La procrastination de John Perry Chez autrement

Autrement nous propose, de John Perry, la procrastination.

John Perry est l’auteur de nombreux ouvrages universitaires qui font référence dans le domaine de la philosophie du langage et de la philosophie de l’esprit. Il enseigne désormais à l’université de Californie Riverside. Il a également animé pendant dix ans un programme de radio à succès, Philosophy Talk. C’est pour son ouvrage sur la « procrastination structurée » qu’il a reçu en 2011 le prix Ig Nobel, un Nobel humoristique récompensant des découvertes insolites, qui font « rire, puis réfléchir ».

Sous ce mot bizarre, « procrastination » se cache simplement le fait tout remettre au lendemain, il y a les pro de la procrastination et les autres, mais tout le monde procrastine par moments : « ne jamais remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire le surlendemain » (Mark Twain).

John Perry ne condamne pas la procrastination, au contraire, il la justifie et lui trouve de nombreuses qualités. Il est le père de la « procrastination structurée » – ou l’art de faire des incorrigibles adeptes du différer, repousser, décaler ou ajourner que nous sommes, des agents redoutablement efficaces.

Au fil des pages, John Perry démontre parfois ses dires au travers d’exemples : « certaines taches disparaissent pour la simple raison que les événements les rendent caduques ». Donc celui qui n’aurait pas procrastiné dans ce cas, aurait fait quelque chose pour rien.

La première édition de cet ouvrage remonte à 2012, mais cette édition comporte un chapitre inédit sur la procrastination et le confinement.

Les confinements nous ont donnés du temps libre, « l’attitude raisonnable consisterait à en profiter pour accomplir certaines besognes que, jusqu’à présent, vous remettiez à plus tard » … « j’ai eu le plus grand mal à adopter cette attitude raisonnable ».

Un ouvrage qui concerne tout le monde, du bon sens, des réalités, on se reconnaîtra tous, par moments, dans les développements de John Perry. Après cette lecture chacun pourra procrastiner à son rythme et sans culpabiliser.

Exit mobile version