Peu de mots pour dire

Il avait tout juste 63 ans. Il avait été à deux fois opéré du cœur.

Il pouvait penser être de ce côté sécurisé tant il était surveillé.

Et bien non, la science n’a pu l’empêcher d’être terrasser sur un trottoir de sa ville où il voulait tranquille terminer ses jours.

En cela lui a réussi.

Les pompiers ce jour là n’ont pas été sauveteurs.

Il s’en est allé.

Comme hier, il est parti sans dire un mot.

Pourtant, de toute une vie de carrière, il a été important.

Il a réussi dans le commercial.

Chienne de vie qui veut toujours se terminer dans le même terminal.

C’est fini.

Adieu, l’ami.

En fait, sa pub annonçait bien ce qu’il va devenir.

Un puissant international de la livraison à emporter de plats préparés par les chefs vient d’être valorisé à 7 milliards 600 millions.

Que vont peser les petits restaurateur quand cette entreprise va se jeter sur eux serres déployées ? Serait-ce la fin du vrai petit commerce.

Nous n’aurions donc plus que des sous-salariés qui se croient en toute franchise indépendant d’être leur propre patron ? Comme les livreurs de leurs produits en somme… Un petit coiffeur tel qu’est établi le confinement actuel échappe à la fermeture administrative de son commerce.

Il peut donc continuer d’exercer au plus grand plaisir de ses clients et clientes qui le considèrent vraiment comme essentiel.

Sauf, qu’il se trouve isolé, certes, mais, tout de même, dans un grand espace commercial.

Suffisamment grand en surface développée pour décider sa fermeture alors que d’autres de la même espèce, dans la même ville, peuvent continuer de commercer.

Déjà qu’il rouspétait contre les frontières redevenues régionales, voilà maintenant que pour faire commerce il faut son bout de trottoir.

Mais, il a désormais un passe-temps.

Celui de répondre aimablement à sa clientèle qui risquerait bien de ne plus être la sienne.

Mais, il a le temps avec l’indemnité nationale reçue de bien accueillir chaleureusement le chaland.

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