
La confiance ne se distribue pas uniformément selon les professions. En France, elle demeure fortement attachée à l’expertise scientifique, au soin, à l’enseignement et, dans une moindre mesure, aux institutions régaliennes. À l’opposé, les nouvelles formes d’influence numérique et les agents d’intelligence artificielle peinent à convaincre.
L’édition 2026 du Global Trustworthiness Index place ainsi les médecins très largement en tête. Ils recueillent la confiance de 70 % des Français interrogés, contre une moyenne mondiale de 58 %. La France atteint ainsi le deuxième rang mondial pour la confiance accordée au corps médical. À titre de comparaison, le niveau atteint 64 % au Royaume-Uni, 61 % en Suède, 59 % en Allemagne et 57 % aux États-Unis.
La science conserve un important capital de confiance
Les scientifiques occupent également une position privilégiée. Ils bénéficient de la confiance de 63 % des Français, soit six points de plus que la moyenne internationale, établie à 57 %.
La France se situe devant la Suède, où 61 % des personnes interrogées déclarent faire confiance aux scientifiques, ainsi que devant le Royaume-Uni à 60 %, l’Allemagne à 55 % et les États-Unis à 53 %.
Ces résultats font apparaître un socle de confiance particulièrement solide envers les professions dont la légitimité repose sur la compétence scientifique, technique ou médicale.
Les enseignants complètent ce groupe de professions bénéficiant d’une confiance majoritaire. En France, 54 % des personnes interrogées déclarent leur faire confiance. Ce résultat est proche de la moyenne mondiale de 53 %. Le Royaume-Uni et les États-Unis atteignent chacun 59 %, tandis que la Suède se situe, comme la France, à 54 %. L’Allemagne se distingue par un résultat sensiblement inférieur, à 39 %.
L’armée et la police conservent une place importante
Les institutions régaliennes bénéficient également d’un niveau de confiance significatif en France.
Les forces armées recueillent 53 % de confiance, contre 40 % en moyenne mondiale. Parmi les pays occidentaux cités dans l’étude, la France devance la Suède à 52 %, le Royaume-Uni et les États-Unis à 51 %, ainsi que l’Allemagne à 34 %.
La situation est plus nuancée concernant la police. En France, 46 % des personnes interrogées déclarent lui faire confiance, soit dix points de plus que la moyenne mondiale de 36 %. La Suède atteint toutefois 59 % et l’Allemagne 55 %. Le Royaume-Uni se situe à 40 % et les États-Unis à 36 %.
Les résultats montrent donc que le niveau de confiance français envers les institutions régaliennes demeure supérieur à la moyenne internationale, même si les écarts entre pays restent importants.
Les instituts de sondage bénéficient d’une particularité française
L’un des résultats les plus caractéristiques de l’étude concerne les instituts de sondage. Ils recueillent la confiance de 41 % des Français, contre seulement 25 % en moyenne mondiale.
L’écart avec plusieurs grands pays occidentaux est important. La confiance envers les sondeurs atteint 29 % en Suède, 26 % en Allemagne, 25 % aux États-Unis et seulement 18 % au Royaume-Uni.
La justice présente une situation différente. Les juges recueillent 39 % de confiance en France, contre 36 % en moyenne mondiale. L’Allemagne atteint 50 % et la Suède 49 %, tandis que le Royaume-Uni se situe à 37 % et les États-Unis à 33 %.
Pour les avocats, la France affiche un taux de confiance de 33 %, légèrement supérieur à la moyenne mondiale de 31 %. La Suède atteint 42 %, l’Allemagne 38 %, le Royaume-Uni 32 % et les États-Unis 23 %.
Fonctionnaires et chefs d’entreprise mieux considérés en France
Autre enseignement du Global Trustworthiness Index 2026, les fonctionnaires bénéficient en France d’un niveau de confiance supérieur à celui observé dans plusieurs pays comparables.
Un Français sur trois, soit 33 %, déclare leur faire confiance, contre une moyenne mondiale de 25 %. La Suède atteint 29 %, tandis que le Royaume-Uni et l’Allemagne se situent à 22 % et les États-Unis à 21 %.
Le constat est également notable pour les dirigeants d’entreprise. Ils recueillent 28 % de confiance en France, contre 24 % à l’échelle mondiale. Le taux tombe à 19 % aux États-Unis, 14 % en Suède et au Royaume-Uni et 8 % en Allemagne.
Ces données montrent que la défiance française ne concerne donc pas uniformément les acteurs institutionnels ou économiques.
Le citoyen ordinaire bénéficie pour sa part de la confiance de 36 % des Français, contre 34 % en moyenne mondiale. Les États-Unis atteignent 37 %, devant la France, le Royaume-Uni à 32 %, l’Allemagne à 29 % et la Suède à 28 %.
Les journalistes restent sous la moyenne mondiale
La confiance envers les journalistes apparaît plus limitée. Elle s’établit à 23 % en France, contre une moyenne internationale de 26 %.
Les États-Unis enregistrent un taux de 29 % et la Suède de 28 %. L’Allemagne affiche, comme la France, 23 %, tandis que le Royaume-Uni descend à 15 %.
Le résultat français place ainsi les journalistes nettement derrière les professions médicales, scientifiques, éducatives ou régaliennes dans la hiérarchie de la confiance.
Seulement 15 % des Français font confiance aux agents d’intelligence artificielle
L’édition 2026 introduit une nouvelle catégorie particulièrement révélatrice des transformations technologiques en cours : les agents d’intelligence artificielle, ou « AI chatbots ».
À l’échelle des 31 pays étudiés, seulement 23 % des personnes interrogées déclarent leur faire confiance, tandis que 40 % expriment de la défiance.
En France, le niveau de confiance tombe à 15 %. La prudence observée dans l’Hexagone est toutefois également présente dans plusieurs autres pays occidentaux : 13 % en Allemagne et 15 % au Royaume-Uni, tandis que les États-Unis et la Suède se situent à 14 %.
Ces résultats montrent qu’en dépit de la diffusion rapide des outils d’intelligence artificielle conversationnelle, leur adoption ne signifie pas automatiquement que leurs utilisateurs leur accordent une forte crédibilité.
Le contraste avec les scientifiques est particulièrement marqué en France : 63 % de confiance pour les scientifiques contre seulement 15 % pour les agents d’intelligence artificielle.
Personnel politique et influenceurs ferment la marche
Le personnel politique figure également parmi les catégories suscitant le moins de confiance. À l’échelle mondiale, son taux de confiance atteint 13 %. En France, il descend à 8 %, comme en Allemagne. Il s’établit à 11 % au Royaume-Uni et aux États-Unis et à 12 % en Suède.
Les influenceurs obtiennent un résultat encore inférieur en France. Seulement 6 % des Français interrogés déclarent leur faire confiance, contre 14 % en moyenne mondiale.
Parmi les pays comparés, seule l’Allemagne affiche un niveau inférieur avec 5 %. Le taux atteint 9 % en Suède, 11 % au Royaume-Uni et 12 % aux États-Unis.
L’étude met ainsi en évidence un décalage entre visibilité et confiance. La capacité des influenceurs à toucher des audiences importantes ne se traduit pas nécessairement par une crédibilité équivalente auprès du public.
Une confiance française fortement liée à l’expertise
Au total, le Global Trustworthiness Index 2026 fait apparaître une hiérarchie française assez nette. Les médecins arrivent largement en tête avec 70 % de confiance, suivis des scientifiques à 63 %, des enseignants à 54 % et des forces armées à 53 %. La police recueille pour sa part 46 % de confiance.
À l’autre extrémité figurent les agents d’intelligence artificielle à 15 %, le personnel politique à 8 % et les influenceurs à seulement 6 %.
Entre ces deux groupes se trouvent notamment les instituts de sondage à 41 %, les juges à 39 %, le citoyen ordinaire à 36 %, les fonctionnaires et les avocats à 33 %, les dirigeants d’entreprise à 28 % et les journalistes à 23 %.
Cette photographie de la confiance souligne surtout la place accordée en France aux professions associées à une expertise identifiable, notamment médicale et scientifique. À l’inverse, les nouvelles formes d’intermédiation numérique doivent encore construire leur crédibilité auprès d’une large partie de la population.
Méthodologie : enquête réalisée par Ipsos via sa plateforme en ligne Global Advisor entre le 19 juin et le 3 juillet 2026 auprès de 23 537 adultes dans 31 pays. En France, l’échantillon comprend environ 1 000 personnes représentatives de la population âgée de 16 à 74 ans.