrent le positionnement retenu par l’association, qui présente le parrainage comme une relation réciproque plutôt que comme une simple distribution ponctuelle d’aide alimentaire.

Plus de 7 500 parrainages depuis 2021

En cinq années d’activité, 1CABASPOUR1ÉTUDIANT indique avoir réalisé plus de 7 500 parrainages. Le dispositif est accessible dans les grandes villes étudiantes françaises et s’appuie notamment sur des antennes et des délégations bénévoles présentes dans onze villes universitaires.

L’association est aujourd’hui développée par une équipe de dix personnes et présidée par sa fondatrice, Marion Dolisy Galzy.

Cette progression ne suffit cependant pas à répondre à toutes les demandes. À chaque rentrée, des centaines de nouveaux étudiants s’inscrivent sur la plateforme, selon l’association, alors que le nombre de parrains et marraines disponibles ne permet pas d’accompagner tous les candidats.

Un appel à de nouveaux parrains pour la rentrée 2026

Pour cette nouvelle rentrée universitaire, 1CABASPOUR1ÉTUDIANT cherche donc à élargir son réseau de parrains et marraines sur l’ensemble du territoire.

Tout citoyen vivant dans ou à proximité d’une ville universitaire peut s’inscrire sur la plateforme. Une formation collective en visioconférence est prévue avant le début du parrainage et l’association indique assurer ensuite un suivi régulier de chaque binôme.

L’objectif affiché est qu’aucun étudiant accepté dans le dispositif ne demeure sans parrain ou marraine.

À travers son premier rapport d’impact, l’association cherche surtout à montrer que la précarité étudiante ne relève pas uniquement d’un problème de pouvoir d’achat. Les difficultés alimentaires, l’isolement, le stress financier, la santé mentale et la capacité à poursuivre des études dans de bonnes conditions apparaissent étroitement liés.

Le modèle du parrainage de proximité tente ainsi de répondre simultanément à plusieurs de ces fragilités. Les résultats présentés reposent sur les déclarations des étudiants et des parrains interrogés dans le cadre du Rapport d’impact 2026. Ils mettent en lumière une forme de solidarité reposant autant sur la régularité de la relation que sur l’aide matérielle apportée.

Elliot

Actualité en générale, d'entreprise, de société, d'écologie Article corrigé grâce à l'IA

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