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Une première : la révolte des actionnaires face à la rémunération de leurs dirigeants

D’une manière générale les conseils d’administration des grandes sociétés anonymes contrôlent le vote des résolutions présentées aux assemblées générales grâce à la co-optation des administrateurs, qui se tiennent, entre eux par la barbichette, dans la mesure où ils se retrouvent au conseil d’administration d’autres sociétés, car c’est un monde bien fermé et pour une première fois, la solidarité n’a pas jouée.

C’est la parapétrolière CGG, spécialisée dans les études sismiques, qui vient d’inaugurer une nouvelle attitude au sein des conseils d’administration, sauf si cela reste un cas isolé, une exception.

Réunis en assemblée ordinaire annuelle, les actionnaires ont tout simplement voté contre la rémunération variable de l’ancien PDG qui a quitté ses fonctions au printemps 2018, plus concrètement, si la part fixe de sa rémunération a été maintenue, c’est sa prime de 75 000 euros qui a été refusée.

La rémunération dont devait bénéficier en 2019 la PDG qui lui a succédée depuis 2018 a été aussi rejetée par les actionnaires et c’est donc celle de 2018 qui continuera à être appliquée, ce qui est une sorte de marque de défiance

Cette situation s’explique dans le cas de cette société parapétrolière qui subit le contrecoup du coup de frein donné par les pétroliers dans le domaine de la recherche pétrolière, en raison des incertitudes qui pèsent sur les énergies fossiles, en réaction au réchauffement climatique qui leur est imputé, d’où une activité en dent de scie pour les sociétés de services pétroliers.

La CGG semble être la première victime de la loi Sapin 2 de décembre 2016, introduisant un vote contraignant des actionnaires sur la rémunération des dirigeants des sociétés cotées, c’est la première fois que cette obligation intervient, alors que les rémunérations étaient approuvées dans le passé, tout en suivant plutôt l’évolution des dividendes que la rémunération du personnel.

Dans l’entourage de la CGG, on affirme qu’on saura faire preuve de plus de pédagogie à l’avenir notamment auprès des agences en conseil de vote, pour mieux faire passer la pilule, ce qui nous éloigne de l’objectif de la loi Sapin 2, c elle d’une juste rémunération des dirigeants, bien qu’à ce niveau, ce n’est pas une condition facile à apprécier.

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Judex

Judex est un juriste de la vielle école qui a fait sienne la maxime du professeur Léon Mazeaud, son président de thèse de doctorat , "Que le droit ne s’apprend pas mais se comprend "  en ajoutant " à la condition d’avoir, si possible, l’intelligence du droit "

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