L’aïkido se mobilise contre les violences faites aux femmes avec une journée solidaire à Paris
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles mobilise également le monde sportif. Le dimanche 29 novembre 2026, les deux fédérations françaises d’aïkido organiseront à Paris une journée nationale de sensibilisation et de pratique, destinée à promouvoir le respect, la confiance en soi et la prévention des violences faites aux femmes. Cette troisième édition, organisée après Lyon et Nantes, associera des pratiquants confirmés et des personnes souhaitant découvrir cet art martial.
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, célébrée chaque année le 25 novembre, la Fédération française d’aïkido, aïkibudo, kinomichi et disciplines associées (FFAAA) et la Fédération française d’aïkido et de budo (FFAB) poursuivent leur engagement commun. Depuis 2024, les deux organisations proposent un rendez-vous solidaire dans une région différente afin de sensibiliser le public aux violences sexistes et sexuelles.
Après deux premières éditions organisées à Lyon et Nantes, qui ont réuni chacune près de 200 participants selon les organisateurs, l’événement se tiendra cette année au gymnase Léo Lagrange, dans le 12e arrondissement de Paris.
Au-delà de la découverte d’une discipline sportive, cette initiative entend montrer comment la pratique de l’aïkido peut contribuer au développement de la confiance en soi, à la maîtrise des émotions et à une meilleure compréhension des relations entre les individus.
Un art martial fondé sur le respect et la maîtrise de soi
Contrairement à de nombreuses disciplines de combat, l’aïkido ne repose pas sur la compétition. Cet art martial japonais privilégie la recherche du mouvement juste, le positionnement du corps et l’utilisation de l’énergie de l’autre pour neutraliser une attaque.
La pratique s’effectue dans un environnement encadré, où les participants apprennent à réagir à différentes situations d’opposition tout en préservant leur propre intégrité physique et celle de leur partenaire.
Femmes et hommes s’entraînent ensemble, sans distinction de taille, de poids ou de niveau. Chacun peut successivement occuper le rôle de la personne qui attaque et de celle qui se défend. Cette alternance constitue l’un des principes de l’apprentissage.
L’objectif n’est pas de dominer un adversaire, mais de comprendre comment désamorcer une situation conflictuelle en mobilisant les techniques appropriées.
Les exercices portent notamment sur les déplacements, la posture corporelle, le regard, l’équilibre et la capacité à conserver son calme face à une situation inhabituelle.
Les pratiquants apprennent également à se dégager d’une saisie, à éviter certains coups ou à réagir à des attaques simulées. L’enseignement peut comprendre des exercices réalisés avec des armes en bois représentant un couteau, un sabre ou un bâton.
Pour les fédérations, cette approche présente un intérêt particulier dans la prévention des violences, notamment parce qu’elle permet de travailler la confiance en soi et la capacité à réagir dans un cadre sécurisé.
Il convient néanmoins de distinguer cet apprentissage sportif des dispositifs spécialisés de protection et d’accompagnement des victimes de violences.
Une mobilisation qui concerne aussi les hommes
Les organisateurs souhaitent également rappeler que la prévention des violences faites aux femmes ne peut pas reposer uniquement sur les personnes susceptibles d’en être victimes.
Les violences sexistes et sexuelles peuvent prendre des formes multiples, qu’elles soient physiques, psychologiques, verbales ou sexuelles. Elles peuvent survenir dans la sphère familiale, au travail, dans les transports, dans les établissements scolaires ou sur Internet.
Dans ce contexte, les fédérations défendent une démarche qui associe le développement du pouvoir d’agir des femmes à une réflexion plus large sur les comportements individuels et les rapports entre les personnes.
La participation des hommes constitue donc une dimension importante de cette mobilisation. L’objectif est de favoriser une prise de conscience des comportements problématiques, y compris lorsqu’ils sont banalisés ou présentés comme des attitudes de séduction.
L’aïkido, par son fonctionnement fondé sur la coopération entre partenaires, offre un cadre permettant d’aborder les questions de respect, de limites personnelles et de responsabilité individuelle.
Deux temps de pratique ouverts à des publics différents
La journée du 29 novembre se déroulera en deux parties.
De 9 heures à 12 heures, un stage d’aïkido sera proposé aux pratiquants titulaires d’une licence. Cette séance sera animée par deux enseignantes expérimentées, Cécile Rayroles, 5e dan FFAAA, et Yolaine Cellier, 5e dan FFAB.
La participation à ce stage est fixée à 20 euros.
L’après-midi, de 14 h 30 à 16 h 30, une initiation gratuite à l’aïkido-défense sera ouverte à toutes et à tous, sans obligation de pratique préalable.
Cette séance sera encadrée par Armelle Blanloeil, 5e dan FFAB, et Didier Fais, 6e dan FFAB.
Les participants pourront découvrir différentes techniques de déplacement, de protection et de dégagement, dans un cadre adapté à l’initiation.
Des temps d’échange et de sensibilisation aux violences faites aux femmes compléteront les activités sur les tatamis. Ils seront animés par une association locale spécialisée ainsi que par les commissions féminines des deux fédérations.
Cette articulation entre pratique sportive et information doit permettre aux participants d’aborder le sujet des violences sous plusieurs angles, au-delà des seules techniques de défense.
Une journée dont les recettes seront intégralement reversées
L’événement possède également une dimension financière et associative.
Les enseignants interviendront bénévolement et l’intégralité des recettes sera reversée à une association locale engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Le nom de l’association bénéficiaire n’est pas précisé dans les informations communiquées par les organisateurs.
Cette démarche vise à associer une action de sensibilisation à un soutien concret apporté aux structures qui interviennent auprès des femmes confrontées à des situations de violence.
Depuis sa création en 2024, cette manifestation nationale constitue également une occasion pour les deux fédérations de travailler ensemble autour d’un objectif commun, indépendamment de leurs organisations respectives.
Le sport comme outil de sensibilisation et de prévention
À travers cette initiative, les fédérations souhaitent faire connaître une autre dimension de l’aïkido, au-delà de sa pratique traditionnelle.
L’apprentissage des techniques de défense s’accompagne d’un travail sur la posture, la concentration, la gestion des réactions et la relation avec autrui.
Ces compétences peuvent contribuer à renforcer l’assurance personnelle des pratiquants, même si elles ne garantissent pas une protection contre les agressions.
La démarche s’inscrit ainsi dans une conception plus large de la prévention, qui associe sensibilisation, éducation au respect et développement de la confiance en soi.
Pour les organisateurs, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles suppose aussi de faire évoluer les comportements et les représentations qui favorisent leur banalisation.
La journée parisienne du 29 novembre entend apporter une contribution à cette mobilisation, en réunissant pratiquants, enseignants et grand public autour d’une discipline qui place le respect du partenaire au cœur de son enseignement.
Informations pratiques : l’événement se déroulera le dimanche 29 novembre 2026 au gymnase Léo Lagrange, 68 boulevard Poniatowski, Paris 12e. L’accès est possible par la ligne 8 du métro, station Porte de Charenton. Les inscriptions s’effectueront sur place. Pour l’initiation gratuite de l’après-midi, une tenue de sport confortable, de type tee-shirt et jogging ou legging, est conseillée.



