Selon les données recueillies en janvier 2026 auprès de 3 018 profils français, 28,3 % des femmes en couple déclarent souhaiter expérimenter une relation à trois avec deux hommes. Par ailleurs, 25 % d’entre elles se disent également intéressées par une configuration incluant deux femmes et un homme. Autrement dit, près d’une femme en couple sur trois exprime un intérêt pour ce type d’expérience, sous différentes formes.
méthodologie : Échantillon prélevé en janvier 2026 sur 3 018 profils de membres français.es ayant indiqué les pratiques sexuelles qu’ils souhaiteraient essayer. Il ne s’agit pas d’une enquête par questionnaire, mais d’une analyse des pratiques désirées renseignées spontanément par les membres sur la plateforme.
Un fantasme qui s’inscrit parmi d’autres aspirations
Les chiffres présentés replacent le plan à trois parmi les fantasmes les plus cités par les femmes en couple. Il arrive en seconde position derrière le tantra, mentionné par 30,3 % des répondantes, et devant d’autres pratiques comme les échanges entre couples ou les relations de groupe.
Ces résultats invitent à dépasser certaines idées reçues. Longtemps associé à une représentation centrée sur le désir masculin, le plan à trois apparaît ici comme un fantasme assumé par une partie des femmes, qui revendiquent une curiosité et une liberté accrues dans l’expression de leurs envies.
Une membre de la plateforme, Eirika, 29 ans, témoigne ainsi qu’il existe encore des stéréotypes à déconstruire, notamment l’idée selon laquelle ce type de pratique serait majoritairement demandé par les hommes. Son expérience souligne au contraire une démarche partagée et discutée au sein du couple.
Diversité des configurations et importance du dialogue
L’étude montre également que les préférences ne se limitent pas à une seule configuration. Si la formule avec deux hommes arrive légèrement en tête, la version incluant deux femmes recueille elle aussi un quart des suffrages chez les femmes en couple. Cette diversité témoigne d’une pluralité de désirs et d’une approche moins normative de la vie intime.
Au-delà des chiffres, les intervenantes insistent sur un point essentiel : la communication. Les expériences évoquées sont décrites comme s’inscrivant dans un cadre de confiance, avec des règles claires et un dialogue constant entre partenaires.
Eirika souligne avoir appris à mieux communiquer et à renforcer la confiance au sein de son couple. Elle rappelle que l’intégration d’une tierce personne suppose une préparation en amont, une écoute attentive et la capacité à exprimer ses limites.
Regard d’expertes : entre liberté et prudence
Les expertes associées à la plateforme adoptent un discours nuancé. Eva Joy, community manager, estime que ces données traduisent une plus grande liberté dans l’expression des désirs féminins, dans un contexte où la parole se libère progressivement.
La sexologue Maryse Frochot insiste quant à elle sur l’importance du consentement et de la clarté des attentes. Selon elle, ce type d’expérience n’est ni une solution miracle ni un danger en soi. Tout dépend du contexte relationnel, de la maturité du couple et de la capacité de chacun à verbaliser ses ressentis.
Elle rappelle également les précautions indispensables, notamment en matière de santé sexuelle. Tests réguliers, protection adaptée et respect des limites constituent des éléments fondamentaux pour que l’expérience se déroule dans de bonnes conditions.
Autre point souligné : le plan à trois ne doit pas être envisagé comme un moyen de résoudre une relation fragilisée. Lorsqu’il sert à masquer des tensions ou des difficultés non exprimées, le risque de malentendu ou de blessure émotionnelle peut s’accroître.
Une journée dédiée au dialogue
Célébrée chaque année le 3 mars, la Journée internationale du plan à trois vise avant tout à ouvrir la discussion autour des fantasmes et des pratiques consensuelles entre adultes. L’objectif affiché est de contribuer à une approche plus décomplexée et responsable de la sexualité, fondée sur le respect mutuel.
La méthodologie précisée dans le document indique qu’il ne s’agit pas d’un sondage classique par questionnaire, mais d’une analyse des pratiques que les membres ont spontanément renseignées sur leur profil. Ces données reflètent donc les envies déclarées au sein d’une communauté spécifique, et non l’ensemble de la population française.
Une évolution des mentalités
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte plus large de transformation des normes relationnelles. Les couples contemporains semblent plus enclins à discuter ouvertement de leurs désirs, y compris ceux qui sortent du schéma traditionnel.
Cela ne signifie pas que ces pratiques deviennent majoritaires ni qu’elles concernent l’ensemble des couples. En revanche, la visibilité accrue de ces fantasmes traduit une évolution des mentalités, notamment chez les femmes, dont la parole sur la sexualité s’affirme davantage.
Dans une société où la question du consentement et du respect occupe une place centrale, ces discussions peuvent aussi être l’occasion de rappeler que toute expérience intime repose sur un accord clair, libre et éclairé entre adultes.
En définitive, au-delà du caractère symbolique de cette journée, les données publiées mettent surtout en lumière un mouvement de fond : la reconnaissance d’une pluralité de désirs et l’importance du dialogue au sein du couple. Un sujet qui, traité avec nuance et responsabilité, participe à une meilleure compréhension des dynamiques relationnelles contemporaines.