Les dotations budgétaires des hôpitaux publics sont devenues notoirement insuffisantes
Les hôpitaux publics sont des de plus en plus sollicités par les Français qui vieillissent et qui n’ont plus les médecins de famille d’antan consultables, disparus du paysage et qui doivent courir les services des urgences, de moins en moins à la hauteur.
Ainsi, le nombre de patients suivis pour des pathologies lourdes, comme les cancers ou la maladie d’Alzheimer, a augmenté de l’ordre de 10 % et les hospitalisations des plus de 80 ans de 17 %, selon des estimations de soignants.
Dans la mesure où un certain nombre de dépenses sont incompressibles, la quasi-généralité des établissements hospitaliers est en déficit et n’a pas d’autres solutions que de passer par le non-remplacement des départs à la retraite et le redéploiement de personnel disponible, leur seule recette disponible pour juguler les déficits et récupérer des marges de manœuvre financières, une politique qui a atteint ses limites.
Les syndicats ne cessent de dénoncer cette situation, ainsi en mai dernier, ils l’ont fait en s’appuyant sur un document interne du ministère de la santé où se trouvait détaillée la façon dont devait être menée une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des établissements publics de santé, sur la période 2018-2022, correspondant à la suppression de 30 000 postes sur cinq ans, voire des emplois non créés.
Face aux accusations des professionnels, les ministres de la santé qui se sont succédé, Marisol Tourraine et Agnès Buzyn, opposent les chiffres des effectifs de la fonction publique hospitalière en hausse régulière.
Contrairement à ce que l’on ressent dans les hôpitaux, le nombre de fonctionnaires de la fonction publique hospitalière augmente tous les ans de 1,5 % a fait valoir Agnès Buzyn, parce qu’il y a des établissements qui se créent.
La création d’emplois est en réalité plus modeste, elle a été de 0,7 % entre 2016 et 2017, selon les chiffres publiés par l’INSEE le 13 décembre, mais que la ministre en fonction semble ignorer, en évoquant le double.
Cependant, beaucoup de ces emplois nouveaux sont transverses et ne sont pas « au lit des malades » ce qui renforce la perception de ceux qui s’y trouvent, de travailler de plus en plus en flux tendu, l’augmentation de l’activité a été déconnectée des effectifs, selon un membre du comité de défense de l’hôpital public.
En regardant les chiffres disponibles, sur les quelques 1,6 million de fonctionnaires de la fonction publique hospitalière, le nombre de personnels non médicaux a augmenté de 0,7 % entre 2013 et 2017, en passant à 770 939 équivalents temps pleins, soit pas loin d’un fonctionnaire sur deux.
En supposant que dans les autres ministères, notamment dans celui de l’éducation nationale, la situation ne doit pas être très différente, cela explique le coût de fonctionnement de la « maison France » qui ne baisse pas.



