Santé des femmes : quand la honte pousse encore vers Google ou TikTok
En 2025, malgré les progrès de la médecine et la multiplication des campagnes d’information, des millions de femmes continuent de chercher des réponses sur Internet avant même de consulter un professionnel de santé. Une recherche rapide sur Google « Est-ce que cette douleur est normale ? », « Pourquoi mes règles me font-elles autant souffrir ? » révèle à quel point la honte, le doute et la méfiance envers le corps médical persistent. Selon une étude d’Intimina, cette tendance n’est pas anodine : elle traduit un malaise profond dans la relation entre les femmes et le système de santé, pourtant Google, TikTok … ne sont pas des médecins.
La honte et la méfiance : racines d’un réflexe numérique
De nombreuses femmes avouent ne pas oser parler ouvertement de leurs douleurs menstruelles, de leur sexualité ou de leur fertilité. Cette pudeur, souvent alimentée par des expériences médicales décevantes, conduit à une forme d’autocensure. Certaines se sont déjà entendu dire que leur douleur était « psychologique », due « au stress » ou « au poids ».
Résultat : elles perdent confiance. Leur mal est minimisé, parfois ignoré. Dans ce vide d’écoute, Internet devient une alternative rassurante, un espace d’anonymat où il semble permis de poser toutes les questions.
Mais cette stratégie d’évitement a un revers : Google n’est pas un médecin. En se fiant à des sources non vérifiées, certaines femmes se rassurent alors qu’elles devraient s’inquiéter, ou, inversement, s’angoissent inutilement.
Dr Google, TikTok ou Instagram : entre espoir et désillusion
Le numérique joue un rôle ambivalent. Les réseaux sociaux, notamment TikTok et Instagram, ont indéniablement contribué à briser les tabous. De jeunes créatrices y parlent sans détour de menstruations, de santé sexuelle ou de contraception. Dans une enquête menée par Censuswide pour Intimina auprès de 1 000 adolescentes britanniques âgées de 12 à 17 ans, près de 15 % d’entre elles affirment trouver leurs premières réponses en ligne plutôt qu’auprès de leurs parents ou de médecins.
Ces plateformes participent à une forme d’éducation alternative, parfois plus directe, plus sincère et surtout plus accessible.
Cependant, ce foisonnement d’informations s’accompagne d’une dérive : des influenceurs sans expertise diffusent des conseils médicaux hasardeux ou vantent des produits miracles. Les images de corps idéalisés et les discours culpabilisants entretiennent des complexes plutôt que d’apporter un véritable soutien. La frontière entre accompagnement et manipulation devient ténue.
Les réseaux sociaux : entre pression et libération
Les réseaux sociaux façonnent aussi la perception du rôle des femmes dans la société. Dans une autre étude menée par Talker Research pour Intimina auprès de 2 000 mères, 77 % reconnaissent que les réseaux leur mettent une pression constante sur la manière d’éduquer leurs enfants. Et 79 % estiment que les attentes sociales à leur égard sont irréalistes.
Ces chiffres soulignent combien la comparaison permanente sur les réseaux peut devenir anxiogène, renforçant le sentiment d’insuffisance et de honte.
Pourtant, l’univers digital n’est pas qu’une menace. Il devient aussi un espace d’émancipation. Sur TikTok, des communautés comme VaginaTok osent aborder ouvertement la santé intime, le plaisir féminin et le fonctionnement du corps. Ce sont des conversations que la société a longtemps tues. Ces initiatives participent à combler un vide éducatif et à replacer le corps des femmes au centre du dialogue public.
Quand la culture populaire change les comportements
La santé des femmes n’est plus un sujet marginal. Les médias et la pop culture peuvent jouer un rôle d’accélérateur.
Une étude publiée en juillet 2024 dans le JAMA Network a révélé un phénomène surprenant : après la sortie du film Barbie, les recherches Google contenant le mot « gynécologue » ont bondi de 51 % aux États-Unis, tandis que celles sur « Ai-je besoin d’un gynécologue ? » ont augmenté de 154 %.
Des figures publiques ont également contribué à lever les tabous : la coloscopie en direct de la journaliste Katie Couric a entraîné une hausse de 21 % des dépistages, et le témoignage d’Angelina Jolie sur son cancer du sein a provoqué une augmentation de 64 % des tests génétiques BRCA. Ces exemples démontrent qu’une parole médiatique incarnée peut avoir un impact massif sur la prévention.
Apprendre à bien chercher pour mieux se soigner
Internet reste un outil précieux, à condition de l’utiliser avec discernement. Intimina propose cinq recommandations simples pour une navigation plus sûre :
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Vérifier la source. Les sites officiels se terminent en .gov, .edu ou .org.
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Privilégier les contenus validés par des experts. Les informations doivent être rédigées ou revues par des professionnels de santé.
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Contrôler la date de publication. En médecine, deux ans peuvent suffire à rendre un article obsolète.
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Utiliser les réseaux sociaux comme soutien, pas comme diagnostic. Les témoignages d’amies ne remplacent pas un avis médical.
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Montrer ses trouvailles à un médecin. Les recherches en ligne peuvent servir de base à une discussion éclairée lors d’une consultation.
Ces gestes simples permettent de concilier l’accessibilité du web et la fiabilité du corps médical, sans tomber dans la dépendance numérique.
Vers une santé féminine sans tabous ni honte
Le constat est clair : si tant de femmes préfèrent encore Google à leur médecin, c’est qu’elles ne se sentent pas entendues. Ce n’est pas la technologie qui est en cause, mais le lien de confiance à rétablir. Les femmes ont besoin de consultations bienveillantes, de diagnostics rigoureux et d’un langage non culpabilisant.
Tant que ce climat de confiance ne sera pas pleinement instauré, Internet demeurera une échappatoire commode, mais imparfaite.
Réconcilier science, confiance et écoute
La santé des femmes entre dans une nouvelle ère où les frontières entre information, éducation et accompagnement se redessinent. Internet a ouvert des portes, mais il ne remplacera jamais l’expérience humaine d’un soignant qui écoute et comprend.
Pour construire cette confiance, il faudra repenser la formation médicale, encourager la parole des patientes et intégrer le numérique comme un allié plutôt qu’un concurrent du soin.
L’enjeu dépasse la simple information : il s’agit de redonner aux femmes la légitimité de connaître, de questionner et de défendre leur propre santé, sans honte, sans peur, et surtout, sans se sentir obligées de passer par Google pour exister.
À propos d’Intimina :
Créée en 2009, la marque suédoise Intimina propose des solutions innovantes pour le bien-être intime des femmes, allant de l’hygiène menstruelle au renforcement du plancher pelvien. Conçus avec des gynécologues et testés selon des normes médicales strictes, ses produits visent à accompagner les femmes à chaque étape de leur vie, en alliant confort, sécurité et écologie.
