Pars sans moi

L’on a beau dire.

L’on a beau vieillir.

La leçon de la vie nous inflige sa vérité.

Le père s’en va ce soir et pour cette dernière fois, aucun espoir de le retenir.

Il s’était rapproché de lui pour le soutenir.

L’aider à finir sa vie comme il l’avait aidé à installer la sienne.

Mais voilà il est parti.

Il lui a lâché la main.

Il avait l’air de dire « tu es maintenant grand, mon petit.

Vas-y mords la vie ».

Il s’est éteint dans ce monde en recherche d’énergie.

Il lui laisse la bougie pour se guider.

Si l’on est sûr de son destin, l’on ne sait pas quel pas va nous faire faire le grand saut.

Ce n’est pas une vie que de voir son Toi partir sans vie.

Qui le protégera désormais.

Qui sera sa boussole.

Mais il avait murmuré que désormais la liberté d’une vie s’imposait.

La condition en était qu’une autre parte.

Et c’est bien ainsi.

Quel sera le départ servant d’hommage des vivants au déjà plus là.

L’essentiel est certainement le respect de celui qui s’en va.

Faire en sorte de ne pas l’enfermer dans les mensonges des autres.

Mais lui donner le droit du repos dans sa vérité.

Peu importe le mode d’accompagnement qui n’est là que pour faire accepter le départ.

Si celui-ci était prévu, sa date n’en était pas certaine.

Il aurait pu maintenir son souffle.

Mais, en avait-il eu seulement le courage après une alerte sans doute de trop pour son grand âge.

Hier, le visage du père s’éclairait.

Comme un phare pour le fils ainsi guidé.

Aujourd’hui, il va falloir aller avec sa propre boussole confectionnée au fil du temps de la vie qu’il avait bien voulu me donner.

Père, je constate que tu étais essentiel.

Vers qui maintenant me retourner pour le retrouver ? Je sais que tu l’aurais voulu.

Alors pour toi je vais continuer.

Mais une chose est sure sans jamais t’oublier.

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