Santé sexuelle la nouvelle feuille de route face aux pratiques des Français

Éducation à la sexualité, prévention des infections sexuellement transmissibles, consentement et lutte contre les violences sexuelles figurent au cœur de la nouvelle feuille de route pour la santé sexuelle 2026-2030 présentée par le ministère de la Santé. Les résultats du SexReport 2026 d’Adam & Eve montrent que ces enjeux restent très présents dans la population française. Plus de quatre personnes interrogées sur dix indiquent notamment avoir grandi dans un environnement où parler librement de sexualité était difficile ou impossible, tandis que la prévention des IST et la verbalisation du consentement demeurent inégalement intégrées dans les pratiques.

La nouvelle feuille de route pour la santé sexuelle, qui couvre la période 2026-2030, entend agir sur plusieurs fronts à la fois : éducation des jeunes, prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles, consentement et lutte contre les violences sexuelles.

Les données du SexReport 2026 d’Adam & Eve apportent un éclairage sur la manière dont ces questions sont aujourd’hui perçues et vécues par les Français. L’étude repose sur une enquête quantitative réalisée par Trends Research auprès de 1 056 personnes âgées de 18 à 65 ans, interrogées entre le 18 et le 26 septembre 2025.

Parler de sexualité reste difficile pour une partie de la population

L’un des principaux axes de la feuille de route concerne l’EVARS, l’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle. L’objectif affiché est notamment de mieux informer les jeunes et de lutter contre la désinformation.

Les réponses recueillies dans le SexReport montrent que le dialogue autour de la sexualité est loin d’avoir toujours été évident.

Seulement 22,9 % des personnes interrogées déclarent avoir pu, lorsqu’elles étaient plus jeunes, parler « absolument » ouvertement de sexualité.

À l’inverse, 21,8 % indiquent que ces discussions étaient « à peine » possibles, la sexualité demeurant plutôt un sujet tabou. Pour 20,5 % des répondants, il n’était tout simplement « pas du tout » possible d’en parler.

Au total, plus de quatre personnes interrogées sur dix ont donc grandi dans un environnement où la sexualité pouvait difficilement être abordée librement.

Cette situation donne une dimension particulière au développement de l’EVARS, généralisée dans les établissements scolaires depuis janvier 2025 selon le document.

Au-delà des connaissances strictement biologiques, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle doit permettre de mieux comprendre les relations entre individus, le respect de l’autre ou encore la notion de consentement.

Une prévention des IST encore très différente entre hommes et femmes

La prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles constitue un autre volet important de la feuille de route 2026-2030.

Les résultats du SexReport font apparaître d’importantes différences entre les pratiques déclarées par les hommes et celles des femmes.

Ainsi, 44,8 % des hommes interrogés déclarent utiliser un moyen de contraception dans l’objectif de se protéger contre les IST, contre seulement 17,9 % des femmes.

L’écart apparaît également lorsqu’il est question du préservatif. Celui-ci est utilisé par 40,1 % des hommes interrogés, contre 15,9 % des femmes.

Ces résultats doivent toutefois être rapprochés des autres modes de contraception employés.

Les femmes déclarent davantage utiliser des méthodes hormonales ou intra-utérines. La pilule est ainsi utilisée par 24 % des femmes, contre 14,8 % des hommes interrogés dans l’étude, tandis que le recours au stérilet hormonal ou au cuivre représente respectivement 17,7 % et 8,7 %.

Au total, 41,7 % des femmes utilisent, selon l’étude, une méthode hormonale ou intra-utérine contre 23,5 % des hommes.

Ces méthodes ont pour objectif principal la contraception et ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles. Leur utilisation peut donc contribuer à expliquer un recours moins fréquent au préservatif.

L’étude souligne par ailleurs que, même chez les hommes, la prévention des IST n’est pas la première motivation citée pour utiliser une contraception.

Éviter une grossesse non désirée arrive largement en tête, avec 65,3 % des réponses, tandis que la protection contre les infections sexuellement transmissibles est mentionnée par 44,8 % des hommes.

Les 18-29 ans davantage tournés vers le préservatif

Alors que la feuille de route accorde une attention particulière aux jeunes, les résultats du SexReport montrent que les 18-29 ans se distinguent par un recours plus important au préservatif.

Dans cette tranche d’âge, 39,4 % des personnes interrogées déclarent l’utiliser comme moyen de contraception.

Il devance ainsi la pilule, citée par 29,1 % des 18-29 ans.

Le recours au préservatif apparaît également nettement supérieur à la moyenne constatée dans l’ensemble de la population interrogée, tous âges confondus, qui s’établit à 27,7 %.

Ces chiffres montrent que la prévention est déjà davantage intégrée dans les pratiques des jeunes adultes, même si le développement de l’information et de l’éducation reste considéré comme l’un des leviers prioritaires des prochaines années.

Le consentement n’est pas encore systématiquement verbalisé

Autre thème majeur de la feuille de route : le consentement et la prévention des violences sexuelles.

Les résultats de l’enquête montrent que le consentement n’est encore que rarement discuté explicitement avant chaque rapport sexuel.

Seulement 21 % des personnes vivant en couple déclarent discuter activement du consentement avant chaque rapport.

À l’inverse, 33,9 % considèrent que celui-ci « va de soi » et n’abordent donc pas nécessairement la question verbalement.

Plus significatif encore, 12,1 % des personnes interrogées estiment toujours que la simple participation d’un partenaire à un rapport signifie automatiquement qu’il ou elle a donné son accord.

Ces résultats illustrent l’importance de la place accordée au consentement dans la politique de santé sexuelle pour les prochaines années.

La question ne concerne donc pas uniquement la prévention des agressions ou des violences sexuelles. Elle touche également à la manière dont les relations intimes sont construites, discutées et comprises entre partenaires.

Une politique de santé sexuelle qui dépasse la seule contraception

Les différentes données présentées par le SexReport témoignent de l’évolution progressive de la notion de santé sexuelle.

Longtemps principalement associée à la contraception et à la prévention des grossesses non désirées, elle intègre désormais de manière beaucoup plus large la prévention des infections, l’éducation affective et relationnelle, le consentement et la lutte contre les violences sexuelles.

La feuille de route 2026-2030 entend inscrire ces différents sujets dans une même politique de prévention.

Les résultats de l’enquête montrent toutefois que les comportements restent hétérogènes selon l’âge, le sexe et le contexte personnel.

Ils soulignent également la persistance de certains tabous. La difficulté à parler de sexualité pendant l’enfance ou l’adolescence concerne encore une part importante des personnes interrogées, tandis que le consentement reste parfois considéré comme implicite.

L’enjeu des prochaines années sera donc autant de faciliter l’accès à la prévention et à l’information que de faire évoluer les représentations et les pratiques autour de la santé sexuelle.

Méthodologie : les résultats du SexReport 2026 d’Adam & Eve sont issus d’une étude quantitative réalisée par Trends Research du 18 au 26 septembre 2025 auprès d’un échantillon national représentatif de 1 056 répondants âgés de 18 à 65 ans. Un socle de questions est conservé d’une année sur l’autre afin de suivre les tendances, tandis que de nouvelles questions sont ajoutées pour aborder des sujets émergents.

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