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Des femmes sans bouche de Maud Jan-Ailleret chez Harper Collins

Harper Collins nous propose, de Maud Jan-Ailleret, Des femmes sans bouche

Maud Jan-Ailleret est romancière et scénariste. Elle anime des ateliers d’écriture, notamment à l’école Les Mots. Son premier roman, Donne-moi des fils ou je meurs (Grasset, 2019), est en cours d’adaptation au cinéma.

Avec Des femmes sans bouche, Maud Jan-Ailleret signe un roman consacré aux secrets familiaux, à la transmission entre femmes et aux traces que peuvent laisser les traumatismes vécus par les générations précédentes. L’ouvrage s’inscrit dans la rentrée littéraire 2026.

Au centre du récit se trouve Camille, 42 ans, gynécologue-obstétricienne. Habituée professionnellement à accompagner d’autres femmes dans leur maternité, elle entretient pourtant une relation beaucoup plus complexe avec l’idée de devenir elle-même mère. Sa vie, qu’elle pense avoir organisée avec méthode et distance, bascule lorsque Henri, son compagnon, finit par la quitter, lassé d’attendre un engagement qui ne vient pas.

Cette rupture agit comme un déclencheur. Camille cherche à comprendre pourquoi la perspective de la maternité provoque chez elle une telle résistance. Son questionnement personnel se transforme progressivement en exploration de son histoire familiale. En échangeant notamment avec sa mère Catherine et sa grand-mère Mado, elle découvre le poids des non-dits et des événements enfouis dans la mémoire familiale.

De Belle-Île-en-Mer au Mékong

L’enquête de Camille entraîne le récit bien au-delà de son histoire immédiate. Le roman relie plusieurs générations et plusieurs lieux, de Belle-Île-en-Mer aux rives du Mékong, en passant par les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale et l’histoire du Laos. Ces événements constituent la toile de fond historique à partir de laquelle se construit la réflexion du livre sur les blessures héritées et leur influence sur les générations suivantes.

Le cœur de Des femmes sans bouche réside ainsi dans la question de la transmission. Le silence n’y apparaît pas seulement comme l’absence de parole. Il devient un héritage familial susceptible de peser sur les comportements, les décisions et les peurs de celles qui n’ont pourtant pas directement vécu les événements à son origine.

Le titre du roman prend dans ce contexte tout son sens. Ces « femmes sans bouche » sont celles auxquelles il a été difficile de parler, de révéler certaines blessures ou simplement de formuler leurs choix et leurs désirs. L’une des expressions employées dans le livre, celle d’un « chromosome du silence forcé », résume cette idée d’une peur de déranger ou de « faire des vagues » qui se transmettrait symboliquement de mère en fille.

La maternité comme point de départ d’une interrogation plus large

La question de la maternité constitue le point de départ de l’histoire, mais le roman l’utilise pour aborder plus largement la manière dont une personne peut être influencée par un passé familial qu’elle connaît mal.

Le métier même de Camille accentue ce contraste. Elle est gynécologue-obstétricienne et accompagne quotidiennement la naissance des enfants des autres, alors qu’elle reste incapable de déterminer sereinement ce qu’elle souhaite pour elle-même.

À mesure qu’elle reconstitue son histoire familiale, son blocage prend une dimension nouvelle. Il ne s’agit plus seulement de déterminer si elle veut ou non devenir mère, mais de comprendre ce qui, dans son histoire et celle des femmes qui l’ont précédée, peut expliquer ses peurs et ses réactions.

Une chronique publiée par Page des libraires met notamment en avant cette dimension du roman et la prise de conscience progressive, par Camille, du poids des non-dits familiaux sur son présent.

Mémoire, traumatismes et parole

Maud Jan-Ailleret construit ainsi son roman autour de trois notions étroitement liées : la mémoire, le traumatisme et la parole.

Le récit ne présente pas seulement les secrets de famille comme des éléments dramatiques destinés à nourrir une intrigue. Ils constituent le moteur même du parcours de Camille. Comprendre ce qui a été vécu, caché ou tu par les générations antérieures devient une manière de reprendre possession de sa propre histoire.

La romancière s’intéresse ainsi à la façon dont des événements collectifs majeurs, notamment la Seconde Guerre mondiale et l’histoire du Laos, peuvent continuer à produire des effets dans des trajectoires individuelles plusieurs décennies plus tard.

Le psychiatre et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, dont un commentaire accompagne la présentation du roman, souligne précisément cette relation entre fiction, traumatismes et transmission. Il met en avant la manière dont la mise en récit d’un événement douloureux peut permettre de l’affronter et de rompre avec sa répétition à travers les générations.

Un roman inscrit dans la rentrée littéraire 2026

Des femmes sans bouche paraît sept ans après Donne-moi des fils ou je meurs, premier roman de Maud Jan-Ailleret publié chez Grasset en 2019 et annoncé comme faisant l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique. L’autrice est également scénariste et anime des ateliers d’écriture.

Pour HarperCollins, le roman s’inscrit dans une rentrée littéraire placée sous le signe de la mémoire et de la reconstruction. La maison d’édition présente le livre comme un récit qui remonte « le fil du silence » afin de mettre fin à son héritage et de libérer la parole.

À travers le parcours de Camille, Des femmes sans bouche interroge finalement une question qui dépasse largement son héroïne : dans quelle mesure les décisions que nous pensons personnelles sont-elles aussi façonnées par les récits, les peurs et les silences des générations qui nous ont précédés ?

Sans réduire cette interrogation à une démonstration théorique, Maud Jan-Ailleret en fait la matière d’une histoire familiale traversant plusieurs époques et plusieurs continents. La quête de Camille devient alors autant une recherche sur ses origines qu’une tentative de distinguer ce qui lui appartient véritablement de ce qui lui a été transmis.

Olivier Kauf

Consultant depuis plus de 30 ans, Je suis depuis une dizaine d'années journaliste, professionnel dans le domaine des risques et des assurances pour le e-mag RiskAssur-hebdo (https://www.riskassur-hebdo.com) et témoin de mon époque pour https://notre-siecle.com et https://perelafouine.com RiskAssur, Notre-Siècle et PèreLaFouine proposent chaque jour de nouveaux articles issus de la rédaction : la vie des sociétés (nominations, acquisitions, accords, …), des tests/présentations de produits, des ouvrages (professionnels, romans, bd, …), … Je peux : - présenter vos produits ou nouveaux ouvrages (il suffit de me les envoyer) - écrire sur des sujets à la demande pour du référencement SEO - publier vos communiqués de presse - Publier vos AAPC - … Une question, une remarque : olivier@franol.fr

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