
Le classement fait apparaître une domination toujours très nette du Maine Coon. Avec 24 196 pedigrees délivrés en 2025, la race conserve largement la première place qu’elle occupe depuis une dizaine d’années. Elle devance très nettement le Ragdoll, qui totalise 4 947 pedigrees.
Le Sacré de Birmanie occupe la troisième position avec 4 455 pedigrees, devant le British Shorthair, avec 4 151 pedigrees, puis le Bengal, qui complète le Top 5 avec 3 646 pedigrees.
Ces chiffres ne mesurent pas l’ensemble de la population féline française mais permettent de suivre précisément l’évolution des chats de race enregistrés auprès du LOOF.
Le Ragdoll gagne du terrain
Au-delà du classement 2025, les données mettent surtout en évidence une évolution sensible des préférences sur une période de dix ans.
Le Ragdoll constitue l’exemple le plus spectaculaire. Septième du classement en 2015, il occupe désormais la deuxième place. Le British Shorthair progresse lui aussi, passant de la sixième position en 2015 à la quatrième en 2025.
D’autres races connaissent une évolution inverse. Le Persan, qui occupait la troisième place en 2015, a progressivement reculé. Même tendance pour le Chartreux, cinquième il y a dix ans, désormais sorti du groupe de tête présenté par le LOOF.
Selon Cyril Brunschwig, directeur général du LOOF, les préférences des Français évoluent avec le temps et avec la diversité des races reconnues. Il souligne notamment une attirance globale pour les chats au tempérament paisible, même si le Bengal fait figure d’exception avec un caractère présenté comme plus énergique et une apparence évoquant une petite panthère.
78 races et variétés reconnues
Le succès de quelques races très visibles ne doit cependant pas masquer la diversité du paysage félin. Le LOOF indique reconnaître actuellement 78 races et variétés en France.
Certaines présentent des caractéristiques physiques particulièrement marquées. C’est notamment le cas des chats à queue courte, parmi lesquels figurent le Kurilian Bobtail, le Japanese Bobtail ou le Manx.
D’autres races se distinguent par leur pelage frisé. Le Devon Rex, le Cornish Rex et le Selkirk Rex appartiennent à cette catégorie. Ce dernier est parfois surnommé le « chat-mouton » en raison de son poil caractéristique.
Le LOOF recense également plusieurs races de chats nus ou présentant un duvet très léger. Le Sphynx est probablement le plus connu, mais il côtoie notamment le Donskoy et le Peterbald.
Cette variété illustre l’écart considérable qui existe entre les races les plus représentées et celles qui demeurent particulièrement rares.
Du Maine Coon au très rare Havana Brown
L’un des chiffres les plus révélateurs concerne les naissances enregistrées en 2025.
Une seule naissance de Havana Brown a été enregistrée en France sur l’ensemble de l’année. À l’autre extrémité, plus de 17 600 chatons Maine Coon sont nés sur la même période.
L’écart illustre la concentration du marché des chats de race autour de quelques références particulièrement populaires, parallèlement au maintien de races extrêmement confidentielles.
Le LOOF joue dans ce domaine un rôle institutionnel particulier. Association régie par la loi de 1901 et agréée par le ministère de l’Agriculture pour la gestion de l’espèce féline, il est présenté dans le document comme l’organisme reconnu par l’État pour certifier qu’un chat est de race et délivrer son pedigree.
Ses missions portent également sur le bien-être des chats de race, leur diversité génétique et leur préservation en France, avec une volonté affichée de promouvoir un élevage et une acquisition responsables.
Le classement 2025 confirme ainsi une tendance installée depuis plusieurs années : le Maine Coon reste très largement en tête, mais les goûts évoluent. La progression du Ragdoll et du British Shorthair montre que la hiérarchie n’est pas figée, tandis que la présence de dizaines de races beaucoup plus rares entretient une diversité féline qui dépasse largement les quelques noms présents au sommet du classement.