Selon les données recueillies par Guestadom, spécialiste français de la gestion de locations saisonnières et de la conciergerie, le marché touristique devrait conserver une activité relativement proche de celle de l’année précédente. L’analyse porte sur 33 communes françaises, avec des réservations observées jusqu’au 14 octobre 2026. Ces résultats constituent donc une photographie provisoire, susceptible d’évoluer avec les réservations effectuées dans les prochains jours.
Paris et Saint-Malo en tête des destinations métropolitaines
Les premières données révèlent une préférence marquée pour les destinations urbaines. Paris arrive en tête des communes métropolitaines étudiées avec un taux de remplissage de 54 %, suivie de Saint-Malo à 53 % et de Lille à 51 %. Toulouse occupe la quatrième position avec 48 %, devant Angers à 43 %.
Cette hiérarchie contraste avec les habitudes observées pendant les vacances estivales, traditionnellement davantage tournées vers les destinations balnéaires. À l’automne, les grandes villes retrouvent leur attractivité, notamment auprès des voyageurs souhaitant profiter de quelques jours de repos sans nécessairement partir pour une longue période.
La capitale bénéficie notamment de son offre culturelle et de loisirs, qui permet d’organiser des escapades de courte durée. Saint-Malo conserve pour sa part une place importante parmi les destinations touristiques, malgré une période moins favorable aux activités balnéaires.
À La Réunion, les taux de remplissage sont sensiblement supérieurs à ceux relevés en métropole. Saint-Leu atteint 69 %, devant L’Étang-Salé à 67 %, Les Avirons à 61 %, Cilaos à 58 % et Petite-Île à 55 %.
Cette situation s’explique notamment par le calendrier climatique de l’île. Les vacances de la Toussaint correspondent au printemps austral, une période propice aux déplacements touristiques. Trois des cinq communes les mieux classées se trouvent sur la côte ouest et sud-ouest.
Un marché qui pourrait rester proche de son niveau de 2025
Malgré les incertitudes économiques, plusieurs destinations affichent déjà de meilleurs résultats qu’à la fin du mois d’octobre 2025.
Les Avirons enregistrent une progression de 2,5 points de leur taux de remplissage, devant Paris avec 2,1 points supplémentaires. Saint-Malo gagne 1,6 point, L’Étang-Salé 1 point et Dinard 0,8 point.
Ces évolutions sont d’autant plus intéressantes que les réservations ne sont pas encore achevées.
À l’échelle des 33 communes étudiées, Guestadom estime que le taux d’occupation du mois d’octobre pourrait atteindre entre 41 % et 43 %, selon la méthode de calcul retenue, contre 43,5 % en octobre 2025.
Le marché se situerait ainsi à un niveau voisin de celui de l’année précédente, avec toutefois des différences importantes entre les territoires.
Ces chiffres ne permettent pas de tirer des conclusions sur l’ensemble du tourisme français, puisqu’ils concernent uniquement le panel de locations saisonnières suivi par Guestadom. Ils apportent néanmoins un éclairage sur l’évolution des comportements des voyageurs.
Des vacances de plus en plus courtes
L’un des principaux enseignements de cette analyse concerne la durée des séjours.
Entre les vacances de la Toussaint 2023 et celles de 2025, la durée moyenne des réservations est passée de 4,88 à 4,18 nuits. Cette diminution représente environ 14 % en deux ans.
Le phénomène apparaît relativement généralisé. Sur les 33 destinations étudiées, 29 ont enregistré une réduction de la durée moyenne des séjours entre 2024 et 2025.
Cette évolution peut correspondre à plusieurs comportements : multiplication des escapades de quelques jours, recherche de dépenses mieux maîtrisées ou préférence pour des vacances plus faciles à organiser. Les données disponibles ne permettent toutefois pas d’attribuer précisément cette tendance à une cause particulière.
Le raccourcissement des séjours ne concerne pas uniquement la Toussaint. Durant l’été 2026, la durée moyenne observée atteignait 4,94 nuits en juillet et août, avant de descendre à 4,39 nuits en septembre.
Ces chiffres témoignent d’une place importante occupée par les courts séjours dans le marché de la location saisonnière.
Pour les professionnels du tourisme, cette évolution peut également modifier l’organisation de l’activité. Des séjours plus courts impliquent potentiellement davantage de rotations de voyageurs, avec des besoins plus fréquents en accueil, ménage et préparation des logements.
Les réservations de dernière minute prennent de l’importance
Autre évolution notable, les voyageurs semblent moins anticiper leurs vacances.
Parmi les réservations déjà enregistrées pour la Toussaint 2026, 50 % ont été réalisées au cours des trente jours précédant le 14 octobre. Plus précisément, 22,3 % ont été effectuées durant les dix derniers jours.
En élargissant la période d’observation, 70,9 % des réservations ont été réalisées au cours des soixante derniers jours.
Ces proportions montrent l’importance des décisions prises à relativement courte échéance.
Pour les gestionnaires de locations saisonnières, cette tendance complique la visibilité sur le remplissage définitif des hébergements. Un taux d’occupation encore modéré à quelques jours des vacances ne signifie donc pas nécessairement que les logements resteront disponibles.
Les réservations effectuées dans les derniers jours d’octobre pourraient encore modifier sensiblement les résultats observés.
Le prix des nuitées progresse dans la majorité des destinations
Si les voyageurs raccourcissent leurs séjours, les prix des hébergements continuent d’augmenter.
Sur les 33 destinations étudiées, le prix médian d’une nuitée pour les vacances de la Toussaint 2026 s’établit autour de 117 euros. Le prix moyen des nuitées réservées atteint, quant à lui, 148 euros.
La différence entre ces deux indicateurs s’explique par leur mode de calcul. Le prix médian partage les observations en deux groupes égaux, tandis que la moyenne peut être davantage influencée par les nuitées les plus coûteuses.
En octobre 2026, le prix moyen affiche une progression de 4,2 % par rapport à octobre 2025. Cette hausse concerne 27 des 33 destinations analysées.
Certaines communes enregistrent des augmentations particulièrement importantes. Saint-Malo arrive en tête avec une progression de 28 %, devant Biscarrosse à 17 %, Dinard à 16 %, Cannes à 11 % et Paris à 10 %.
Ces évolutions ne signifient pas nécessairement que tous les hébergements ont augmenté leurs tarifs dans les mêmes proportions. Les prix observés peuvent également dépendre des caractéristiques des logements réservés et de la composition des réservations.
De fortes différences de prix selon les destinations
Les écarts tarifaires restent importants entre les principales destinations touristiques.
À Paris, la nuitée atteint 231 euros parmi les réservations analysées, soit le tarif le plus élevé des cinq premières destinations métropolitaines. Saint-Malo suit avec 155 euros, devant Lille à 112 euros.
Toulouse et Angers apparaissent plus accessibles, avec des prix respectifs de 86 et 83 euros par nuit.
À La Réunion, Cilaos affiche le prix le plus élevé du classement avec 142 euros. L’Étang-Salé et Les Avirons se situent à 124 euros, devant Petite-Île à 110 euros et Saint-Leu à 108 euros.
Ces différences montrent qu’un séjour de quelques jours peut représenter une dépense très variable selon la destination retenue.
Sur la base du prix médian de 117 euros et de la durée moyenne de 4,18 nuits observée à la Toussaint 2025, Guestadom estime le coût d’hébergement d’un séjour type à environ 490 euros.
Ce montant constitue uniquement une estimation de la location. Il ne comprend pas les dépenses de transport, de restauration, de loisirs ni les éventuels frais annexes.
Le budget réel des vacances peut donc être sensiblement supérieur, particulièrement lorsque le déplacement concerne une famille.
Des arbitrages budgétaires qui redessinent les habitudes touristiques
Les premières tendances de la Toussaint 2026 mettent en évidence un marché de la location saisonnière qui conserve une certaine dynamique, malgré la progression des tarifs.
Les voyageurs continuent de réserver, mais semblent adapter la durée et le calendrier de leurs séjours. Les grandes métropoles bénéficient de l’attrait des escapades urbaines, tandis que certaines destinations littorales ou insulaires conservent des taux de remplissage élevés.
Pour les professionnels, l’enjeu consiste désormais à conjuguer des réservations plus tardives, des séjours raccourcis et des prix en hausse.
La situation reste cependant contrastée. Certaines communes ont déjà dépassé leurs performances de l’année précédente, alors que le taux d’occupation global du panel pourrait rester légèrement inférieur à celui d’octobre 2025.
Les derniers jours de réservation seront donc déterminants pour apprécier le bilan définitif de cette période.
Au-delà des chiffres, une tendance se dessine : les vacances ne disparaissent pas des projets des Français, mais leur organisation évolue. Partir moins longtemps, réserver plus près de la date de départ et sélectionner sa destination en fonction du budget disponible pourraient continuer de structurer le marché des locations saisonnières.