Object First veut simplifier la supervision des environnements distribués
La protection des données de sauvegarde devient un enjeu central de la cybersécurité des entreprises. Alors que les attaques par ransomware cherchent de plus en plus à neutraliser les capacités de restauration, Object First lance la version grand public de Fleet Manager, un service cloud sécurisé destiné à simplifier la gestion des stockages de sauvegardes Ootbi utilisés dans les environnements Veeam Software.
Ce nouvel outil s’adresse aux entreprises et aux fournisseurs de services qui doivent administrer des infrastructures de sauvegarde réparties sur plusieurs sites, datacenters ou environnements clients. Fleet Manager est proposé sans coût additionnel aux utilisateurs Ootbi disposant d’un contrat de support actif. Son objectif est clair : réduire la complexité opérationnelle, améliorer la visibilité et renforcer la résilience face aux cyberattaques.
Une réponse à la complexité croissante des sauvegardes
La multiplication des environnements hybrides, distribués et parfois multicloud a profondément transformé la gestion des sauvegardes. Les équipes informatiques ne doivent plus seulement vérifier qu’une sauvegarde existe. Elles doivent s’assurer qu’elle est disponible, cohérente, protégée, surveillée et récupérable en cas d’incident majeur.
Cette exigence devient d’autant plus critique que les ransomwares ne se contentent plus de chiffrer les systèmes de production. Ils ciblent également les sauvegardes afin d’empêcher les organisations de restaurer leurs données sans payer de rançon. Selon les éléments mis en avant par Object First, une étude d’Enterprise Strategy Group indique que 96 % des attaques par ransomware visent les données de sauvegarde.
Dans ce contexte, les angles morts deviennent dangereux. Une alerte non vue, un cluster non supervisé, une capacité saturée ou une version de firmware non suivie peuvent fragiliser l’ensemble du dispositif de continuité d’activité. Fleet Manager entend précisément répondre à cette difficulté en centralisant la supervision des clusters Object First au sein d’un tableau de bord unique.
Un tableau de bord centralisé pour les clusters Ootbi
Fleet Manager permet aux utilisateurs de disposer d’une vue globale de leur parc de stockage de sauvegardes. Depuis une interface unique, ils peuvent surveiller les déploiements multi-clusters, l’utilisation des systèmes de stockage, l’état du matériel et les alertes système.
Cette approche est particulièrement utile pour les organisations dont l’infrastructure est répartie entre plusieurs sites. Elle l’est encore davantage pour les fournisseurs de services, qui gèrent simultanément les environnements de plusieurs clients. Là où chaque accès pouvait auparavant nécessiter une connexion spécifique, un VPN, une authentification multifactorielle et une consultation appareil par appareil, Fleet Manager regroupe les informations essentielles dans une console commune.
L’enjeu n’est pas seulement le confort d’administration. Il s’agit aussi de réduire les délais de détection, d’améliorer la réactivité des équipes et de faciliter les bilans réguliers sur l’état des infrastructures. Capacité disponible, versions de firmwares, tendances d’utilisation, alertes de sécurité ou incidents matériels deviennent plus faciles à consulter et à exploiter.
Une architecture pensée autour du Zero Trust
Object First insiste sur un point essentiel : Fleet Manager est conçu selon le principe du Zero Trust et s’inscrit dans l’esprit de l’initiative Secure by Design de la CISA. Le service cloud ne surveille que les données de télémétrie. Il n’accède pas aux données de sauvegarde elles-mêmes.
Cette séparation est importante. Elle vise à éviter qu’un outil de supervision, aussi utile soit-il, ne devienne à son tour un point de faiblesse. Fleet Manager est présenté comme un service d’« accès zéro », c’est-à-dire un dispositif qui permet la supervision sans ouvrir d’accès direct aux sauvegardes.
Selon Object First, cette restriction contribue à préserver l’immuabilité des sauvegardes. L’idée est simple : les données protégées ne doivent pouvoir être ni modifiées ni supprimées, y compris par un administrateur privilégié ou par un attaquant qui aurait compromis des identifiants. Dans la lutte contre les ransomwares, cette logique d’immutabilité constitue un élément majeur de la stratégie de résilience.
Un intérêt particulier pour les fournisseurs de services
Fleet Manager répond aussi à une problématique très concrète des prestataires informatiques et des fournisseurs de services managés. Ces acteurs doivent superviser des dizaines, parfois des centaines d’environnements clients. La gestion manuelle, environnement par environnement, devient rapidement coûteuse, chronophage et source de risques opérationnels.
La visibilité multi-locataire proposée par Fleet Manager leur permet de suivre plusieurs environnements de manière sécurisée. Les informations sur les pannes, les dépassements d’utilisation ou les menaces peuvent ainsi être consultées plus rapidement. Cette centralisation peut améliorer la qualité de service, mais aussi la rentabilité opérationnelle des prestataires, en réduisant le temps passé sur des tâches répétitives d’accès et de vérification.
John Quinn, principal et copropriétaire de Waident Technology Solutions, souligne ainsi le gain de temps permis par la solution. Avant Fleet Manager, ses équipes devaient passer par un VPN, une authentification MFA et une connexion individuelle à chaque appareil. Désormais, elles peuvent visualiser les clusters et les appareils depuis une seule interface, sans multiplier les connexions propres à chaque client. Pour les bilans technologiques trimestriels, la capacité, les versions de firmwares et les tendances d’utilisation sont consultables en un seul endroit.
La visibilité comme condition de la résilience
Pour Object First, la résilience ne repose pas uniquement sur la capacité à stocker des sauvegardes. Elle dépend aussi de la capacité à savoir en permanence ce qui se passe dans l’environnement de sauvegarde. C’est ce que résume David Bennett, CEO d’Object First, lorsqu’il affirme que la résilience suppose une visibilité permanente sur l’ensemble de l’environnement de sauvegarde.
Cette idée est également mise en avant par Rick Vanover, vice-président Product Strategy chez Veeam. Selon lui, être résilient signifie pouvoir protéger les données de sauvegarde « quoi qu’il arrive », qu’il s’agisse d’un ransomware, d’une panne ou d’un incident physique. Dans cette perspective, une visibilité centralisée et cohérente sur les environnements distribués devient un levier essentiel pour reprendre le contrôle plus rapidement et restaurer les données de manière plus fiable.
L’analyse de Danielle Ibran, Senior Research Analyst chez IDC, va dans le même sens. Les entreprises évoluent désormais dans des environnements hybrides, multicloud et distribués. Sans prise en compte de cette complexité, les organisations créent des angles morts qui accroissent leur exposition. Pour les clients finaux, Fleet Manager répond à une attente simple : des données sécurisées, gouvernées, auditables et faciles à gérer.
Moins de complexité, moins de risques
Avec Fleet Manager, Object First cherche donc à répondre à une double exigence : renforcer la sécurité des sauvegardes et simplifier leur administration. Cette combinaison est devenue décisive. Une solution de sauvegarde trop complexe à gérer peut perdre une partie de son efficacité, car les erreurs humaines, les retards de mise à jour, les mauvaises configurations ou les alertes négligées augmentent le risque global.
La promesse de Fleet Manager tient dans cette centralisation : un tableau de bord unique, une supervision à distance, une visibilité multi-clusters, une approche multi-locataire pour les fournisseurs de services, et une architecture qui ne donne pas accès aux données sauvegardées.
Pour les entreprises utilisatrices de Veeam et des solutions Ootbi d’Object First, l’enjeu est d’obtenir une meilleure maîtrise de leur infrastructure de sauvegarde sans ajouter une couche de complexité supplémentaire. Pour les fournisseurs de services, il s’agit de pouvoir développer leurs opérations tout en maintenant un niveau homogène de contrôle et de qualité de service.
La sauvegarde devient un actif stratégique
Le lancement de Fleet Manager illustre une évolution plus large du marché. La sauvegarde n’est plus seulement un outil technique placé en arrière-plan du système d’information. Elle devient un actif stratégique, au même titre que la détection, la réponse à incident ou la gouvernance des accès.
Dans un environnement où les cyberattaques ciblent directement les capacités de restauration, les entreprises doivent être capables de répondre à plusieurs questions simples : où sont leurs sauvegardes, dans quel état sont-elles, sont-elles protégées, peuvent-elles être restaurées rapidement, et qui peut y accéder ?
Fleet Manager ne prétend pas résoudre à lui seul tous les enjeux de cybersécurité. Mais il répond à une faiblesse fréquente des infrastructures distribuées : le manque de visibilité globale. En réduisant les angles morts et en facilitant la supervision, Object First entend donner aux entreprises et aux fournisseurs de services un outil supplémentaire pour défendre la dernière ligne de protection que constituent les sauvegardes.
Dans la bataille contre les ransomwares, la sauvegarde n’est efficace que si elle reste disponible, intacte et visible. C’est précisément sur ce terrain qu’Object First positionne Fleet Manager.
